CHAPITRE XVII
Dernièro conférence de Vienne. — Explications du comte de BuoI sur la conduite de l'Autriche. — Son projet d'accommodement. — Objection? du baron de Bnurqueney. — Les conférences ont cessé défait. — Rupture des conférences. — Le plénipotentiaire caricaturiste. — Biographie du prince Alexandre Gortschakoff.
Lord Clarendon, ministre des affaires étrangères à Londres, réfute avec non moins de logique les sophismes du chancelier de Saint- Pétersbourg. Des dissidences aussi marquées ne pouvaient aboutir à rien, et en effet la conférence de Vienne ne se réunit une dernière fois, le 4 juin, que pour constater l'inutilité de ses efforts.
Le comte de Buol-Schauenstein et le baron de Prokeshd'Ostcn pour l'Autriche, le baron de Bourqueney pour la France, le comte de Wcstmoreland pour l'Angleterre, le prince Gortschakott et M. de Titoff pour la Russie, Ali-l^acha et Arif-Effcndi pour la Porte, se rassemblèrent, le 4 juin, à une heure, à l'hôtel du ministère des affaires étrangères à Vienne.
Le comte de BuoI ouvre la séance en ces termes :
« J'eus l'honneur, dans notre dernière conférence, d'exprimer l'opinion que les modes de solution propres à obtenir l'accomplissement de la troisième garantie n'étaient pas épuisés, et je réclamai particulièrement pour l'Autriche la tâche de rechercher les moyens d'application.
>) Nous nous sommes dévoués à l'accomplissement de cette tâche avec un zèle proportionné à l'importance des intérêts engagés. J'ai tiré de nos précédentes délibérations les éléments de la solution que je vais soumettre à l'examen de la conférence. Eu réfléchissant sur ces délibérations, je me suis convaincu que divers principes admis de toutes parts peuvent être considérés comme hors de discussion. Ces principes sont : 1" de rattacher plus complètement l'existence de l'empire ottoman ii l'équilibre européen; 2° d'établir une balance équitable des forces navales des deux Etats riverainn de la mer Noire; 3° de donner une nouvelle confirmation à la règle de fermeture des détroits, en réservant toujours à la Porte le droit d'appeler les flottes de ses alliés toutes les fois qu'elle se croirait menacée.
» Ces bases étant obtenues par la voie des négociations, quel est l'obstacle qui s'est opposé à un accord parfait sur la troisième garantie tout entière? La principale difficulté, la seule môme, pourraisje dire, consiste dans le refus de la Russie de s'imposer par le traité une limitation quelconque de ses forces navales d^ms la mer Noire. Mais, pendant qu'ils déclaraient qu'un pareil engagement était une infraction aux droits de souveraineté de l'empereur, les plénipotentiaires de la Russie n'avaient pas à l'avance refusé d'examiner toute proposition relative au principe de limitation, et ils s'accordaient à reconnaître qu'une stipulation de cette nature ne serait pas une at-
teinte à son honneur du moment où clic résulterait d'un accord mutuel entre les parties contractantes.
1. Dans l'intention de faire disparaître celle diflicultc, l'un des plénipotentiaires français, ([ui n'assiste plus à nos délibérations, indiqua un moyen que je suis licurtui de reproduire, parce qu'il rappelle les sentiments de modération qui caractérisaient ses instructions. Un accord mutuel entre les plénipotentiaires de la Russie et ceuï de la Sublime Porte sur les bases d'un équilibre de leurs forces respectives et sur l'annexion subséquente au traité ijénéral, d'un arrangement sur ce point signé par eux, était proposé par M. Drouyn de l.liuys comme un moyen convenable de concilier tous les intérêts et toutes les exigences. Cette marche, conseillée, ce nous semble, par une pensée éminemment conciliatrice, paraissait en même temps être la mise en pratique d'une heureuse pensée du plénipotentiaire anglais qui ne siège plus avec nous.
X Aux yeux de l'Angleterre (c'est ainsi qu'il s'exprimait), les meilleures conditions, et les seules qui soient admissibles, seraient celles
cette proposition , et qu'elle la recommande à l'attention sérieuse et amicale de ses alliés et de la cour de Russie. "
Le baron de Bourqueney dit que, la proposition du comte de Buol reposant sur un principe qui a été à plusieurs reprises et péremptoirement repoussé par les plénipotentiaires de la Russie, c'est d'abord i> eux 11 parler eu cette occasion.
Le comte de Westmoreland dit qu'il s'est rendu i» la conférence sur l'invitation du ministre des affaires étrangères de l'Autriche , mais qu'il se trouve dans la même position oii il était k la dernière •éunion , dans laquelle il avait déclaré que ses instructions étaient épuisées.
• Le prince Gortsehakoff , tout en contestant l'opinion du baron de liourqucncy que la proposition du comte de Buol repose sur un principe catégoriquement repoussé par les plénipotentiaires russes, prie le plénipotentiaire de France de parler le premier.
Le baron de Bourqueney dit alors que , puisqu'on le presse d'eiprimer son opinion , il se trouve obligé lui-même de revenir sur le
Los bnt.ses-cours ne furent pas ■'■[luvguùce, on bc reiit des ]>iiMitioii'
qui, tout en s'accordant le mieux avec l'honneur de la Russie, seraient en même temps sufl'ibanles pour la sécurité de l'Europe et pour empêcher le retour de complications comme celles auxquelles il est maintenant question de mettre un terme. C'est néanmoins cette pensée (dont riionueiir rc\ient au cabinet français) qui a servi de base au projet dont je vais donner lecture, et qui, tout honorable qu'il est pour toutes les parties, réunit, selon notre manière de voir, tous les éléments d'une solution satisfaisante de la troisième garantie. )'
Après ce préambule, M. de Buol lit la première proposition, dont nous avons ilonné le texte ci-dessus (page 22).
Cette lecture faite, M. de Buol ajoute :
« L'Autriche, je suis autorisé à le déclarer, verrait dans l'accei)tation de ce projet les bases complètes d'une solution efficace et honorable pour toutes les parties. Toujours fidèle aux engagements qu'elle a contractés avec ses alliés , fidèle aux principes qu'elle a posés , mais se trouvant dans une position (jui la tient en dehors de l'action hostile qui divise les autres parties qui sont représentées ici, elle a considéré comme un devoir sacré, qui lui était imposé par sa position exceptionnelle , d'épuiser tous les moyens pour obtenir le triomphe de tes principes, et mettre fin en même temps, si cela est possible , aux calamités d'une guerre qui a déjii fait tant de nobles viclimei. C'est animée de ces seoiimcuts que l'Autriche présente
refus péremptoire et répété des plénipotentiaires russes de consentir par un traité à la réduction de leurs forces navales sur une base discutée par la conférence. Ce refus a nécessairement exercé une influence décisive sur les instructions avec lesquelles son gouvernement l'autorise à revenir à une conférence k laquelle il serait appelé par le ministre des afi'aires étrangères d'Autriche , dans le but de connaître les moyens de conciliation auxquels il a déclaré qu'il voudrait se livrer lui-même. Le projet présenté par le comte de Buol ne remplissant pas les conditions qui lui étaient indiquées dans ses premières instructions, il doit, pour sa part, déclarer que la conférence est finie.
Le prince GortschakoiT dit qu'après les déclarations qu'il vient d'entendre , les conférences pour la paix ont cessé de fait. Il aurait donc le droit de garder le silence , puisque , pour entrer dans des détails, il ne ferait pas autre chose que discuter les bases, qui, selon l'Autriche , sont complètes , tandis que les alliés les considèrent comme insuffisantes. Mais il ne veut pas iirendre avantage de ce droit. Les propositions de l'Autriche ayant été précédemment examinées par les cabinets de Paris et de Londres , il en donnera aussi connaissance à sa cour, en réservant pour elle le droit de les examiner et de les peser en toute liberté II exprime néanmoins son opinion personnelle comme un témoignage de respect pour le cabinet qui a fait tant d'efforts pour préparer le projet dout il s'agit.
En l'analysant, il s'est d'abord assuré que ce projet n'a pas pour base le principe que les plénipotentiaires de Russie ont invariablement repoussé et qu'ils repousseront constamment. En examinant ensuite les divers articles, il n'a pas d'objection à faire au principe exposé dans le premier de ces articles.
Quant au second, son principe essentiel repose sur la discussion directe entre les plénipotentiaires de la Russie et de la Sublime Porte pour ce qui concerne l'équilibre à établir entre leurs forces navales respectives. Il ne rejette pas une pareille combinaison , soutenant néanmoins que la détermination de la quantité de ces forces regarde les deux pouvoirs directement intéressés , et que les droits de souveraineté de l'un et de l'autre seraient violés, si d'autres puissances voulaient leur imposer des conditions sur cette question. Il adopte l'article 3. Il trouve que les articles 4 et 5 sont basés sur l'article 2 du contre-projet russe, qui laisse Sa Hautessc souverain juge pour décider s'il serait ou non compatible avec ses intérêts que les détroits fussent ouverts esceptionneUemeut
soumettre à leur cour la proposition de l'Autricbe, il exprime l'espoir que les plénipotentiaires de la France et de l'Angleterre en feront autant de leur côté.
Les plénipotentiaires de France et d'Angleterre refusent de s'engager à cet égard.
Le comte de Buol, tout en voyant avec plaisir que les plénipotentiaires de'Russie soumettront sa proposition à leur cour, ne croit pas devoir répondre aux observations dont elle a été l'objet de la part du prince Gortscbakoff, puisqu'il n'y attache lui-même que la valeur d'impressions personnelles. Il ajoute qu'il est , en outre , trop juste pour ne pas reconnaître que les déclarations des plénipotentiaires de la France et de la Grande-Bretagne ont rendu, en effet, ditiicile au priuce Gortscbakoff d'entrer dans une discussion plus approfondie. Il déclare enfin que les plénipotentiaires des puissances maritimes ayant eux-mêmes déclaré les conférences closes, l'ont délivré d'une pénible tàcbe dont sa position lui eût imposé l'accomplissement.
En remerciant les plénipotentiaires de s'être réunis sur l'inviia-
Unu rejjrOscDtutiou des Aiujlaisvs puur rire, au iliéâ.rv imii r:al li lul-.i
Pour conclure , il trouve dans les principes généraux du projet du comte de Buol la base d'une solution possible de la troisième garantie.
M. de Tiloff partage l'opinion de son collègue , et, sans avoir rien il ajouter aux considérations personnelles exposées dans la lettre , il s'associe complètement à la déclaration officielle qu'il fait de son désir de soumettre à l'examen et à la décision de sa cour le plan d'arrangement proposé par le ministre des affaires étrangères d'Autricbe.
Ali-Pacba déclare que le projet d'une communication directe entre la Sublime Porte et la Russie était, comme tous les autres systèmes discutés dans le sein de la conférence, basé sur le principe de la limitation. Comme le rejet catégorique et réitéré de ce principe de la part des plénipotentiaires russes a fait abandonner tous les plans de cette nature , son collègue et lui ne pensent ]ias qu'ils doivent, pour ce même projet, demander des instructions ài leur cour, et ils se trouvent conséquemnient dans la même position que les plénipotentiaires de la France et de la Grande-Bretagne. Arit-Effcndi partage cette opinion.
Le baron l'rokescli soutient que les plénipotentiaires de la Russie ne rejettent pas absolument le principe de limitation, et que leurs objections ont plutôt trait ii la forme sous laquelle il pourrait être appliqué. Les plénipotentiaires de l'ussie s'étant déclarés prêts à
tion qu'il leur a faite d'amener les conférences à une juste solution, il déclare que l'Autriche n'a plus d'autre proposition à faire, et que néanmoins elle sera toujours prête, surtout si c'est dans l'intérêt de la paii, à transmettre aux puissances belligérantes les ouvertures que l'une ou l'autre d'elles pourraient avoir occasion de lui adresser.
Le baron Bourqueney parle de nouveau pour bien préciser les positions respectives. Il maintient qu'après tout ce qui s'est passé dans les conférences, son gouvernement avait parfaitement le droit de considérer comme péremptoirement rejelés par les plénipotentiaires de Russie tous les projets basés sur le principe de la limitation. Il ne pourrait donc introduire une clause additionnelle contraire dans les instructions qu'il avait données à ses plénipotentiaires pour une dernière conférence. Il a été confirmé dans cette conviction par la circulaire du comte de Nessclrode , qui exprimait une opinion sur U portée tout entière des conférences, et qui, dès ce moment, autoriserait à croire que le cabinet de Saint-Pétersbourg lui-même les considérait comme closes. Le baron de Bourqueney fait observer enfin au prince Gortscbakoff que le projet autrichien repose sur le principe de la limitation dans sa plus rigoureuse expression.
Le comte de W'eslmoreland déclare qu'après le rejet catégorique du principe de limitation, son gouvernement ne voyait plus aucun avantage à continuer les délibérations, et regardait les précédentes conCércnces comme étant closes. Ses pleins pouvoirs se trouvant
épiiisi-s, il n'a plus rien à dire, si ce n'est qu'il soiimeltra à l'eiamen de son gouvernement \e protocole de la conférence de ce jour.
En réponse à M. de Botirqiiciiey, le prince GoitscbakolT soutient de nouveau que dans les conférences et hors des conférences , ainsi que toutes les fois que la question a été soulevée , il a constamnieiit déclaré que toute Limitation de forces qu'on voudrait imposer à la Russie serait considérée par elle comme une violation des droits souverains de l'empereur et comme un insurmontable obstacle à la paix; qu'il était resté invariablement fidèle à ce principe, et qu'il le pose de nouveau dans cette nouvelle conférence; que , de plus, il défie les membr<is de la conférence qui dut les protocoles entre leurs ni;iiii5 , et plus particulièrement le pléniiiotcntiaire de France , de trouver dans ses actes un seul principe, un seul mot qui ne s'accorde pas avec ce qu'il nfTtrme maintenant; que le comte de Buol ayant dit dans son discours d'introduction que le cabinet de Vienne s'était appliqué à trouver une solution également lionorable pour toutes les parties, il n'a recueilli du second article que l'idée qui seule est de nature à offrir une base de négociation pour les puissances qui se respectent, . -st-à-dire la combinaison tendant à établir un contrepoids de fo! ..-s par l'accord direct et le consentement mutuel des parties intéressées.
Le baron de liourqueney lui fait observer qu'il est néanmoins incontestable que la proposition faite par M. Drouyn de Lhuys à cet effet, .! que les plénipotentiaires de la Russie et de la Porte s'entendissent ensemble en présence de la conférence, sur la base du contrepoids de leurs forces respectives, base qui devait être relatée dans un arrangement par eui mutuellement signé , avait la même valeur et la même force, >• avait été rcjeléc.
Le prince Gortschakoff rappelle à M. de Bourqueney qu'il trouvera dans le protocole de la séance dont il parle la preuve que ses objections n'ont pas porté un jugement direct sur l'idée elle-même, mais bien sur le mode si peu praticable dont on se proposait de l'ciécuter.
Après quelques observations du prince Gortschakoff, faites dans le but de modifier l'impression produite sur le baron de Bourqueney par la circulaire du chancelier de l'empire de Russie, la séance est levée, et la mission de la conférence épuisée.
On raconte qu'après la clôture des négociations, un Anglais eut la fantaisie de visiter le lieu des réunions. Tout y était encore dans le stalu quo, et devant chaque fauteuil se trouvait sur la table un cahier de papier.
Un de ces cahiers était rempli de caricatures représentant des combats entre les Russes et les zouaves, les highianders ou les Circassicns.
— Quel est, demanda l'Anglais, le plénipotentiaire qui s'est amusé à dessiner pendant qu'on discutait sur les destinées de l'Europe?
L'introducteur répondit au hasard que c'était M. de Bourqueney.
De retour à Londres , l'Anglais , ami de John Uusscll , s'empressa de lui raconter le résultat de ses explorations dans la salle des conférences, et lui montra pour preuve un dessin qu'il avait apporté avec lui comme trophée. Lord Russcll se récria :
— C'est une pure calomnie contre M. de Bourqueney, dit-il à son ami. Il suait sang et eau, et prêtait trop d'attention aux débats pour avoir le temps de faire des caricatures. Les dessins sont du prince Gortschakoff, qui, depuis l'ouverture des conférences jusqu'à leur clôture , ne s'est pas occupé d'autre chose. Il dessinnit pendant les séances, et ne nous écoutait même pas. Quand nous avions parlé longuem-.-nt, il nous répondait en peu de mois et sans s'inquiéter beaucoup de nos raisonnements. Les dessins de M. Gortschakoff sont une preuve nianifeste que la Russie nous a menés par le nez pendant tout le temps de ces conférences à jamais fameuses.
L'asiucieui diplomate dont il s'agit, le prince Alexandre Gortschakoff l", est âgé de cinquante ans, et proche parent du prince Michel Gortschakoff, cotnmandant des forces russes en Crimée. Alexandre Gortschakoff, qui avait cinquante ans accomplis à l'époque des conférences de Vienne, fut élevé au lycée de Tzarskoé-Sélo, institution favorite d'Alexandre I'", qui y plaça les fils des principales familles, et entre autres l'elwig, Pojschkiiîn, etc. l,'iuDui,nce de celte école fut grande sur les mœurs et les opinions de la Russie; on en fit l'expérience dès IS.'O, et en 1825, lors de la révolution qui signala son avènement, Kicolas rencontra dans les rangs de ses adversaires beaucoup d'élèves de l'institution de Tzarskoé-Sélo.
Au sortir de ce lycée , le prince Gortschakoff entra au ministère des aHaires étrangères, et fut attaché, pendant le célèbre coiigrls de Vienrie, aux plénipotentiaires russes comtes de INesselrode, Capo d'Istria et Stakelberg en qualité de secrétaire. C'est dans cette fonction qu'il se fit remarquer par la rédaection de plusieurs protocoles. M. de Chateaubriand félicita l'empereur Alexandre sur le ehoii de ce jeune homme, qui se distinguait, disait-il, par la netteté, la précision et la grâce de son style. On sait que ces protocoles étaient rédigés en français.
Plus lard , M. Gortschakoff fut nommé deuxième secrétaire à Londres, dans l'amlia.sadc de M. le prince de Liéven, le mari de cette princesse russe qui a joué et qui joue encore un si grand rôle dans la diplomatie européenne.
De Londres, M. Gortschakoff partit pour Florence en qualité de chargé d'affaires, et il passa ensuite ii Vienne comme premier secrétaire d'ambassade, sous le célèbre bailli Tatisclitscheff , l'une lics soniiiiités diplomatiques russes, qui lui confia à plusieurs reprises des missions aussi difficiles que secrètes.
L'âge et les infirmités firent bientôt abandonner par le bailli des affaires importantes au jeune Alexandre Gortschakotî, qui se Irouv i ainsi en rapports directs avec M. de Mettcrnich et avec la famille impériale d'Autriche.
Le baron de Brunow, appelé de la légation de Stuttgard ii l'ambassade de Londres, fut remplacé par Alexandre Gortschakoff, qui, après les événements de 1849, devint ministre de Russie auprès de la Confédération germanique, à Francfort-sur-le-Mcin.
Quand l'empereur Micolas , mécontent de son ambassadeur à Vienne, rappela le baron de Mcycndorfl', il donna pour successeur à ce diplomate le prince Gortschakoff, que ses talents et ses rapports intimes avec la famille de l'empereur d'Autriche désignaient comme plus ■propre que tout autre à exercer une haute influence sur la cour allemande.