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« Vous pouvez, Monsieur le comte, vous ouvrir avec con- « fiance à M, de Lacharrière sur tout ce que vous pouvez désirer: « je vous réponds autant de sa discrétion que de son zèle à « remplir vos vues. Je vous prie encore de croire ce qu’il vous « dira de cette colonie. Témoin de ce qui s’y est passé, il pourra « vous résoudre ce qui vous aura pu paraître problématique « dans la conduite que j'ai été forcé de tenir dans bien des « occasions. Il vous en fera voir les causes que je n’ai pu vous « développer, par le danger qu'il y avait de confier au papier « des détails qui auraient pu être surpris. Enfin, Monsieur le « Comte, je ne doute pas que vous n’accordiez à M. de La- « charrière tous les sentiments qu’il mérite, lorsqu'il aura « l'honneur d'être connu plus particulièrement de vous. Le « roi n’a point de meilleur serviteur, la colonie de citoyen « plus vertueux, et le conseil de magistrat plus éclairé. »
On le sait : les députés élus à Paris avaient été admis à l’assemblée nationale. Ils avaient pour eux un fait accompli. Ce n'était pas chose facile que d'amener l'assemblée à les exclure de son sein pour faire place aux nouveaux venus. Ils avaient su, surtout M. de Curt, s’attirer les sympathies d’un grand nombre de membres de l'assemblée. Barrère, sur le rapport duquel l'élection avait été validée, prétendait qu’elle avait été moralement confirmée par la colonie. Il fallut bien des démarches et de l'adresse pour obtenir que le rapport de la nouvelle élection fût fait par le comité de vérification. Ce fut le président de ce comité, le curé de Soupes, qui s’en chargea. L'assemblée na- » tionale, ne voulant pas se déjuger, admit, dans sa séance du 27 juillet 1790, les nouveaux députés concurremment avec les anciens. Ils’en suivit que la Guadeloupe eut einq représentants ; mais le décret portait que cela ne tirerait pas à conséquence pour les législatures à venir.
Nos députés, à l'assemblée nationale, votèrent avec les membres modérés qui voulaient une constitution, mais sans détruire la royauté.
On connaît ce mot écrasant lancé par Mirabeau contre M. de Saintrac. Lui et le grand orateur se disputant la tribune, Île
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président décida que c'était au député de la Guadeloupe à se faire entendre. M. de Saintrac n’avait pas une élocution facile. Mirabeau, s'adressant au président: « Vous donnez la parole à « un homme à qui Dieu la refusée! »