LEONE
les ordres du général. Collot, informé du parti que les malveillants tirent de ses imprudentes paroles, se hâte de lancer une proclamation portant peine de mort contre tout individu coupable d’avoir allumé un incendie sans un ordre exprès, positif.
Dans la nuit du 19 au 20, l'incendie se rallume avec plus de
fureur, cette fois à l’autre extrémité de la ville, dans le quartier dit la Grande-Basse-Terre. Ce lieu est voisin du fort Saint- Charles; Ducomet en sort à la tête d’un détachement, arrête et fait fusiller sur place tous les incendiaires et les pillards qui lui tombent sous la main. Il n’y eut plus de nouvelles tentatives d'incendie, mais la moitié de la ville cs, été la proie des ilammes.
A la vue de ces malheurs, la garnison du fort, composée en partie de propriétaires de la ville, demande à eapituler. Cette demande va jusqu’à la sédition : les jours du commandant du fort sont menacés. Il est obligé d'imposer aux mutins le pistolet au poing. Là n'étaient point les seuls embarras de Ducomet. Les assassins des Trois-Rivières se révoltent, tentent de briser les portes de leur prison. Rendant compte au gouverneur de ces événements, et lui parlant de la persistance avec laquelle la garnison demandait à capituler, Ducomet terminait sa lettre Fe celte phrase : « Il est singulier que des gens qui ne savent
« pas mourir veuillent se croire dignes de vivre. »
Le 19, à deux heures après midi, le général Grey fait som-
mation à Collot de se rendre. À cette sommation, le gouverneur réunit toutes les autorités pour délibérer sur le parti à prendre.
I n’y a qu'une voix sur la nécessité d’une capitulation. Albert
et Babut seuls, reconnaissant toutefois l’inutilifé d’une défense plus long-temps prolongée, déclarent qu'ils ont juré d’être fidèles à la République et de mourir à leur poste, et qu'ils ne seront pas parjures à leurs serments.
La délibération des autorités avait pris du temps; ce n’est que -dans la soirée que Collot peut répondre au général Grey.
Il lui demandait : 1° suspension d'armes de quarante-huit…
heures; 2° nomination de commissaires pour rédiger les articles de la capitulation. La dépèche est remise à Charlemagne,
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