‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 97 sur 227 · COx\STANTINOPLE ET LES HELLÈNES · texte numérisé non relu

COx\STANTINOPLE ET LES HELLÈNES

Par contre, la dépense de tant de millions de pièces d'or sur un seul point du Bosphore et exclusivement au profit des nouveaux travaux doit avoir épuisé jusqu'à un certain point la Grèce \ Mais il y eut pour la Grèce trois autres causes réelles d'épuisement, qui se révélèrent très énergiquement dès que la nouvelle ville commença à vivre et continuèrent d'ag-ir dans la suite.

Constantinople devait devenir, à tous les points de vue, le parfait pendant de l'ancienne Rome. De même qu'elle s'était étendue progressivement sur sept collines, la ville fut divisée dès l'origine, comme Rome, en quatorze régions ou quartiers, en y comprenant les faubourgs occidentaux. Avec le mécanisme complet de toutes les fonctions municipales de Rome, on établit aussi à Constantinople un Sénat. Ce Sénat, qu'on ne manquait pas d'exhiber dans les théâtrales représentations impériales fut, par rapport aux curies des provinces orientales, ce qu'était celui de Rome, avec des traditions plus imposantes, par rapport à celles de l'Occident : c'était la plus brillante, la plus haute et la plus considérée des assemblées urbaines de l'Orient, avec des honneurs plus grands et des charges moins onéreuses que les malheureux décurions des villes de province. Une certaine mesure de juridiction municipale, le fardeau des hautes fonctions urbaines, la plaie qui en était inséparable des liturgies, des jeux publics, le privilège honorifique de recevoir le premier, comme le Sénat romain, en sa qualité de représentant du peuple entier, la com-

p. 474. Clinton, F. R., I, p. 395, d'après le Cod. Theod., XIII, 4, 2 et 4. Le monde grec prit naturellement une grande part à l'industrie de la mosaïque nécessaire à la décoration des églises chrétiennes (Burckhardt, p. 265 sqq.); sur l'existence d'une famille de mosaïstes à Périnthe, voy. les détails rassemblés par Friedlânder, III, p. 188. 189, et qui démontrent que fart et l'industrie d'art se transmettaient parfois dans les familles: ce qui répond à d'autres coutumes du temps, comme l'hérédité obligatoire de la profession militaire, du décurionat, etc., etc.

^) Cf. en général Axmonym. Vales., 6 (dans Wagner, op. cit., p. 615, 30). D'après Codinus, Antiquit. Const, éd. Bonn, p. 23 (P. p. 11 c), Constantin dépensa pour l'établissement et l'embellissement de sa capitale 600 quintaux ou 60,000 livres d'or, ce qui ferait d'après Gibbon, trad. Sporschil., p. 473, deux millions et demi de livres sterling ; d'après Burckhardt, p. 418 environ 60 millions de francs.

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municalion des lois nouvelles de Fempcreur * : telles étaient les prérogatives de ce Sénat. La situation d'honneur de Constantinople reçut son couronnement lorsque, en 3o9, la ville fut séparée du domaine de la province d'Asie et placée, avec une banlieue, sous un Prœfectus Urbi. Celte dignité fut revêtue d'abord par Honoratus^ qui, comme le préfet de Rome, fut affranchi de tous rapports avec les chefs de provinces, placé comme Vir Illustris immédiatement sous l'empereur, et gratifié des mômes droits et compétences que son collègue de Rome.

Mais il s'agissait maintenant de donner à la « nouvelle Rome )) une nombreuse population. Aussi Constantin employa-t-il tous les moyens et toutes les faveurs possibles pour attirer vers le Bosphore le flot de l'immigration. Non seulement la nouvelle ville, dotée de tous les droits et privilèges de l'an^ cienne capitale Rome, bénéficia avec le jus italicum de l'exonération des contributions d'Etat, mais encore les particuliers furent attirés par des avantages considérables. L'effet de ces mesures fut produit bientôt et sur une grande échelle. Sans doute, l'importance historique de Constantinople n'a pas amené (avant les derniers temps de l'agonie des Paléologues) la nouvelle capitale à représenter l'empire dans le sens où aujourd'hui Paris représente la France. Même la prodigieuse influence morale et matérielle que Paris exerce aujourd'hui sur la France, Berlin sur la Prusse, la nouvelle cité ne put l'exercer avant l'existence indépendante de l'empire romain d'Orient, jusqu'aux limites de la sphère d'action d'Antioche et d'Alexandrie. Mais, dès ce moment, l'attraction exercée par la nouvelle capitale fut très préjudiciable pour les pays voi-

*) PucHTA, hîstitutio7ien, I, p. 601 sqq. Walter, p. 545 sqq. Le Sentit de Constantin (Sozomex., II, 2. III, 3. Anonym. Vales., 6, dans Wagner, op. cit., p. 615, 30) reçut dans la suite de l'empereur Julien tous les privilèges et droits essentiels du Sénat romain. Zosim., III, 11, 5. Libanius, Orat. ad Theodos. (éd. Morell.) Vol. II, p. 393. Cf. Sievers, libanios, p. 58, note 8, et Kuhn, I, p. 179 sqq.

2) PucHTA, p. 601. Walter, p. 551, sqq. Schiller, p. 64. Cf. Hieronym., Chron. dans Schonk, Euseb. vol. II, p. 195. Gfironig. Paschale, p. 530, et Malalas, p. 323 (V. p. 6 et 0. p. 9), d'après l'autorité douteuse duquel Constantin aurait aboli les dernières traces de dépendance des Byzantins à l'égard de Périnthe. Cf. Zonar., XIII, 3, p. 8.

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