‹ Histoire de la Guadeloupe (volume 4)Chapitre 48 sur 123 · AA · texte numérisé non relu

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mation. La députation, arrivée près du rivage, cria encore : Vive la République! Vivent les consuls! Vive le Capitaine-général! Ces cris furent répétés par les équipages des navires de Ja rade et par quelques groupes des quais. Pélage et les commissaires provisoires étaient venus attendre Lacrosse sur le lieu de débarquement. Il descend à terre. Les commissaires l’en-

tourent et lui présentent Pélage comme le sauveur de la ville.

Après avoir écouté les commissaires, Lacrosse offre le pardon, l'oubli de tout ce qui s’est passé, mais sous les conditions insérées dans sa lettre du 22 octobre : la démission du chef de brigade Pélage, la soumission des troupes et l’élargissement de toutes les personnes arrêtées dans la journée du 21. Ces conditions, qu’il devait exiger sous peine de n'être plus que le chef fictif de la colonie, sont accueillies par un murmure prolongé. . Entendant ces murmures, il dit : « Allons à la municipalité ; « de là nous monterons au fort de la Victoire, où je parlerai « moi-même aux troupes. » : |

Rendu à la municipalité, Lacrosse prend le fauteuil du maire. Il harangue le peuple, montre le. tort des troupes, peint la conduite des chefs, les appelle des brigands: II les menace des lois. 11 dit que le repentir pourrait amener le pardon, mais qu'il fallait que ce repentir se manifestâät par des actes : que les détenus fussent élargis, que les officiers, qui avaient pris part à la révolte donnassent leur démission, que la troupe enfin se soumit en mettant bas les armes.

Tandis que le Capitaine-général discourait sur ce qu’il était convenable que les révoltés fissent pour mériter leur pardon, ceux-ci préparaient leurs moyens d'action. Le lieutenant Codou , à la tête d’un détachement de soldats noirs, arrive au pas de course à la municipalité, aux cris de Vivre libre ou mourir! Celte troupe brise une balustrade qui fermait le passage, renverse tous les obstacles, refoule les personnes qui remplissaient les salles, et arrive dans la pièce où se trouvait le Capitaine-général. Les baïonnettes font voler en éclats un lustre suspendu au plafond, dont.les débris couvrent le paralytique Lombard. Un grenadier l’enlève de son fauteuil,

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