MARTYRS CHRÉTIENS EN GRÈCE
comme avaient fait leurs pères, le plus précieux de leurs monuments sacrés nationaux. Mais une guerre inspirée par le fanatisme religieux ne semble pas, à vrai dire, avoir éclaté en Grèce, et s'il y a eu une accentuation de l'antagonisme religieux allant jusqu'à Teffusion du sang, cela ne semble pas avoir été très sérieux, même lorsque Galère, si rude, si fanatique et si passionné en dépit de ses sérieuses qualités, eut pris seul en main les rênes du gouvernement de la Grèce.
Après que Dioctétien et Maximien eurent abdiqué le 1°»' mai 30o, que Constance Chlore pour l'Occident et Galère pour rOrient eurent revêtu la pourpre^, que l'Illyrien Flavius Valerius Severus fut devenu César pour l'Italie et l'Afrique, tandis que le neveu de Galère, Maximin Daïa ou Daza, le devenait pour l'Orient, tout le monde sait que l'empereur Galère, qui prit à partir de ce moment l'Illyricum sous sa direction immédiate ^ joua pendant plusieurs années un rôle prépondérant en Orient. Comme son César Maximin, homme capable du reste, mettait avec un zèle extrême au service de l'ancienne religion son fanatisme à la fois rusé et brutal, les chrétiens de tous les pays de langue grecque de l'empire situés à l'est de la mer Adriatique eurent à souffrir pendant plusieurs années de l'esprit sanguinaire de l'administration officielle, du farouche arbitraire des fonctionnaires et des horreurs commises par son complice, le peuple de toutes les classes. Pourtant, pendant que (pour ne pas parler des pays (( hellénistiques ») Alexandrie, Antioche, Smyrne étaient témoins de nombreux martyres, pendant qu'en Crète, àCorcyre et à Thessalonique coulait le sang de nombreux chrétiens, pendant que dans cette dernière ville s'accomplissait notamment le martyre mémorable de S. Demetrios, un eminent fonctionnaire romain de rang consulaire, de famille sénatoriale,
jeux nationaux, fêtes orgiaques, mythes des Hellènes ; ainsi, dans le tome II, p. 41 sqq., lib. VI, 7, les commentaires (s'appuyant sur des développements d'OEnomaos) sur l'inanité des oracles grecs et des prédictions.
^) Inscription latine à Gorcyre en l'honneur des empeieurs Constance et Galère; voy. Mommsen, Corp. Inscr. Latin., III, 1 (1873), p. 112, n** 578 (année 305-6 ap. J.-C).
«) EuTROP., X,2. ZoNAH., XII, 32. (P.) p. 643 a. Anonym. Vales., 3. (ap. Ammian. Marcellin., éd. Wagner, vol. I, p. 610, 5).