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CHAPITRE XXVI

Expé.iilion de la Baltique. — Principales forteresses des cbWs russes. — Sweaborg. — Helsingrors. — Lowisa. — Wibers; — Cronstadt. — Schl'isselbourg. ^- Revel. — Port-Baltique. — Riga. — Forces navales russes. — Préparatifs do la France cl de l'Angkterre. — Flotte française. — Flotte anglaise. — Batteries flottantes. — Leur destination. — Légion étrangère anglaise.

Dans la Raltique, les efforts des flottes alliées demeuraient infructueux contre les moyens de défense entassés laborieusement par les Russes.

Les côtes contre lesquelles avaient à opérer les flottes alliées sont protégées par plusieurs forteresses qui en couvrent les principaux points. Celles du golfe de Bothnie n'ont que des ports de commerce, Ulealionl , Bralirsiadt , Wasa et Nystadl. La position fortifiée russe la plus sepleiitrioiialc sur celle rôle est i»rmée de six foris élevés sur les ppliics îles h l'an(;le formé par les gi:lfes de lîo hnie et de Finlande , et sur le promontoire avancé de Hango. Les plus impartants de ce* ouvrages sont : le fort Gustavsberg , à deux étages , de ^ua^

raDic canons ; la batterie Gustave-Adolphe , de seize canous , et le fortSkarsbolm, aussi de seize canons.

Plus près de Sainl-Pélersbourg , sur la côte nord du golfe de Finlande s'i-ltvc la forteresse de Swcjborg , construite sur des rocbers de granit ; c'est le port militaire le plus fort de l'empire. Il est entouri' de sept forts , taillés dans le roc de sept petites ilcs, tt réunis par des digues fortifiées. Sweaborg est relié par une digue longue d'un quart de lieue à llelsingfors, capitale actuellement fortifiée de la Finlande; autrefois c'était Abo. Ces deux ports, formant un seul tout, sont la station d'une division de la flotte de la Baltique et de plus de la moitié des quatre cents chaloupes canonnières que Ja Russie y possède , et qui lui rendent de grands services dans ces eaui peu profondes.

Ce port militaire est protégé par les deux citadelles d'Dlrichs- Dorg et de Budbcrg. Cronstadt est plus vaste, mais Sweaborg est plus tort ; c'est pourquoi de grandes quantités de munitions de guerre y ont été amoncelées.

cinq à chacun des trois étages inférieurs. Le derrière n'est pas susceptible de défense contre un coup de main, mais cela est de peu d importance, pui-que ce coup de main ne pourrait être fait avant la chute de Cronstadt elle-même. La ventilation est assurée par six ouvertures longitudinales en biais, dont le tirace avec un vent d'est chasserait la fumée des casemates. Que la bordée d'un vaisseau de ligne dirigée sur le fort MenschikofT produirait sur sa farade unie un eilct très-sensible, ce n'est pas douteux; mais ce vaisseau pourrait-il se placer de manière h faire agir sa batterie? Le danger pour lui serait d'être obligé de présenter l'avant au fort Mentscliikolï, et de ne pouvoir lui répondre qu'avec ses canons de l'avant et son canop de soixante huit à pivot , de sorte que le mal qu'il pourrait faire avant d'èire en position serait insignifiant.

Les trois ports 'port de commerce, port militaire, port des constructions navales) de Cronstadt sont eux-mêmes défendus du côté de la mer par des batteries érigées sur des digues.

La ville et le port sont couverts du côté de l'ouest contre unfc

Dans cet état le colonel :

eut point quitter ia tra:

Derrière Helsingfors , du côté de Saint-Pétersbourg , se trouve Lowisa , belle forteresse avec un port ; plus loin , Rolschen-Salra , port militaire bien fortifié; puis Friedrichsbamm et Wiborg , deux forteresses avec un port profond.

Enfin, sur la pointe orientale de l'île de Kotlin se trouve Cronstadt, où l'on ne peut arriver que par deux passages, l'un au nord, l'autre au sud. Le premier a été rendu impraticable au moyen de blocs de granit et d'une triple rangée de pieux; le second, trèsétroit , est dominé par cinq forteresses , bâties en partie au milieu des Dois , en partie sur la côte méridionale de l'ile. La plus formidable de toutes est la batterie de Hisbank. Elle compte deux cent dix-sept canons, du calibre de huit et dix pouces, disposés sur quatre rangées. Le fort Alexandre compte cent vingt canons, Pierre-le- Grand cent trente-deux, Constantin cent vingt-cinq et la citadelle de Cronslot cent; en tout, six cent quatre-vingt-quatorze. Si une flotte ennemie échappait aux feux croisés de ces citadelles, elle se trouverait dans un chenal long d'environ deux cent vingt-sept mètres , oii elle serait foudroyée par les quatre-vingts canons placés sur la grande digue du port, et par l'artillerie du fort MenschikolT.

Ce fort , construit en cubes de granit sur un bastion placé en saillie du port marchand , est armé de quarante-quatre, pièces de dix pouces et de huit pouces sur quatre étages de casemates; le flanc tourné veri Cronstadt est percé de meurtrières pour la mousqueterie,

armée ennemie qui aurait débarqué sur l'île par une ligne continue de fortifications construites d'après le même système que celles de Varsovie , et par un fossé profond. Une descente ennemie au nord de l'ile serait empêchée par les forts Catherine et Alexandre , et du côté du sud , par lu redoute Michel et de nombreuses batteries.

La côte nord de l'ile où se trouvent les forts Catherine et Alexandre , est le point le plus faible et le plus propre à une attaque faite par une armée soutenue par un nombre suffisant de chaloupes canonnières. Cronstadt est bien plus important que Sébastopol, non-seulement parce qu'il renferme une plus grande flotte dans son port, mais aussi parce qu'il couvre Saint-Pélcrsbourg et en forme presque la seule défense; car toutes les fortifications de la résidence impériale consistent en un fossé profond qui entoure la ville et dans la citadelle de Pierre-et-Paul , bâtie sur une ile au milieu de la Neva.

Sclilusselbourg, forteresse importante située au milieu de l'eau et des marais à l'en Jroit ou la Neva sor* du lac Ladoga , ferme la route qui, du nord de la Finlande, conduit à Saint-Pétersbourg. Narwa, petite forteresse avec un petit port, défend la route de terrj du côté du sud-ouest. Par cette route, le long de la Baltique, ou parla route de Witebsk par Suraiz, Luga et Zarsskoje-Selo, défendue par la forteresse de Jamborg,une armée peut s'avancer de la Dûna contre Saint-Pétersbourg, qui n'est couvert de ce côté que par les deux petites forteresses de Narwa et de Jamboi^.

Revel (Koliwan en russe), situé sur la cote sud du golfe de Finlande, en face de Sweaborg, a un port militaire vaste et profond, dtfeii.lu par de fortes casemates et des batteries de trois rangs de canons et creusées en partie dans le roc.

Porl-Raliique, situé également sur le golfe de Finlande, est protégé par plusieurs batteries.

Riga, sur la Diina , à deux lieues de son embouchure , est une ville plus forte que IVarwa et Revel. C'est le point le plus important de la côte livonienne; Riga, grand port de commerce, est une ville populeuse, défendue par une citadelle et une ligne continue de foriifications avancées, lille est surtout protégée, du côté de la mer, par la forteresse de Dunamiinde, composée de trois forts dominant la Diina.

forces russes dans la Baltique de formidables armements. La France, qui faisait devant Sébastopol plus de sacrifices que l'Angleterre, ne devait fournir contre Cronstadtque le ToarviUe, le Daqoesnc, l'.iusterlilz et la corvette d'Assas; mais la Grande-Bretagne réunissait une imposante armée navale.

Le commandant en chef était le contre-amiral Dundas.

Le commandant en second, le contre-amiral Seyuiour.

Le commandant en troisième, le contre-amiral Bayues.

Le chef d'état-major, le capitaine Pelham.

Voici quel était l'elïeclif de la flotte :

Dite de WdUnijlon, I3l canons, 700 chevaux; Roijal George, 102 canons, 400 chevaux; Exinoulh, 91 canons, 400 chevaux; yamesl(oH,91 canons, 600 chevaux; Or ion , 01 canons, 600 chevaux;

L'uêral i^iInpsoll.

La côte basse et sablonneuse de Courlande n'a pas de port nillilairc et de fortifications, mais seulement deux poris, Liban ctWindan. Tout le pays situé entre la cote de (^ourlamle jusqu'à Dunamiinde au nord ; la Vislule , avec ses forteresses, à l'ouest; le Bug, avec Brzesc, le Prysez et la Bérésina avec Bobruisk et Borisolï au sud, est ouvert et sans aucune forteresse.

Les Russes avaient établi sur le littoral de la Baltique plusieurs camps fortifiés où ils avaient concentré des corps de troupes considérables.

L'escadrH russe se composait de trois divisions, deux ii (Kronstadt et une autre à Swcaborg et llclsingfors. F.lle avait en état de tenir la mer dix-neuf vaisseaux de ligne, sur un nombre total de trente; quatre frégates, sur un nombre total de dix-huit; huit bricks, quinze schnoners ; tro;s vaisseaux de ligne it vapeur, trois frégates et vingt et un autres bâtiments à vapeur. Chaque division comptait S, 400 matelots l't 4,000 lio.nmes de troupes de marine. Les navires incapables de tenir la mer étaient convertis en batteries lloltanles.

Pendant U saison dus glaces, les alliés avaient préparé contre les i»5-is(i.

Cœfar, 91 canons, 400 clievaux. ^lh■. 91 canons, .jOiUhsvaux ; .Vajestic, 81 canons, 400 chevaux; Cns'oi. 81 canons, 101) clicvaux; Culossus, 81 canons, 400 chevaux ; .S(iJ!.s-/'i()C*(, 70 canons, 350 chevaux; Bleinht'im, 60 canons, 4oO chevaux; Ilofjue. CO canons, 4 50 chevaux; Ajax, (iO canons, 450 chevaux; F.dimhur;j , CO canons, 450 chevaux; Hussill, GO canons, 200 chevaux; Uanki' , CO canons, 200 chevaux; Coriiwallis , CO canons, 200 chevaux; l'crnbroke, CO canons, 200 chevaux; Ihtflings, GO canons, 200 chevaux; Impérieufc, 5l canons, 360 chevaux; Eurijalus, 51 canons, 400 chevaux ; vlrjo.qan^ 47 canons, 3C0 chevaux; A7n])hion. 34 canons, 300 chevaux; lloratio, 21 c:nions, 250 chevaux , 6'o«sac/c , 21 canons, 250 chevaux; rnlades, 21 canons, 250 chevaux; fc's/i;, 21 canons, 250 chevaux ; tartar, 21 canons, 260 chevaux ; Archer, 17 canons , 200 chevaux; IMribulion, 2S canons, 40(1 chevaux; Magicienne, tu canons, 400 chevaux ; Oiin, 10 canons, COO chevaux ; Hampson. 6 canons, 4C7 chevaux ; Draijim , C canons , 5G0 chevaux ; lltUtdo;/, 6 canons, 5(10 chevaux; l'cnclope , 18 canons, 650 chevaux; Liglilning, 8 canons, 100 chevaux; Vultttrc, 0 canons, 470 chevaux; Ves-

perale, <t cirons, 400 c\ievx\n; C^nflict , 8 canons, ÎOO cVevaur; Cruiur, i4 cmons. CO chevaux ; Ilarier, 14 canons, ICO chevaiij; ; Ariet. a'cannns, fii> clievaiix; t'nkon, 17 canons, 100 chevaux; fiasilifk. 0 rancns, 400 chev;iiix ; yîdsiimom/ , 6 canons, ?8G chevaui ; Driver, 6 canons, VSO chevaux : Jitnus , 4 canons, 220 rhi-vaia; Loeusl , 3 canons, ISO chfvaui ; OUer, ! canons, I 20 chevaux ; Puriupine, 3 canons, l33 chevaux ; Ze/iliir, 3 canons, 100 chevaux; Recrut l , i canons, ICO chevaux ; Ifeser. 4 canons, 100 chevaux.

Battcrifs flottâmes : .litrta , IG canons; Gluttin , IC canons; 3Ieieor, '.G canons ; Tlmmler, IG canons; Trastii, IG canons.

Galiotes à bombes: Blazer, Firn, Hardy, Havock , Manhj, Mastiff, Porcupinc, Surty, d'un canon chacune.

Chalouties cjnonnières : Gleanitr, Pelter, Pincher, Rub)/, Teazer, Baditer, Snapper, de 3 canons chacune ; flitot, Buxer, Clinker, Vricker, Dapper, t'ancy, Grinder, llim , Jackdatv, Jasper, Jack, M or/pie, Redii'ing , Sl-ylark , Snake, Slarting, Stork, Stvitiger, Thistle, H'easel , Piytny, de 2 canons chacune.

Les batteries tlollantes, dont se rapprochaient les galiotes à bombes et les chaloupes canonnières, étaient construites sur de nouveux nio-

|dèl*-s. (^)u'on se figure une frégate presque sans bastingages , sans gaillard d'avant, sans dunette, à murailles droites, tronquée horizontalement à quelques pieds au-dessus de sa flottaison , on aura une /idée à peu près exacte d'une batterie flottante, (^'est un bâtiment plat sous quille, d'environ cinquante mètres de longueur, large à proportion, haut sur l'eau de l'élévation d'une batterie, calant au plus deux mètres cinquante centimètres, apte par conséquent à être mouillé au pied d'une forteresse. Les murailles .i l'épreuve des bombes et des boulets, sont, depuis la crête jusqu'à quatre-vingts centimètres sous la flottaison, recouvertes de plaques de fer forgé en forme de bordages, plaques longitudinales, épaisses de dix centimètres et ajustées à la membrure par des boulons qui la traversent et reçoivent en dedans un écrou.

Quant au pont, dont les formes fuyantes ne prêtent pas prise au boulet, il est protégé, s'il faut, contre la bombe, parun blindage.

Les plaques de fer de revêtement, ii une portée de quatre cents mètres, sont impénétrables au boulet massif; à cette distance ce boulf t s'y brise, à plus forte raison le boulet creux.

Donc, tout ce qui est abrité parla muraille, couvert par le pont de la batterie flottante, tout cela est complètement hors d'atteinte. Or, c'est le cas du personnel entier, de tout le matériel, tant de combat que de manœuvre. Personne sur le pont ni dans la mâture, la roue du gouvernail à l'intérieur, l'hélice immergée, la machine plus enveloppée que tout le reste; une batterie flottante, quand elle vient de s'enibosser, ne saurait être mieux comparée qu'a une tortue herméliqucmcnt close entre sa double carripace; la tète et les membres sont inaccessibles , la carapace résiste aux chocs les plus violents. Les projectiles entrant par les sabords sont les seuls qu'on doive craindre.

Pour attaquer, la batterie flottante porte seize canons de trente. Ses anillcurs , à l'abri dans leurs casemates, et pouvant s'avancer à courte poriée, grâce a son faible tirant d'eau, peuvent lancer avec précision des boulets pleins ou des boulets creux. En reportant d'un bord sur l'autre quatre des pièces, ils ont la facilité d'envoyer une bordée de douze coups , car le bâtiment a douze sabords de chaque côté.

Pourvue d'une légère mâture et d'une hélice , la batterie flottante navigue à la voile et à la vapeur. Ce n'est point un navire de marche ; sa machine est faible, sufbsante toutefois pour lui faire traverser l'Océan sous la surveillance et la protection d'une escadre. Une fois au feu, elle n*a plus u manœuvrer; au besoin, un remorqueur l'y conduit , un remorqueur l'en retire. A la mer, elle a un équipage insignifiant; ce n'est qu'à l'heure du combat que les vaisseaux lui déversent le nombre d'hommes qui complètent son armement.

La France devait ajouter un contingent de batteries flottantes à celui de l'Angleterre. Leur destination spéciale était d'aller canonner et démolir les forteresses échelonnées le long des côtes de la Russie.

Pour appuyer les marins et les soldats embarqués sur sa flotte , l'Angleterre comptait organiser une légion étrangère au moyen d'enrôlements volontaires opérés à Hambourg et dans le nord de l'Allemagne. La mission de réunir les premiers cadres pour en former un régiment avait été confiée à M. Stutterheim , chef d'état-major de l'ancienne armée dissoute en 1861 dans les duchés de Schleswig- Ilolstein.

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