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CHAPITRE XXVIII

Lettre du pnnce Dolgorouky à l'amiral Dundas. — Article du Journal de Sainl- Pélertbourg sur l'alTaire de Uango.

Un peut croire la discussion éteinte; mais l'amiral anglais soutient que l'objet pour lequel le cutter du Cussak a été envoyé à Hango était de relâcher des prisonniers , et non d'accomplir quelque acte hostile ou équivoque. Il nie que jamais les cbaloupci anglaises aient abusé du pavillon parlementaire, et réclame, en conséquence, par une lettre du 4 j uillet, la mise en liberté du lieutenant Geneste. Le prince Dolgorouky réplique en ces termes :

Saint-Pétersbourg, 1S juillet 1855.

« MoXSIEDR l'amiral,

M J'ai l'honneur d'accuser réception de la lettre que vous avez bien voulu m'adresser sous la date du i juillet. Elle se divise en deux parties distinctes. D'abord elle m'instruit des ordres de l'amirauté, qui vous prescrivent de demander la mise en liberté de l'officier et des marins anglais faits prisonniers de guerre à Hango-Udd le 5 juin. Ensuite elle nie l'exactitude des informations prises par nos autorités en Finlande sur l'usage que les officiers de la marine royale sont censés avoir fait abusivement du pavillon parlemenlaire.

» Permettez-moi , monsieur l'amiral, de répondre nettement à ces deux questions avec une entière franchise, comme il convient de le faire pour arriver à une appréciation correcte de la vérité.

• ]Nous possédons trois versions sur ce qui s'est passé à Hango Udd.

s La première est celle du matelot Brown. 11 affirme, de science certaine, avoir vu tomber le lieutenant Geneste, le docteur Easlon, M. Sullivan et les gens de l'équipage, tués tous, sans exception, devant ses yeux. La fausseté de cette déposition est démontrée aujourd'hui par le témoignage des vivants. Je n'ai rien à y ajouter. Vous aurez été le premier à regretter, monsieur l'amiral, je n'en doute point, d'avoir ajouté foi a un récit que M. le capitaine Faushawc a prématurément accueilli sans vérihcation suffisante.

j> La seconde vtrsion , que nous avons eue sous nos yeux, est celle du lieutenant Geneste. tille est contenue dans une lettre qu'il a adressée au capitaine FaushaM'e. 11 l'a remise out'tTfe au jéncral

Moller, avec prière de l'expéJier par la première occasion convenable. Je viens de la recevoir. Je m'empresse de vous la laire parvenir ci-joinle, :ilin de ne vous laisser ignorer aucune allégatiou que cet officier peut avoir jugé utile de faire, dans le but de sa propre justification aux yeux de ses chefs.

M La troisième relation est le résultat d'une enquête officiellement faite sur les lieux par M. le général de Berg, gouverneur général de la Finlande.

)> Le rapprochement de toutes ces données m'autorise à regarder comme exactement avéré le résumé des faits que je vais avoir l'honneur de vous communiquer.

» Une embarcation armée se dirige, en temps de guerre , vers le débarcadère de Hango-Udd. L'officier qui la commande descend à terre, sans en avoir demandé, ni attendu, ni obtenu l'autorisation. Il débarque cinq Finlandais captifs, qu'il remet en liberté. Si tel était le but de sa mission , elle était remplie. Après s'en être acquitte sans résistance aucune, il aurait dû s'éloigner aussitôt de la côte et retournera bord du bâtiment le Cussak.

ji Loin de là , il quitte son embarcation et s'avance sur le territoire ennemi. Il n'est pas seul. Il se fait accompagner de plusieurs hommes de son équipage. Dans quelle intention ? 11 avait en vue, dit-il, de communiquer avec le peuple, de parler à l'employé du télégraphe, d'acheter, s'il se pouvait, des vivres. Tout cela ne rentre pas dans les fonctions d'un parlementaire régulier.

)i Un message officiel se transmet d'une autorité militaire à l'autre; il ne s'adresse ni au peuple ni à un employé du télégraphe. Quel que fût le but de l'expédition du lieutenant Geneste sur le territoire russe, et j" m'abstiendrai d'en qualiiici' l'objet, il n'était ni régulier ni avoué. C'est évident.

» Après s'être éloigné de son bateau, à ses risques et périls, cet officier tombe dans une embuscade. Il ne s'y attendait point, n'ayant vu sur le rivage que deux ou trois femmes. Par son imprévoyance , il se laisse surprendre par une force supérieure en nombre.

» Alors, pour mettre sa silrelé à couvert, il se réclame du privilège d'un parlementaire. Eu avait-il le droit? Avait-il employé les précautions requises pour se faire reconnaître en cette qualité avant de descendre sur le territoire ennemi? Rien de tout cela. Entouré de toutes parts , il se rend prisonnier de guerre. Le docteur Easton , M. Sullivan et les hommes de l'équipage partagent son sort.

» Pendant ce temps, les hommes restés à bord jettent il la mer le canon dont l'embarcation était armée. On y saisit trois cent soixante cartouches de munition, quatre cents capsules et deux tubes incendiaires avec leurs mèches. Parmi les fusils tombés entre les mains de nos soldats, plusieurs portent la preuve certaine qu'on venait de s'en servir pour faire feu.

» Les faits que je viens de résumer ont été constatés par l'enquête dont un aide de camp de Sa Majesté l'empereur a été chargé , sur la première nouvelle reçue par le général de Berg de ce qui venait de se passer à Hango.

» Cette enquête a clairement établi, selon la déposition unanime de tous les témoins de l'action , que le pavillon parlementaire n'a été aperçu ni à bord du bâtiment le Cossak, ni sur l'embarcation envoyée au débarcadère, ni entre les mains de l'officier descendu sur le rivage.

» Après cet exposé, je vous demande, monsieur l'amiral, si cet officier, quand même il aurait suspendu, comme il le dit, une tnile blanche à un croc d'amarrage, a pu prétendre être traité en parlementaire ? Est-ce à dire que tout officier pourra fourrager en pays ennemi, reconnaître le terrain, pratiquer des intelligences avec les habitants; et s'il tombe par mégarde entre les mains d'une force supérieure, battre en retraite sain et sauf et se prévaloir après coup du prétendu litre de parlementaire pour ne pas être détenu comme prisonnier de guerre lorsqu'il s'est laissé surprendre?

)) De droit et de fait, le lieutenant (ieneste, par sa propre faute, est tombé en notre pouvoir. L'équipage qu'il commandait a panagé son sort. Nous n'avons qu'à regretter la perte de six hommes, dont il a exposé la vie par son entreprise aventureuse, que rien ne justifiait, si ce n'est son espoir de la terminer impiinément.

u Cependant, aux stratagèmes de guerre, il faut qu'il y ait une limilc. Si cela n'était point, on se croirait tout permis, sous l'immunité abusive du pavillon parlementaire. Pour notre part, nous tenons à le respecter et à le faire respecter tel qu'il est consacré par les règles légalement reconnues en temps de guerre. Voila pourquoi nous ne pouvons pas consentir, sous les circonstances .lonnécs , à exempter le lieutenant Geneste de la captivité qu'il a encourue luimême, et qu'il a fait partager à l'équipage sous ses ordres.

ji J'ai l'honneur de vous inviter, monsieur l'amiral, a faire connaître cette décision au gouvernement de Sa iajesté Britannique.

» J'ai tout lieu de croire que l'amirauté se persuailera d'autant plus de la légalité de celle décision, qu'elle a cru devoir relever ellemême, par sou instruction du 9G juin, la faute commise par le lieutenant Genesie lorsqu'il est dtsccndu h terre avant de f.iire reconnaître son pavillon parlementaire par un signal donné de la ente.

» Apres avoir éclairci cumpléiemcnl les faits qui se rapportent à la seconde partie de l'incident de Hango-Udd, je vais répondre à la

seconde partie de votre lettre du 4 juillet. Elle coniredit d'une manière positive les allégations précéclemmcni faites par nos autorités en Finlande quant à l'abus du pavillon parlemeu taire , rais i la charge des officiers de la marine royale.

» Je suis dans l'obligation pénible, monsieur l'amiral, de vous en donner aujourd'hui une nouvelle preuve. Elle résulte de la déposition ci-joInte, appuyée du témoignage direct du bourgmestre de la ville de Raumo, en Finlande.

» Je me fais un devoir de placer sous vos yeux la déclaration officielle de ce magistrat, M. Péterson, sous la date du 2 juillet.

» L'exactitude des faits y allégués se trouve constatée en outre par les rapports de nos autorités militaires.

» En prenant lecture de ce document , vous voudrez bien vous convaincre de deux cir';onstances que je regrette d'avoir à vous signaler :

M fQu'en dépit de vos ordres formels, les officiers de votre escadre, déviant de la lettre de vos instructions du 29 mai, ne se bornent point ii arrêter les navires de cabotage en mer, comme il leur était prescrit, mais ils frappent d'une sévérité inusitée la fortune privée des propriétaires d'embarcations à l'ancre qui ne trafiquent point, et auxquels votre intention expresse voulait qu'on n'apportât aucun dommage ;

2° Que l'expédition entreprise par les officiers de la marine royale dans ce but de destruction, en dehors du cercle des opérations militaires, se fait sous l'apparence et sous la couleur du pavillon parlementaire.

)) Il en résulte que nos forces, appelées à protéger la propriété privée de villes couvertes, exposées aux attaques de votre croisière, sont mises malgré elles en collision avec le drapeau blanc, déployé par vos officiers pour enlever aux habitants de la côte leurs moyens d'existence.

X A la communication du document ci-annexé, je ne saurais me dispenser d'ajouter un fait qui méritera également votre juste désapprobation, savoir que sur les côtes de l'île d'Ocscl des croiseurs de la marine royale, après avoir intercepté et détruit de simples bateaux pêcheurs, ont enlevé aux pauvres matelots leur argent et même jusqu'à leurs vêtements.

)) En citant ce fait, je ne puis que m'associer entièrement à la conclusion par laquelle vous avez terminé votre lettre. Elle exprime qu'il est du devoir de toutes les nations civilisées d'employer les moyens en leur pouvoir afin de mitiger l'animosité que l'état de guerre tend à produire. Je compte avec assurance sur les i-fforls que vous ferez, sans nul doute, pour empêcher le renouvellement d'actes pareils à ceux que je viens de vous signaler. »

Rapport de M. Péterson, bourgmestre de la ville de Rauvio, à M. le major général de Wendt.

« J'ai l'honneur d'informer Votre Excellence que le 2 juillet, à deux heures de la nuit, un bâtiment ennemi a été aperçu à la distance de deux milles se dirigeant du côté de la ville. J'en ai immédiatement informé le capitaine Karlstedt arrivé Ici le 21 juin avec un détachement de soldats pour défendre Raumo. Le capitaine Karlstedt s'est rendu au port et a fait occuper à ses soldats des positions militaires.

» A quatre heures après midi sont arrivées dans le port quatre embarcations ennemies à rames avec un équipage complet et du canon, piécéilées d'unciniiwème haieau. sous pa\^iUon parlementaire. — M'étant dirigé à leur rencontre à quatre cents pas de la côle, je fus entouré par eux (les Anglais), qui me demandèrent s'il y avait des troupes dans le voisinage.

» Le pilote dranlund, qui m'accompagnait et qui parlait l'anglais, leur déclara que je n'avais pas le droit de répondre à une pareille question. Alors l'ennemi exigea que les habitants lui livrassent tout ce qui appartient aux navires, ayant dessiné en même temps sur une feuille de papier les voiles, les cordages et les mâts, ajoutant que si ces objets ne lui étaient point remis il brûlerait la ville.

» Je répondis qu'il nous était impossible de faire ce qu'ils exigeaient. Ahors les Anglais déclarèrent que tous les bâtiments dans le port leur appartenaient, et que nous pouvions nous éloigner. En même temps ils se dirigèrent vers le navire le plus voisin, se préparant à monter à bord.

• (l'est alors que le capitaine Karlstedt ordonna d'ouvrir le feu une fusillade générale s'ensuivit, et nous eûmes de la peine ; regagner la côte.

» Deux bâtiments qui se tenaient dans le port ont été incendies par les bombes du vaisseau ennemi; ils ont brûlé complètement. Quant a l'incendie dans la forêt, il a été immédialenieiit éteint, et les projectiles ennemis n'ont pas atteint la ville. Dès que je fus à terre, je me rendis en ville, ordonnant de préparer les pompes à feu et de les remplir d'caii.

» ^ous n'avons eu personne de tué. Quant à l'ennemi , le capitaine Karlstedt. qui pendant tout le temps s'est trouvé sous un feu trèsvif, est d'avis qu'il a dû perdre dans les bateaux jusqu'à cinquante hommes.

» Après trois heiiros de Ijoniliardement avec des pièces de 08, le vaisseau ennemi reprit la nier.

;i Un rapport plus déiailli' sera prtsenlé incessamment.

« Kaunio, le 2 juillet IRb:,. ..

Pour appuyer ce refus, le Journal de Saint-Pétersbourg publia, le 17 juillet, de longues explications sur ce qui s'est passé le h juin. Il acccusc la marine l)rit.nni<iue, et termine ainsi sa dissertation difl'use :

n II est à noire connaissance, par l'evpériencc acquise durant les ('vénements des deux campagnes dans la mer Noire et dans la Baltique, (]ii'eu plus d'une occurrence les officiers de la marine anglaise, soit pour effectuer des sondages, soit pour capturer nos bâtiments marchands, ont employé le stratagi'inc de déployer un drapeau blanc, ^'ous ne ciinteslcrons point en état d'hostilité l'opportunité d'user des ruses de guerre, mais nous insisterons, de notre côté, sur le droit incontestable de toute puissance belligérante de déconcerter le succès de pareils stratagèmes, et de les l'aire tourner, s'il se peut, au détriment de l'ennemi qui les emploie.

M voyer un trompette à quelque subalterne , au magistrat ou à la » bourgeoisie, le gouverneur de la place pourrait avec justice traiter u ce trompette en espion. » (§91.)

" Ces citations suffisent pour trancher la question qui fait spécialement l'objet du présent exposé. En effet, le lieutenant Genestc availjl une proposition à faire? Il n'en avait aucune à transmettre; il étaic chargé de débarqué les cinq marins finlandais. Quand il les a mis i terre, il s'était acquitté de sa commission. Fourrager en pays ennemi n'est plus un message, c'est une opération faite par chacun à ses projires risques et périls , en temps de guerre. Le pavillon blanc ne ser; point à protéger une pareille mission, l'our nous servir de l'expression de Vattcl : " Elle n'est pas dans les fonctions de l'emploi du » messager. »

>> Le lieutenant Geneste s'est-il fait connaître? A-t-il tiré à blanc pour signaler son approche avant de descendre à terre, comme l'amiral IJundas l'a demandé? Rien de tout cela. Le pavillon blanc n'a pas été aperçu de nos côtes , ni à bord du bâtiment anglais en croi-

M(in à'i lonl Raglan.

» Celte règle de précaution et au besoin de répression indispensable rentre dans le domaine d'une défense légitime, qui constitue pour le salut des Etats la suprême loi. A ce titre, le droit des gens a mis de certaines limites aux immunités dont jouit le drapeau jilanc, limites clairement définies par l'usage, et que nul ne saurait Iransgre-sser avec impunité. Pour faire l'application de celte règle aux circonstances qui viennent de se passer a llango, nous allons rappeler les maximes consacrées par le droit des gens, d'après l'autorité reconnue de Vatlel.

n Je veux parler, dit-il, des hérauts , des trompettes et des tam- » bours, qui, par les lois de la guerre et le droit des gens, sont sacrés » et inviolables dès qu'ils se funt connaître, et tant qu'ils se tiennent i> dans les termes de leur commission, dans les fondions de leur ein- « ploi. (>ela doit être ainsi nécessairement; car sans compter ce que » nous xenons de dire, qu'il faut se réserver des moyens de ramener » la paix, il est dans le cours même de guerre mille occasions oii le u salut commun et l'avantage des deux partis exigent qu'ils ]>uissent » se faire porter des messages et des propositions. » (Liv. IV, cUap. vu, .§87.)

M Le prince , le général de l'armée , et chaque commandant en » chef, dans son département, ont stuls le droit d'envoyer un trom- » pettc ou tambour; et ils ne peuvent l'envoyer aussi qu'au covrnan- » dant en chef. Si le général qui assiège une ville entreprenait d'en-

sicre, ni sur le b.itcau envoyé au débarcadère. L'officier anglais ne s'est prévalu de sa qualité prétendue de parlementaire qu'au moment oii il est tombé dans une embuscade par sa propre mégarde, en s'éloignanl de sou embarcation.

w Finalement, nous le demandons, a t-il élc envoyé régulièrement par un commaniant en chef anglais ii un commandant eu chef russe? Nullement. Il s'est dit chargé par le capitaine Faushaxve de communiquer avec le peuple de liaiigo ou bien avec l'officier subalterne en station au télégraphe. Etait-ce l<à uu vrai message parlementaire, comme le droit des gens le veut, régulier, légal, avoué? Rien ne pouvait lui donner ce caractère, sous les circonstances données qui ont fait tomber cet officier encre les mains du détachement de troupes par lequel il s'est laissé surprendre ii l'improviste, sur notre territoire où il a mis pied en ennemi sans eu avoir demandé, ni attendu , ni obtenu la permission.

» Notre intention n'est point d'aggraver aux yeux de ses chefs le tort de cet officier. Chargé d'une commission hasardée, compromettante, mal conçue, il en a 7)orlé la peine en tombant au pouvoir d'une force supérieure en nombre, dont il ignoiait la présence. Entouré de toutes paris , il a subi le sort des armes. Prisonnier de guerre, l'uniforme qu'il porte le rend inviolable. Parlementaire non avoué, il ne l'était point, selon les lois de la guerre. Le drapeau blanc, à nos yeux, est trop sacré pour qu'on le fasse descendre, en le dégra-

TS

(laiit, an point de couvrir de sa protection abusive un stratagème i|iulcciujuc, soit sur mer, soii sur terre.

" L'empereur, en défendant son ]iays contre une agression eunemie ipi'il n'a point provoquée, soutient loyalement la diguilé de sa cou- (inne et l'honneur de la Russie les armes à la main, de bonne guerre, I l'aide de Dieu. Si l'ennemi use d'artilice, il nous appartient d'en r 1 (iiiiner l'cfl'et par tous les moyens en notre pouvoir, conformément 1 la loi des nations. Nous venons de le faire à Hango. Nous le disons \)'it haut, libre à l'ennemi de regretter son nou-succès, lorsqu'il voit éeliouer une entreprise qu'il crojait pouvoir tenter impunément sous l'abri du drapeau blanc. Mais ce qui ne lui est point permis, c'est de se venger de son échec par un langage injurieux, en accusant la Russie d'avoir enfreint les lois de la guerre, tandis qu'il est le premier à 'es transgresser en dépassant la limite de ce qui est légitime et justiliable de bonne guerre.

i; Un pareil laugage insultant n'a pas besoin de réplique. Il en est Je même de la menace de représailles que nous avons eu le regret

villages inoffensifs, et que ses officiers n'avaient jamais fait usage d'un pavillon parlementaire autrement que dans un but légitime. Le capitaine Wardcn, de l'Ajax, auquel on reprochait d'avoir détruit des b.àtiments à Nysladt, en vue des iles eu dehors de Raumo, se justifia en disant que les habitants avaient provoqué ces rigueurs par des actes d'hostilité. Fort de tant de témoiguagcs, l'amiral Dundas écrivit au prince Dolgorouky, accusa les rapports russes d'iuexaclitude, et ajouta qu'il était forcé de conclure qu'on n'avait pas reculé devant le mensonge pour pallier les atrocités commises a Hango, qu'il eût été impossible d'atténuer par d'autres moyens. Le prince Dolgorouky répondit, le 25 juillet, que les informations les plus détaillées avaient été remisesau gouvernement danois, dont l'Angleterre avait réclamé l'intervention officieuse; qu'il était constant que le lieutenant Geneste était descendu à terre sans attendre que sa qualité de parlementaire fût légalement admise et reconnue par les autorités; enfin que la discussion devait être considérée comme fermée.

L'affaire en resta là. En raison du retenlisscmcnt qu'elle a eu,

illc de lord Kaplnu.

lientendre proférer au sein du parlement anglais. Sans preuve légale, iii- vérification, sur la parole d'un matelot, aujourd'hui démenti par I ■ témoignage de l'officier qui le commandait, nous avons été frappés u'ctonnement qu'on prononçât le mot de représailles, et cela dans un moment oit la presse anglaise publie les méfaits commis à Kertcli sur une population sans armes. »

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