‹ Histoire de la Guadeloupe (volume 4)Chapitre 46 sur 123 · RE · texte numérisé non relu

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Lacrosse accepta la conférence pour le lendemain à dix heures du matin. Mais, de même que les meneurs n'avaient pas voulu laisser Pélage se rendre à la convocation du Petit- Bourg, ils ne lui permirent pas non plus de partir pour la conférence dela Gabare.

Les velléités du chef élu par l’émeute de se réunir à Lacrosse,

afin de trouver une solution à la situation, commencaient à inquiéter les hommes qui, après avoir fait la journée du 21 octobre, voulaient en poursuivre le but. Alors ils résolurent de le mettre à l'écart, ou de le forcer à se compromettre assez avec l’'émeute pour que désormais il ne püt avoir la pensée d’en séparer sa cause. Le 23, jour fixé pour la conférence de la Gabare, ils font prendre les armes à toute la troupe, la forment, au fort, en bataillon carré, lui donnent le mot d’ordre, et envoient chercher Pélage par le lieutenant Codou, à la tête d'une compagnie de grenadiers. Pélage, inquiet de cette démarche, se met en route. À son arrivée, les tambours battent aux champs et il est proclamé général en chef de l'armée de la Guadeloupe! Pélage accepte le commandement en chef, mais sous la condition de conserver son titre de chef de brigade. Ce premier point obtenu, les révoltés, voulant surveiller les démarches de Pélage, demandèrent qu’il quittât son logement de la ville pour venir habiter le fort. Le nouveau chef de la colonie y consentit. Puis on voulut autre chose, en finir une bonne fois avec Ja question Lacrosse. Les révoltés demandèrent, d’une façon qui ne comportait pas le refus, à marcher contre le Capitaine-général, à l’attaquer dans son camp du Petit-Bourg, à le prendre ou à le tuer. Is ne voulaient pas une autre alternative. Ignace, Noëi-Corbet, Codou et Massoteau, entre tous les exaltés, se montraient les plus effervescents. |

La troupe sort du fort avec tout l’attirail nécessaire pour une entrée en campagne. Mais, tout en marchant avec les insurgés, Pélage ne voulait pas aller aussi vite Le le fougueux Ignace ou l’astucieux Massoteau.

Au lieu donc de mener l’armée à l'attaque du Petit-Bourg, il la fatigua par des marches et des contre-marches jusqu'à ce

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