TABLEAU DES EXEMPTIONS
Les ecclésiastiques, pour la totalité des esclaves par eux employés.
Le gouverneur général et l'intendant, pour tous les esclaves à leur service.
Le gouverneur particulier, pour 24 esclaves.
Les lieutenants de roi, chacun pour* .... 18 idem.
Les majors, idem. 15 idem.
Les capitaines de port, idem. .......... 12 idem.
Les capitaines de troupes , idem 12 idem.
Les lieutenants aide-majors, idem 8 idem.
Les sous-lieutenants, idem 7 idem.
Les enseignes et cornettes, idem 6 idem.
Les ingénieurs en chef, idem 12 idem.
Les autres ingénieurs ayant commission du
roi , idem 8 idem.
Le commissaire ordonnateur, pour 24 idem.
Les commissaires de marine , chacun pour 12 idem.
Les écrivains principaux , idem 6 idem.
Les commis aux classes, idem 4 idem.
Le trésorier de la marine, pour 8 idem.
Les commissaires particulier de l'artillerie , chacun pour 12 idem.
Deux autres commissaires et trois lieutenants, ayant commission du gouverneur général , idem • 6 idem.
Les canonniers entretenus par le roi, chacun 2 esclaves.
Les autres, chacun pour 1 idem.
Les officiers du conseil supérieur, idem. . . 12 idem.
Les premiers substituts du procureur général , idem 8 idem.
Les greffiers en chef du conseil supé^ rieur, idem : 12 idem.
Les juges ordinaires et ceux de l'amirauté , idem 12 idem.
Les lieutenants desdits juges , idem. ...*.. 8 idem.
Les procureurs du roi , idem 12 idem.
Les premiers substituts, idem. . * * . . 6 idem.
Les greffiers des juridictions ordinaires et ceux de l'amirauté , idem 6 idem.
Les capitaines et les majors des milices , id. 12 idem.
Les lieutenants et aides-majors, idem. ... 8 idem.
Les cornettes et enseignes , idem 6 idem.
Les sergents, maréchaux de logis et brigadiers de cavalerie, idem * 4 idem.
Les grands voyers, idem. 12 idem.
Les sous- voyers, idem 8 idem.
Les arpenteurs particuliers, idem. . 8 idem.
Les médecins ayant brevet du roi, idem. . . 2 idem.
Les chirurgiens employés avec appointements , idem. 8 idem.
Les nobles dont les titres avaient été enregistrés au conseil supérieur, idem 12 idem.
Leurs veuves , moitié.
Ces exemptions, comme l'on voit, étaient considérables. En 1789, elles s'étendront sur 8,043 tètes d'esclaves.
Pour celui qui ne fabriquait pas de sucre, il était assez incommode d'aller en acheter pour payer sa capitation. En 1735, il lui fut permis de se racheter en argent de la capitation de sucre, et de payer six livres au lieu de cinquante kilogrammes de sucre. A partir de cette époque , la capitation ne se paya plus qu'en argent.
Au mois de janvier 1733, le gouverneur général de Champigny et l'intendant d'Orgeville crurent avoir trouvé le moyen de défendre les lles-du-Vent de l'invasion de l'ennemi, moyen consistant à les entourer, non, comme la Chine, d'une haute et forte muraille, mais d'une ceinture de raquettes. En conséquence, ils ordonnèrent à fous propriétaires dont les terres a voisineraient le rivage de la mer, d'avoir à faire une haie de ce végétal de quatre mètres d'épaisseur. Pour que de telles idées puissent entrer dans la tète d'administrateurs sérieux, il faut que , lorsque l'on monte au pouvoir, les choses apparaissent à l'envers. Aux îles, c'est la mer qui est le grand chemin. Comment Champigny et d'Orgeville n'ont-ils pas compris que s'ils réussissaient à élever une barrière infranchissable de la mer sur la terre , cette barrière serait également infranchissable de la terre sur la mer, et que leurs administrés seraient emprisonnés dans chaque île? Ils n'avaient pas réfléchi, non plus, qu'en l'absence d'une route sur terre, les communes allaient devenir étrangères l'une à l'autre. Heureusement que de tels ordres se donnent, mais ne s'exécutent point. Tel fut le sort de celui du gouverneur général et de l'intendant.
Dupoyet, dont la santé était altérée par suite de son séjour aux Antilles, fut mis à la retraite le 27 juillet 1734. Il reçut une pension de 3,000 livres, la plus forte qui eût encore été accordée à un gouverneur de la Guadeloupe.
La même ordonnance qui mettait Dupoyet à la retraite, appelait à lui succéder dans le gouvernement de la Guadeloupe le marquis de Larnage, gouverneur de la Grenade. Le nouveau gouverneur avait reçu l'ordre de mettre en état de défense le fort Saint-Charles, de la Basse-Terre, et le fort Saint-Louis, de la Grande-Terre. Les travaux furent conduits par un officier du génie , descendant de l'ancien seigneur Houël. Pendant qu'ils s'exécutaient, ils furent endommagés par de violentes secousses de tremblement de terre. Le magasin à poudre surtout en souffrit tellement qu'il fallut en construire un nouveau.
Le marquis de Larnage s'occupa avec intelligence et activité
des routes et des chemins de la colonie. Poursuivant, mais avec moins de bruit, la pensée du gouverneur de Moyencourt de procurer à la Guadeloupe un commerce direct avec la Métropole, il détermina le commerce à rendre ses relations moins rares. Dans cet acte d'une administration éclairée, il dut lutter contre les commissionnaires de Saint-Pierre, qui ne reculaient devant aucun moyen pour arrêter les navires en route pour la Basse-Terre. Ces commissionnaires s'efforçaient de faire accroire aux capitaines que le sucre fabriqué à la Guadeloupe était d'une qualité inférieure à celui fabriqué à la Martinique. Ils avaient découvert cela depuis que des efforts étaient faits pour leur en retirer la vente.
Sous l'administration du marquis de Larnage, les cultures de la colonie prirent plus de développement. Ces heureux résultats étaient bien dus à lui seul , car ils ne se firent pas remarquer seulement à la Guadeloupe, mais à la Grenade, à Saint-Domingue, partout où il gouverna.
Tout en s'attirant l'amour des colons, il obtint l'estime et la considération du ministre. Le 25 juin 1757, il fut enlevé à la Guadeloupe , mais pour aller à Saint-Domingue rendre à la France des services plus grands.