RAC
coup d'hommes de couleur armés, partisans des planteurs , étaient réunis au Fort-Royal.
Le 5 avril, des lettres de la municipalité de Saint-Pierre à l'assemblée coloniale et au gouverneur réclamèrent, dans les termes les plus pressants, une nouvelle intervention de la Guadeloupe. Le baron de Clugny se décida à retourner à la Martinique. L'assemblée coloniale désigna quatre de ses membres pour y porter des paroles de réconciliation, et Dugommier se présenta encore comme devant conduire les volontaires qui allaient partir. Monté sur un banc du Cours-Nolivos, il harangua la foule, et à sa voix trois cents jeunes gens s'offrirent pour aller délivrer les patriotes de Saint-Pierre. On partit. L’expédition trouva la ville de Saint-Pierre dans la plus grande agitation. Le bruit s'était répandu que les planteurs armaient leurs ateliers pour y faire une descente. La vérité était qu'ils avaient établi plusieurs postes pour empêcher les communications de la ville avec la campagne. C'était une manière de priver les Pierrotins de toutes les ressources de la colonie, et de les réduire par la famine. Clugny, qui s'était rendu au Fort-Royal, en revint le 15 avril sans avoir pu rien concilier. Les démarches des membres de l’assemblée coloniale n’eurent pas plus de succès. Au retour de Clugny, les volontaires de la Guadeloupe, réunis sur la place d'Esnots, voulaient marcher contre le Fort-Royal. Clugny eut toutes Les peines du monde à leur faire entendre raison et à les détourner de cette expédition insensée. Pour calmer leur ardeur, Dugommier les conduisit contre les postes qui interceplaient les communications de la ville. Après l'échange de quelques coups de fusil, la colonne expéditionnaire rentra à Saint-Pierre. La ville et la campagne restèrent ensuite sur la défensive, et, de part et d'autre, l’ardeur belliqueuse s’usa. La découverte d’un complot d'esclaves, tramé simultanément dans les ateliers de la Capesterre, de la Goyave et du Petit- Bourg, ramena à la Guadeloupe, à la fin d'avril, le gouverneur, Dugommier et les jeunes gens de la Basse-Terre, qui ne furent plus appelés que les volontaires de Dugommier.
Le complot découvert à la Guadeloupe n'avait pas encore de
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