LE SE
Cri
son aide de camp. Il revient à onze heures du soir, rapportant le paquet, disant qu'il n'avait pu passer les postes avancés. Le paquet est confié à un dragon. Le général Grey, ne recevant pas de réponse, attaque, pendant la nuit, le Morne-Houël et le Palmiste, et emporte l'un et l’autre. Le 20, dans la matinée, le colonel Syms apporta à Collot la lettre que nous allons transcrire : | « Batterie Boudet, 20 avril 1794.
« Monsieur, | | « J'ai attendu votre réponse à la sommation que je vous ai « envoyée hier, malgré que vos forts et batteries ont continué « à faire feu tout le jour sur les troupes anglaises. C’est pour- « quoi j'ai marché ce matin, d’où il a résulté que je suis en « possession de toutes les batteries et ouvrages qui comman- « ‘dent la ville de la Basse-Terre et le fort Saint-Charles. « Les circonstances de votre délai, et grande partie de la « ville ayant été, à dessein, incendiée et brulée, et plusieurs
« sortes de cruautés commises, le temps que vous demandez
« pour la cessation des hostilités, afin d’arranger les articles « de la capitulation, ne peut être accordé, ni aucune autre « chose, sinon que vous et votre garnison mettiez bas les « armes et vous rendiez à discrétion immédiatement. « J'ai l'honneur, etc.
« CHARLES GREY, « Commandant en chef des forces de sa majesté « brilannique. »
A la proposition de se rendre à discrétion , Collot, Ducomet et le colonel Armand poussent le même cri d’indignation. « Plutôt « faire sauter le fort! » s’écrie Collot. Cette résolution extrême est appuyée par Ducomet et approuvée par Armand. Collot
veut et exige les mêmes honneurs pour sa garnison que ceux - accordés à Rochambeau pour la garnison du fort de la Conven-
tion. =
. Le matin de ce jour, par suite d’une délibération des autorités constituées, les prisonniers du fort Saint-Charles avaient été mis en liberté. La plupart s'étaient rendus près du général
Grey. Cette circonstance contribua à faire accorder à Collot la capitulation honorable qui fut signé le soir assez tard. En voici les termes : R |
« Les commandants en chef des forces de terre et de mer de « sa majesté britannique accordent aux longs services du major « général Collot, et à l'humanité avec laquelle il en a agi avec « les prisonniers qui étaient entre ses mains, l'honneur de « sortir du fort Saint-Charles à la tête de sa garnison, qui sera « à tous égards traitée comme celle du fort Bourbon. En con- « séquence, elle mettra bas les armes comme prisonnière, en. « s’engageant à ne point servir contre sa majesté britannique « durant la présente guerre, ni contre ses alliés.
« Le poste de Houël-Mont sera sur-le-champ retiré, et les « troupes qui y sont se rendront au fort Saint-Charles. Ledit « poste sera remis aux troupes anglaises exactement dans l’état « où ilest, de même que le fort Saint-Charles et tous les postes « militaires de cette colonie. La garnison du fort Saint-Charles « sortira de cette forteresse à huit heures du matin, le 22 de « ce mois. Les troupes anglaises COURAGE. les postes du fort: « Saint-Charles ce soir.
« Les îles de Marie-Galante, de la Désirade et toutes les « dépendances de ce gouvernement sont comprises dans la « présente capitulation.
« Donné à la Basse-Terre, le 20 avril 1794.