‹ Histoire de la Guadeloupe (volume 4)Chapitre 104 sur 123 · XIE · texte numérisé non relu

XIE

Dieu du jour’, sans le noble et courageux dévouement de Collot. L'assassinat ayant manqué, on le gardait en otage pour le re-

mettre aux commissaires de la Convention, c’est-à-dire au bour- :

reau. [ ne dut la liberté et la vie que par la prise de possession de l'ile par les Anglais.

Victor Hugues étant arrivé avec ses sans-culottes, M. éà Vermont n’hésita pas à reprendre son épée. Pour rejeter la démagogie dans les flots, il fallait combattre dans les rangs anglais, il combattit dans les rangs anglais. 11 prit une part active à tous les combats qui furent livrés aux républicains. A celui du camp de Berville, luttant corps à corps avec les assaillants, il recut dans le flane une blessure qui mit sa vie en danger. Cette circonstance ne fut peut-être pas sans influence sur les faits qui suivirent, car un homme de cette énergie, appelé dans le conseil de Graham, on peut supposer que ce général n’eût pas signé sa honteuse capitulation. M. de Vermont sortit du camp Saint-Jean protégé par la Chaloupe couverte. |

N'ayant. plus de patrie, ne pouvant, sous peine de mort, poser le pied sur un sol français, tous ses biens confisqués, il accepta l'offre que lui fit un Gouvernement sous lequel il n’était pas né : il prit du service, en qualité de major, dans un régiment anglais. IL commandait un bataillon, et contribua à faire prisonniers les sans-culottes que Victor Hugues avait envoyés pour révolutionner l’île de la Dominique. A Sainte-Lucie, il fut de tous les combats que les Anglais eurent à livrer pour reprendre celte colonie des mains des républicains.

Un jour, l’auteur de cette histoire, encore enfant, et comme s’il eût le pressentiment qu’un Fan viendrait où il aurait la pensée de l'écrire, écoutait avec avidité le récit que M. de Vermont lui faisait des troubles de la colonie et des combats auxquels il avait ‘assisté (1). Se battre contre son pays avait paru au jeune homme une énormité. La narration achevée, il se permit une observation. — « Mais vous com- « battiez contre des Français? — » Lorsque M. de Vermont

(1) M. de Vermont était le parrain de son jeune auditeur.

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