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Consul étaient une raison de plus pour augmenter son zèle et ses sollicitudes pour cette colonie; mais que depuis son arrivée dans nos parages, il gémissait nuit et jour de l’évé-
nement qui prive la Guadeloupe dans ce moment du chef qui lui avait été donné pour la gouverner; qu’envoyés, lui en qualité de préfet de cette colonie, et le citoyen Coster en celle de commissaire de justice, pour l’administrer, ils ne pouvaient être mis en activité que par le Capitaine-général, pour former, dans l'union de leurs pouvoirs, quoiqu'indépendant chacun l’un de l’autre, le gouvernement de la Guadeloupe; qu’ils ne pouvaient avoir aucune autorité dans l'ile sans cé concours et sans cette union; et que s'ils pouvaient être assez présomptueux pour venir prendre le gouvernement d’eux seuls, ce serait un acte de leur part contraire à linstitution déterminée à cet égard par Le gouvernement supérieur ; qu'ils seraient coupables et punis comme rebelles...
Telle objection, telle considération que le citoyen Mahé ait pu leur remettre sous les yeux pour les porter, dans la situation actuelle où se trouve la colonie, à venir assurer son salut par leur présence, et le maintien de l’ordre par la confiance en l'autorité dont ils sont revêtus par la puissance nationale... ils se sont absolument tenus renfermés dans
ce cercle de leur devoir, et ont déclaré ne pouvoir venir
qu'avec le Capitaine-général ; et que, pour cela, ils attendent les. ordres qui doivent arriver incessamment.
« Le citoyen Lacrosse, qui était présent, demanda au citoyen Mahé, de quelle manière les communes avaient procédé pour nommer des députés, et pour faire ces adresses, que nous apportions de. leur part; qu'il pensait qu'elles s'étaient assemblées d’elles-mêmes et confusément ; puisqu'elles n'avaient plus de Gouvernement; que la colonie devait être un chaos
de désordre et d'anarchie. Le citoyen Lescallier appuya cette
question... La colonie, a répliqué le citoyen Mahé, n’est point dans l’état de désordre que vous supposez : la tranquillité etl’ordre règnent dans.toutes ses parties. Un Conseil, qui a le vœu des. communes, forme le Gouvernement; ila
entendu l'expression de l'opinion publique pour cette mission au nom de tous les colons; elle était conforme à ses désirs.
En conséquence, la convocation a été faite, et chaque canton
s'est assemblé chez le commissaire du gouvernement qui l'administre. Les colons, ainsi assemblés, ont procédé à la nomination des députés et à la formation Fe adresses. Nous en avons été chargés comme ayant réuni la pluralité des votes dans tous les cantons de la colonie. Dans la situation où elle se trouve, le gouvernement momentané de ce Conseil, légitimé par l'assentiment de tous les cantons, non-seulement maintient l’ordre et la tranquillité publique, mais s’occupe encore à effectuer l’économie des deniers publics et le ménagement des débris qui restent à la colonie de sa fortune passée... Et c'est une vérité de vous dire que tout le monde sent que cette conduite, dans notre situation, nous porte une sorte de consolation qui exeite le sentiment de reconnaissance... Mais, a repris le citoyen Eacrosse, vous vous êtes soumis à Pélage et à la force armée qui vous commande?
« Nous n'avons pas affaire, a répliqué le citoyen Mahé, à la force armée. Le commandant Pélage, qui a dü la contenir, et qui continue d’y maintenir la discipline, soutient l’ordre et la sûreté publics par sa vigilance et son autorité. Nuit et jour il est sur pied : sa surveillance continuelle et sa fermeté à ne souffrir aucun désordre et à en prévenir et écarter les moindres apparences, ont dissipé les craintes. Il a su déjà beaucoup diminuer le vagabondage, en faisant arrêter continuellemant les divagants par la récompense d’une gourde par tête de cultivateur, que le propriétaire rembourse, conformément aux règlements des précédents agents; et la ville
‘du Port-Liberté, qui en était remplie, en à aujourd'hui
infiniment moins; le nombre en diminue tous les jours encore; tout le monde remarque avec plaisir le zèle des militaires à faire ces arrestations.
« Ici le citoyen Lacrosse ayant nié ce que le député venait de dire... celui-ci lui témoigna sa surprise de ce qu'il Jui
LS