‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 99 sur 227 · APPROVISIONNEMENT DE LA CAPITALE · texte numérisé non relu

APPROVISIONNEMENT DE LA CAPITALE

prendre pour Constantinople les mesures économiques qui avaient été les plus funestes à ^a Rome impériale. Entre autres avantag-es offerts aux immigrants, Constantin ouvrit à la population pauvre la perspective des distributions de g-rains, de vin, de viande et d'huile, comme elles étaient usitées à Rome. Ces distributions fonctionnèrent d'une manière régulière à partir du 18 mai 332, et atteig-nirent peu à peu un tel développement que Ton compta plus tard quatre-vingt mille personnes qui recevaient tous les jours du pain aux frais de l'État \ C'est ainsi qu'à côté de la cour, des grands de l'empire, de nombreux citoyens aisés et d'une classe ouvrière gagnant de bons salaires, il se forma bientôt une population de parasites qui transplanta sur le Bosphore l'antique cri romain : Panem et Cir cernes, et fut toujours prête (comme elle l'était à Rome, comme elle le sera à l'époque byzantine et à l'époque ottomane) à traduire son mécontentement en sauvages émeutes ou en incendies formidables. Pour la Grèce, les conséquences furent d'une autre nature. La création de la grande ville et le rapide accroissement de sa population attira vers le Bos phore un commerce colossal de denrées de tout genre. Les parties avoisinantes de l'Asie, des îles et de la Thrace, firent naturellement avec leurs expéditions journalières des bénéfices énormes. Le commerce en gros des grains fut alimenté, outre l'Asie et la Syrie, par Alexandrie, qui était le grand marché des céréales de l'Egypte. Mais tout cela fut au grand détriment des Grecs proprement dits. De même que l'approvisionnement des masses toujours turbulentes de Rome avait été le principal souci des empereurs, de même ce fut pour les souverains de l'Orient une besogne essentielle et pas toujours facile que de nourrir le peuple de Constantinople. Or, comme les arrivages du Pont-Euxin avaient cessé depuis les horreurs de la guerre des Goths, et que plus tard même ils ne se dirigèrent plus que sur Constantinople ^ ; comme dans les pro-

*) ZosiM., II, 32,1. SocRAT., II, 13. SoîîoMEN., II, 3. 111,7. Malalas, p» 322 (0. p. 8 et 9. V. p. 5 d-é). Cf. Walter, p. 556 sqq. Finlay, p. 106 sq. et, pour le commencement des congiaria, voy. Manso, p. 372, d'après le Chronicon Paschale, p. 531 et 533, etCoDiN. (éd. Bonn.) De origin., p. 16.

*) Soqrat., IVj 16.

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