‹ Histoire de la Guadeloupe (volume 5)Chapitre 54 sur 140 · PONT OUR NO CE. SORT · texte numérisé non relu

PONT OUR NO CE. SORT

du parti aristocratique, jugeait prudent, pour l'instant, de se tenir éloigné. Touché des sentiments qui se manifestaient autour de lui, croyant déjà. embrasser l’objet de ses souhaits, Collot écrivait à la commission générale et extraordinaire : « Une « réunion générale se prépare; le trouble et la désolation vont « disparaitre. Déjà les campagnes, sensibles à la démarche des « citadins, se montrent avec confiance; cette confiance sera « d’autant plus durable que les villes saisissent avec une avidité « touchante toutes les occasions de prouver que rien ne leur « coûtera pour opérer l'oubli du passé. »

Vain espoir, fallacieuse espérance! Les planteurs croyant aux avances et aux promesses, pensant trouver dans les villes sûreté et protection , s’y rendirent avec confiance : à la Pointeà-Pitre, tous ceux qu’on put saisir furent jetés dans des prisons! Que pouvait faire Collot? gémir sur une situation à laquelle il ne commandait point. Dans la distribution des pouvoirs, la commission générale et extraordinaire s’était attribué une part si large, que, pour ainsi parler, il n’était rien resté pour le gouverneur. On ne lui avait laissé que le droit de diriger les mouvements des troupes; et, en réminiscence de son ancienne autorité, comme aussi pour conserver un lien entre la colonie et la métropole, dont Le gouverneur était censé l’agent, on lui avait accordé la faculté d'approuver les arrêtés de la commission ayant leur mise à exécution. On ne tarda pas-même à regretter ce dernier droit et à le poursuivre avec acharnement sous le nom de Veto. Dans l’ordre constitutionnel établi, ou plutôt dans la manière de l’interpréter, on refusait au gouverneur la faculté de s’immiscer dans les actes des municipalités, lesquels ne pourvaient ressortir que de la commission générale et extraordinaire. Ainsi ce haut fonctionnaire avait le droit de paralyser l'exécution d’un arrêté de la commission générale, autorité toute-puissante, mais il ne pouvait rien contre les empiétements d’une municipalité ! C'était décider que le moins n’était pas renfermé dans le plus. Le gouverneur était autorisé à arrêter le mal prêt à descendre d’en haut: mais lorsqu'il s'était accompli par en bas, il lui était défendu d'y appliquer un palliatif. Or,

c'était la municipalité de la Pointe-à-Pitre qui avait ordonné Les arrestations, et la commission générale et extraordinaire avait seule le pouvoir de casser l'acte de cette municipalité : ce pouvoir, pour le moment, la commission était peu disposée à l'exercer; si peu que, de son côté, elle présenta à Collot une liste sur laquelle étaient inscrits quatre-vingts colons à mettre immédiatement en état d’arrestation. A cette première liste on en devait joindre une seconde plus complète, à la confection de laquelle on travaillait, et qui devait comprendre tous les individus qui avaient signé l’adresse au roi, porté l’écharpe blanche, ou fait partie des expéditions de d’Arrot sur terre ou sur mer (1).

Les planteurs arrêtés à la Pointe-à-Pitre durent done reeUE en prison pour attendre le 7 juillet! |

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La commission générale et extraordinaire ne se réunissait pas

tous les jours, mais seulement selon les besoins du moment, sur Ja convocation du gouverneur ou du président de l’assemblée. Cependant, chargée d’administrer, elle avait compris la nécessité de créer dans son sein une commission dite comité

de sûreté, toujours en permanence, composée de cinq membres, «

dont les deux cinquièmes se renouvelaient chaque trimestre. Comme toujours, le laisséz-aller , la paresse d’esprit, la répugnance à se jeter dans le bruit et l'agitation, tenaient éloignés de cette commission précisément ceux qui auraient dü en faire

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