‹ Histoire de la Guadeloupe (volume 5)Chapitre 34 sur 140 · P'TOUE É · texte numérisé non relu

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furent reçus avec allégresse par la municipalité et par contre avec défiance par tout ce qui ne marchait pas avec le corps municipal. Cette défiance augmenta lorsque l’on vitles commissaires entrer dans les idées des perturbateurs et défendre les associations des hommes qui voulaient le maintien de l’ordre et le triomphe de l’autorité.Les intentions des commissaires étaient bonnes, mais leurs idées fausses : ils pensaient pouvoir concilier des choses inconciliables, la montagne et le côté droit. Ménageant tout le monde, tantôt ceux-ci croyaient qu'ils étaient pour eux, et tantôt ceux-là. Avec ce procédé, le plus déplorable : en politique, ranimant des espérances qui s'éteignaient, ils perpétuèrent l’agitation des esprits.

La municipalité de la Basse-Terre, privée de ses soldats, n’avait plus pour armes que des dénonciations et des procèsverbaux. Ces procès-verbaux, dressés d’une certaine façon, servaient de base à des récits historiques qu’elle faisait imprimer à Marseille, à Saint-Pierre et même à la Basse-Terre. C'était et ce sera toujours ainsi. Lorsque des fonctionnaires quelconques pactiseront avec l’émeute, leurs procès-verbaux falsifieront la vérité pour donner. raison aux émeutiers. Mille traits, puisés dans l’histoire de France de la même époque, con-

eux. Les commissaires ne furent pas peu étonnés de voir circuler une copie, signée par M. de Béhague, des procès-verbaux de la municipalité“ de la Basse-Terre, des observations sur le régiment de la Guadeloupe communiquées à ce gouverneur par les commissaires du roi au moment de leur départ , et d'entendre dire qu’ils avaient requis le renvoi, en France, de ce régiment, ce qui n’était pas vrai. Ce trait de M. de Béhague, qu'il crut pallier en disant qu’on ne lui avait pas demandé le secret, comme si l'honneur et le devoir ne l’exigeaient pas ; ces bruits répandus, cette publication de pièces et d'observations contre toutes les parties intéressées; l’assemblée coloniale, que les commissaires trouvérent réunie, quoique M. de Clugny leur eût écrit qu'elle avait sus- | pendu ses séances, annoncent assez qu’il existait une coalition entre les chefs militaires et les privilégiés pour s'opposer à ce que les com-M missaires reclifiassent ce qu'il y avait d'illégal et d’arbitraire dans l'administration de la Guadeloupe. Cette opposition devint la prin- | cipale cause des maux qui affligèrent la colonie. »

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