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« vous caractérise : dans peu, braves amis, j'irai au milieu de € VOUS.... »
De leur côté les planteurs de la Grande-Terre, suivis des
. hommes de couleur restés fidèles à la cause du roi, se réunis-
sent et forment un camp sur lhabitation De Là, ils attendent les instructions demandées à d’Arrot. Pendant ce temps, l’assemblée coloniale, siégeant à la Basse-Terre, se déclare cn permanence, et, de concert avec le gouverneur, envoie à la Martinique deux de ses membres, Saint-Alary et Lemerle de Beaufond, avec mission de rendre compte au gouverneur général des événements de la Pointe-à-Pitre, et de réclamer de lui des forces maritimes à l’effet de concourir à la répression de la révolte. Rivière, commandant de la station, se hâte d’expédier aux ordres de d’Arrot les frégates {a Royaliste
et la Calypso.
nu
D’Arrot, instruit de la prochaine arrivée des eve part de la Basse-Terre le 26 avec toutes les troupes qu'il peut réunir, lesquelles étaient composées de milices blanches et de couleur. Au dernier moment on avait aussi enrôlé quelques esclaves,
qui se conduisirent bien.
Dans la commune du Petit- Bourg, servant à dessiner le bassin de la Pointe-à-Pitre, est une pointe, allongée par un ilet. Cette pointe forme l'habitation appelée alors Saint-Jean, aujourd'hui Jarry. Flanquées à droite et à gauche par des palétuviers , les terres de cette-propriété sont basses. On n’y voit que deux mornets, sur lesquels sont élevés, ici le moulin à vent de l'habitation, là la maison du maitre. Tandis que les troupes, campées dans les vallées, sont à l’abri des projectiles lancés de la Pointe-à-Pitre, des batteries, placées sur les mornets, peuvent faire des ravages effroyables à cette ville ouverte de toutes parts et distante seulement de douze cents mètres. ÿ
Le 28, d’Arrot prit position : à Saint- IL plaçasa troupe dans les vallées, comptant pour-armer ses batteries sur l'ar-
“lillerie qu'il tirerait des frégates attendues. Les Pointus, sup-
posant des canons à l’ennemi et craignant pour la ville, lui
envoyèrent en députation les citoyens Ardenne et Monroux. Ces parlementaires furent retenus. Ne sachant où les emprisonner, peut-être aussi un peu par dérision, on songea au moulin à vent. Dans ce moulin, au-dessus de la mécanique, se trouvait un petit plancher, sur lequel on montait à l’aide d'une échelle et en passant par une trappe : on introduisit les ambassadeurs dans le plancher et l’on condamna la trappe. Les Pointus, ne voyant pas revenir la première députation, en envoyèrent une seconde. Mais les membres de celle-ci, aperceyant de leur pirogue Ardenne et Monroux, par le trou où passe la queue du moulin, et ne se souciant pas d'aller leur tenir compagnie, s’en retournèrent sans communiquer avec le camp des royalistes.
Mais si les vallées de Saint-Jean sont à couvert du côté de la Pointe-à-Pitre, elles se découvrent au contraire complétement sur l’Ilet-à-Cochons, placé à l'entrée du port. Les patriotes, s'étant assurés que les royalistes n’avaient point de canons, . en transportèrent sur l’ilet, et élevèrent une batterie, qu’ils commencèrent à faire jouer le 50. Laisser la troupe dans sa première position, c’élait, sans compensation, l’exposer à des pertes cruelles. D’Arrot songea donc à la placer ailleurs.
Dans ce moment apparaissaient les frégates attendues, qui. semblaient ne venir que pour assister à la ruine du parti de « la royauté. Le déplacement de Ia troupe fut le signal d’une. déroute, D’Arrot fut entrainé avec les débris de ses forces « jusqu’à la Capesterre. La défection à la cause de la royauté une fois commencée ne s'arrêta plus. Le 4 janvier 4795, la Basse- - Terre remplaça le pavillon blanc par les couleurs nationales.
La partie perdue, l'assemblée coloniale voulut se rapprocher « du gouverneur, pour finir ensemble. Le 7, elle prit un arrêté 1 par lequel elle déclarait transporter ses séances à la Capesterre. « Dans cette assemblée il y avait des hommes d'énergie, à conviction pfofonde, prèts à sacrifier leur fortune et leur vie pour le triomphe de la cause qu'ils avaient embrassée ; mais, d'autre part, on y comptait des esprits faibles, disposés à tourner à tous les vents, à s’incliner devant le premier soleil
Pda ne
levant. Quelques-uns de ceux-ci, pendant la tempête, prenaient des précautions pour aborder dans un port quelconque. Tout en concourant aux actes de l’assemblée, ils rédigeaient, contre ces mêmes actes, des protestations déposées, closes et cachetées,, chez des notaires, avec la suscription : Le présent paquet ne sera ouvert qu'à ma réquisition. La cause du roi triomphant, le paquet n’était pas ouvert, etle notaire Lanaspèze, par exemple, ou le citoyen Christophe Cardonnet, étaient de bons, de franes, de fidèles royalistes. Mais c’est la république qui l'emporte! le cachet se brise, et l’on voit apparaitre de rudes républicains, dans toutle débraillé de l’époque. L’assem- blée nourrissait aussi un traître dans son sein. Par lui le secret des délibérations était immédiatement porté aux patriotes, afin que les mesures proposées ou arrêtées pussent être déjouées.'
Plus tard le citoyen Leboucher s’est fait gloire de sa trahison; . c’est donc une justice que de ne pas lui ravir cette gloire.
Plus on approchait du dénouement, et plus diminuait le nombre des membres de l’assemblée faisant acte de présence. . Cette assemblée tint sa dernière séance à la Capesterre, le 13 janvier. À cette séance ne vinrent que sept membres : MM. Bouscaren, président; Godet, secrétaire; et de Vermont fils, Chabert de Lacharrière, Lebrun, N. Besnard et Lebourg.
D’Arrot n’était déjà plus dans la colonie. Voyant qu’une lutte n’était pas possible, il avait quitté la Capesterre le 10. … Arrivé dans l'après-midi à la Basse-Terre, le soir son hôtel - fut envahi par une foule d'habitants de la ville, avides de connaître sa. dernière résolution, car de cette résolution allait sortir la continuation ou la fin de la guerre civile. Les intentions du gouverneur demeurèrent impénétrables. Lorsque tout le monde fut retiré, à une heure avancée de la nuit, accompagné de quelques personnes intimes et dévouées, il sortit furtivement de son hôtel et se rendit au Baillif, où l’attendait un. bateau appartenant au sieur Angeron. Il s’embarqua et se … rendit à l’île de la Trinité, où il fut peu après rejoint par la plupart des officiers du bataillon de Forez et du régiment de la Guadeloupe.