‹ Histoire de la Guadeloupe (volume 5)Chapitre 9 sur 140 · DES · texte numérisé non relu

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rent contre l’arrèté une longue protestation, dont le grand argument était que l'ouverture des nouveaux ports allait favoriser le commerce interlope, au préjudice des plus chers intérêts de la Métropole. Dans la protestation, on rappelait aussi au comte

de Vioménil que, le 21 novembre, il avait juré à la face des au-

tels d'être propice à la colonie, et de protéger principalement la ville de Saint-Pierre. C'était ici le véritable motif de la protes-

tation : par l’ouverture des nouveaux ports, la ville de Saint-

Pierre n’était pas principalement protégée; le bénéfice résul-

tant du commerce américain allait-être partagé. | - Les militaires et les planteurs, réunis au Fort-Royal, tenaient des propos dans lesquels se révélaient des projets que bien certainement ils n'avaient pas l'intention de mettre à exécution.

Mais les Pierrotins, croyant à la réalisation de ces projets,

appelaient les autres villes au secours de Saint-Pierre menacé.

Le baron de Clugny et Dugommier, qui, dès cette époque, com-

mençait à être reconnu pour le chef des patriotes de la colonie,

accompagnés de cent volontaires, se rendent à la Martinique.

Débarqués à Saint-Pierre le 6 mars, ils sont accueillis avec la joie la plus démonstrative. Le maire, les échevins, la milice sous les armes, avec deux pièces de canon et musique en tête, avaient été les attendre au débarquement. Clugny et Dugommier se rendirent immédiatement au Fort-Royal, et en revinrent le 11

avec un traité de réconciliation et de paix. Pendant le séjour des

Guadeloupéens à Saint-Pierre, ce ne furent que réjouissances,

fêtes, bals, spectacles gratis. Le 15, Clugny, Dugommier et les volontaires quittaient Saint-Pierre pour revenir à la Guadeloupe.

Clugny et Dugommier avaient à peine quitté la Martinique , que les alarmes de la ville de Saint-Pierre recommencèrent plus vives que jamais. L'intervention de la Guadeloupe en faveur des patriotes de cette ville n’avait fait qu'exalter leurs idées de résistance à l'autorité. Ils croyaient n’avoir plus de mesures à garder. Les planteurs, dont les idées étaient tout autres, dirigés par Dubuc, pensaient sérieusement à faire rentrer cette ville dans le devoir. Le gouvernement laissait faire. Beau-

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