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L'Éveillé, nègre, He de brigade du deuxième régiment des troupes franches, et commandant en cette qualité la place du Cap, sous les ordres de Villatte, se hâte d’instruire de l’événement Pierre Michel, autre chef de brigade, noir, commandant le troisième régiment des troupes noires ou franches, et le poste important du Haut-du-Cap. En même temps, L'Éveillé prenait les mesures pour éclairer ses propres officiers et son régiment sur la vérité des faits, sur les intentions qu’il suppose à Villatte et à son parti, et sur-la nécessité de leur opposer une
vigoureuse résistance. |
Pierre Michel écrit à la municipalité et demande : à connaitre les motifs de l’arrestation inattendue du gouverneur et de l’ordonnateur, et le demande d’une manière pressante. Sans perdre une minute, il instruisait tous les commandants des postes extérieurs de ce qui se passait au Cap, et transmettait le même avis au général Toussaint-Louverture, à son quartier général.
Villatte fait arrêter L'Éveillé. Le régiment de celui-ci s’insurge, s’ empare de l'arsenal et des poudrières. On est obligé de remettre L’Éveillé en liberté.
Cependant Pierre Michel avait rassemblé autour de lui plusieurs chefs noirs, Jean-Pierrot, Barthélemi, Joseph Faville, Gagnet, Mondion , ainsi que les troupes sous leurs ordres. Ces différents chefs écrivent collectivement au conseil général de la commune: ils demandent la liberté de Laveaux et des autres détenus, ou la connaissance des crimes qu’ils ont commis.
À une heure après minuit, Villatte recoit une nouvelle lettre de Pierre Michel, ou plutôt une sommation par laquelle la mise en liberté de Laveaux et de ses codétenus est impérieusement demandée. On veut que les prisonniers soient rendus au Hautdu-Cap dès neuf heures du matin; sinon Pierre Michel et ses compagnons annoncent qu'ils marcheront contre la ville. Dans le même temps, les conspirateurs apprennent que Toussaint-
(1) Dépêche de Laveaux.