CS
Le AT
firmeraient cette vérité. En voici un : après le massacre des protestants de Montauban, les officiers municipaux écrivaient : « Le calme le plus profond a succédé à une journée orageuse. » Mais durant le massacre on avait fait des prisonniers, et, au moment même où la municipalité écrivait cette phrase rassurante, des bandes d’assasins, armés de sabres et de fusils, menaçaient de forcer les prisons et d’égorger les détenus. Les écrits historiques de la municipalité de la Basse-Terre étaient vrais comme la lettre des officiers municipaux de Montauban. Lorsqu'ils parurent, quatre-vingt-dix citoyens de la Basse-Terre signèrent une protestation rendue publique par la voie de l’impression. On trouve dans cette protestation les passages suivants: « ..... Il faut lire les procès-verbaux de la municipalité du 12 « au 24 juillet dernier..... Il n’y a pas d'âme honnête qui ne « se soulève d'indignation en voyant qu’elle ose présenter le « gouverneur, à la tête d’un nombre d'habitants qu’elle qualifie © d'ennemis de la tranquillité publique, entrant au fort par une « fausse porte pour mettre les soldats en mouvement, et de là « descendant dans la ville, le sabre nu à la main, par une rue « détournée, suivi d’une multitude d’esclaves, criant : Vive le ve roi! Vive Clugny! Vive l'arislocralie! ce qui occasionna, dit- « elle, les plus grandes frayeurs, pareil spectacle ne s'étant « jamais présenté dans la colonie. La municipalité fait figurer « sur la scène un membre de l'assemblée (M. Romain Lacaze), « qu'elle présente à la tète d’une quarantaine de mulâtres à la « porte de la maison commune, qui paraissaient en ligne prêts « au combat; les deux frégates, la Didon et la Calypso, « mouillées très-près de terre; les officiers d'une frégate, « chassant du Cours les gardes de la municipalité pour y faire « entrer les mulâtres avec lesquels ils se promenèrent.. Tous « ces faits sont absolument faux; il n'y a pas un citoyen « honnête qui ne donne sur chacun d’eux un démenti formel « à la municipalité..... »
L'assemblée coloniale savait les menées de la municipalité, mais n’en avait pas la preuve authentique. Elle rendit un arrêté à l'effet de compulser les registres et les autres papiers de la