IIELLÉNISATION PROGRESSIVE DE CONSTANTINOPLE
l'importance croissante du droit romain et de la langue latine \ l'esprit romain remporta encore une fois la victoire sur l'hellénisme, au iv® siècle, jusqu^eç Syrie. Ainsi des hommes issus de familles parlant grec, comme l'historien du iv*' siècle, Ammien Marcellin d'Antioche, et plus tard Claudien d'Alexandrie, le poétique admirateur de Stilicon, ce grand Vandale romanisé , furent des écrivains latins : ce qui forme un contraste singulier avec le temps et l'esprit d'un Fabius Pictor et d'un Postumius Albinus. Mais, tandis que jusqu'à Justinien P"" le latin resta essentiellement la langue de la cour et des rapports officiels; tandis qu'il fallut attendre jusqu'à l'empereur Maurice et jusqu'à Héraclius pour que l'empire romain oriental fût devenu intimement un empire réellement grec (ou plutôt romaïque ou byzantin), la ville de Constantinople est devenue beaucoup plus tôt une ville essentiellement de langue grecque, sous l'influence de l'Eglise, dont la langue était alors principalement le grec, et de l'invasion paisible et constante d'hommes parlant grec.
Mais c'est à l'époque de Constantin et plus tard jusqu'à Arcadius que la Grèce européenne en particulier ressentit rinfluence de la nouvelle cité du Bosphore sur sa situation sociale, influence généralement peu favorable. En effet, elle n'eut à s'applaudir que d'une seule circonstance : l'énorme consommation que l'on y fit de marbres grecs, qui, sans aucun doute, ne profita pas seulement aux carrières de Proconnèse ^, et l'essor que Constantin, par le grand nombre de constructions qu'il provoqua à Byzance, donna (sans parler ici de la décadence du goût, très sensible à cette époque) aux métiers et aux arts architectoniques grecs, et dont ceux qui les exerçaient profitèrent pour leur situation personnelle ^
') CF. aussi Marquardt, I, p. 515 sqq. et Kuhn, Stddt. u. bùrgerl. Verf. d. Rom. Reiches, I, p. 103. Sievers, Bas Leben des Libcmios^ p. 17 sq. Bernhardy, op. cit., p. 6i8.
2) Le commerce de marbre proconnésien, notamment pour Ja construction des églises, devient ti es prospère; cf. Ullmann, Gregor von Nazianz, p. 20i.
^] Pour les immunités de ces artistes et ouvriers d'art, au point de vue des prestations communales, et les autres privilèges dont ils jouissent depuis 334 et 337 en vertu d'un édit de Constantin, voy. F'riedlânder, Darstellung. aus der Rômischen Sitengeschichte, III, 5, p. 194 sqq. et Burckhardt,