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était de bonne humeur et qu'il riait, on l'entendait au loin. L'observation du jeune homme fut accueillie par un rire tellement éclatant qu'il en demeura tout interdit. Après ce rire bruyant, le visage de M. de Vermont devint sérieux et grave. — « Comment, jeune homme, dit-il, avez-vous pu supposer « que les brigands contre lesquels je me battais fussent des « Français? A la vérité, ce n'étaient pas des Anglais non plus, « ni des Chinois, ni des Allemands, c’étaient des brigands! » — Puis, récapitulant avec le sérieux de l’indignation les crimes de ceux qu'il appelait Les jacobins, ilen fit le tableau le plus émouvant. Il termina en s'écriant : « Dites, jeune homme, « dites si les auteurs de ces abominables forfaits pouvaient « être des Français, des Français dont l'humanité, la noblesse « des sentiments, la valeur.et la générosité ont toujours été « l'apanage ! »
La haute taille de ce colon, son courage froid et indomptable, sa force corporelle, la trempe de son esprit et de son caractère l’auraient fait, en tous lieux, distinguer de la foule. A peine de retour de l’émigration, Gobert le plaçait à la tête de la garde nationale des communes de la Capesterre, des Trois- Rivières et du Vieux-Fort. Lacrosse allait plus loin : ille chargeait d'organiser un bataillon, avec la mission de confiance de * désigner lui-même les officiers.
Un autre colon, également émigré rentré, fut, presque dans le même temps, investi de la mème confiance. M. d’Estrelan fut aussi chargé d'organiser, à la Grande-Terre, un bataillon de Chasseurs des bois.
Le lendemain de l'arrêté du Capitaine-général, M. de Vermont se mit à l’œuvre. La facon dont il s’y prit pour nommer les officiers du bataillon fut on ne peut plus expéditive. Son choix fait, il écrivait au commissaire du Gouvernement de prévenir le citoyen désigné qu’il était requis pour tel grade. Voici un billet qui montre la forme de ces nominations :
« Basse-Terre, le 9 septembre 1802.
« En vertu des-ordres du Capitaine-général, j'invite le
1 M BND
« citoyen commissaire du Gouvernement de cette commune « de requérir les citoyens Huard Lanoiraix, Paul Arnoux et « Maurice Marchand, le premier pour la place de lieutenant de « la compagnie n° 4, le second pour celle de caporal-fourrier, « et le dernier pour celle de caporal, dans le corps des Chas- « seurs des bois.
Salut et amitié.