‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 95 sur 227 · RÔLE DE LA NOUVELLE CAPITALE · texte numérisé non relu

RÔLE DE LA NOUVELLE CAPITALE

impérial, entre de luxuriants jardins plantés sur de splendides terrasses de marbre, on descendait jusqu'au port du palais, sur le Bosphore, entouré de digues (à l'extrémité du promontoire du Bosphore) ; ce port était réservé exclusivement au service de la cour et du château K

L'importance en général de la nouvelle capitale du monde, pour l'empire et tout le monde grec, ne se fit naturellement sentir que peu à peu. Pendant que les successeurs de Constantin, comme nous allons le voir, ne cessaient d'augmenter la splendeur de la ville par de nouveaux monuments ; pendant que les environs, du côté du continent et jusqu'au delà de la Corne d'or, se couvraient de faubourgs et de maisons de campagne, ce ne fut pourtant qu'au moment du partage de l'empire, après la mort du premier Théodose, que les empereurs se décidèrent à faire de Constantinople leur résidence permanente. Et ce ne fut qu'à l'époque de la nouvelle détresse gothique, plus encore à partir d'Attila et du roi des Ostrogoths Théodoric, que l'Orient comprit que sa force défensive avait été prodigieusement accrue par la nouvelle et colossale forteresse. Quant aux Grecs d'Europe, ils ne sentirent qu'à l'époque d'Arcadius que le monde baigné par la mer Egée avait une nouvelle capitale et que le centre de gravité de l'hellénisme européen s'était déplacé; que, comme le Midi grec et hellénistique avait trouvé depuis des siècles son centre à Alexandrie, celui de l'Orient, dans des temps plus récents^ à Antioche, le temps était arrivé pour l'Europe oii (et cela est vrai jusqu'aujourd'hui) l'hellénisme mourant devait réléguer désormais Athènes et Sparte dans le domaine des ombres du passé, et où le Bosphore devait voir naître la forme nouvelle de la Grèce byzantine. Constantinople n'avait pourtant pas été créée pour être une ville spécifiquement grecque. Malgré sa sympathie pour les Hellènes, Constantin était absolument Romain, ou du moins Romain avec une nuance illyrienne*. Grâce à la nouvelle organisation de l'empire et à

') Schmidt, p. 9. Frick, p. 2621.

*) Cf. entre autres Euseb., Vit. Constantin.^ III, 13. Mommsen, Das Edikt Diodetians vom Jahre 301, p. 55. Bernhardy, Gesch. d. Griech, Litteratur, h p. 640.

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