CHAPITRE XXXII
Premièro dépèche militaire du g"n(^ral Simpson. — Travaux du siège. — Cavalerie anglaise. — Lettre du sultan Abd-ul-Medjid — Changements dans les conimnndemrnts. — Sortie du C juillet. — Thi âtro du cannp. — Mort du lieutenant colonel Vice. — Ordre du jour du prince Gortsctiokolf. — Mort de l'amiral Nakhimoff. — Mortiers à la Cohorn. — Imprudence d'un touriste. — Accouchement d'une cantiniere. — La fidèle Ecossaise.
Reprenons maintenant le journal du siège, d'après des correspondances d'officiers et de soldats français.
SO juin. — Lenouveau commandant de l'armée anglaise vicntd'envoyer à lord Panmure une première missive, qui, malheureusement, ne nous promet pas de résultats immédiats :
» MoNSIECIl ,
Devant Sébastopol, 30 juin.
«Dans cette dépêche, la première dépêche militaire que je vous adresse, je ne sache rien de nouveau ou d'important à annoncer à Votre Seigneurie. En ce qui concerne les progrès du siège, on n'a encore en vue aucune grande opération, mais nous sommes occupés à réparer et à perfectionner nos ouvrages pour être prêts ii agir avec les Français quand leurs approches vers la tour Malakolï seront complétées.
1) L» 13" régiment d'infanterie légère est arrivé, et est débarqué ce matin à Balaklava. 11 y restera, quant à présent, pour concourir au service de la place.
)> James Simpson, lieutenant général commandant. »
l" juillet. — La proximité des ouvrages de l'ennemi ne permet pas d'ouvrir la tranchée pendant le jour; ce n'est que de nuit que nos travailleurs peuvent agir Or, dans celle saison, les nuits sont fort courtes et, de plus, il y a précisément clair de lune. C'est à peine si pendant deux heures sur vingt-quatre les travaux peuvent être pousses activement. Pourtant il fai)t que nos parallèles soient conduites à une distance telle des fortifications de l'ennemi que nos colonnes d'attaque n'aient pas à franchir sous la mitraille plus de cinquante à soixante mètres.
Dans les camps au bord de la Tcherna'i'a comme dans ceux du côté du siège, l'état sanitaire s'est un peu amélioré. Il y a cependant encore un grand nombre de cas de choléra , et il existe une influence cholérique qui affecte la plupart des soldats plus ou moins gravement. Aussi, malgré de constantes évacuations sur Constantinoplc, les ambulances des divisions sont toujours pleines de malades.
Il avait été question, il y a quelques jours, d'envoyer toute la cavalerie française sur la rive droite de la Tchernaïa pour aller camper à Vermoulka, dans le voisinage des belles prairies aux environs, qui seraient d'une si grande ressource pour nos chevaux ; maison n'a pas jugé les positions qui dominent la vallée suffisamment à l'abri d'une surprise des Russes. Or, tant qu'il sera question d'une nouvelle tentative contre la tour Malakolï, nous ne pouvons envoyer à une trop grande distance nos divisions d'infanterie de l'armée d'observation. On a donc dû , pour le moment , renoncer à ce projet.
De nombreux renforts de cavalerie anglaise viennent d'arriver. Cette arme a été divisée ainsi qu'il suit :
1" brigade, de grosse cavalerie, composée du 1" , du 4« et du 5' régiments de dragons légers, du 1", du 2« et du fi« dragons sous les ordres du colonel Lawrence.
2"= brigade, de cavalerie légère, composée des 2«, 4", 13° et 16° régiments de hussards et du 12"= lanciers venu des Indes, sous les ordres de lord Georges Pagct.
3' brigade, composée des 3», 8«, 10"^ et 1 1° hussards, et du 1T° lanciers, sous. les ordres du colonel Parlcby.
La cavalerie forme un elïectif d'environ 5,G00 hommes, et lorsque les escadrons seront au complet, elle s'élèvera à 8,000 hommes. Placée sous le commandement en chef du major général Yorke-Scarlctt , elle campe dans les environs de Camara et de Tchorgoun.
2 /ui//e(. — Le sultan Abd ul-Mcdjid a fait parvenir aux alliés deux lettres par lesquelles il les félicite de la constance et du courage
'ils déploient devant Sébastopol. Celle qui est adressée au général iiisier a clé mise à l'ordre du jour de ce matin,
'I MoNSIEDR LE COMMANDANT gÉnÉrAL,
" Je désire vous offrir, à vous et à la brave armée placée sous vos orilres, et que l'empereur, mon auguste et intime allié, a destinée à i.i défense de ma cause, un témoignage public de ma haute satisfaction et mes félicitations sincères pour les nouveaux faits d'armes que viiiis venez d'ajouter à tant d'actions d'éclat qui ont couvert de gloire Ic^ troupes alliées, combattant pour une si juste cause, et bravant avec intrépidité les riçueurs d'un climat sévère.
» Le 'sang versé sur le champ de bataille pour la défense de cette oiMçe , qui est devenue aujourd'hui le gage du maintien de la légalité m Europe, aura certainement le résultat précieux pour l'avenir de
':nir des nations faites pour s'apprécier, de cimenter leur alliance,
■ la sagesse des cabinets avait combinée, par des liens indissolu- " ^: car la sympathie toute-puissante des peuples est 1 alliance la plus naturelle el la plus légitime.
« Soyez persuadé que l'admiration que j'éprouve pour la bravoure guerrière et morale des héroïques soldats de la Crimée se communique aujourd'hui a tous les peuples que Dieu m'a confiés, et dorénavant nous ne pourrons faire de distinction entre aucun des soldats qui combattent pour la cause commune.
i> Le monde entier a les yeuï sur les enfants de ces grandes nations alliées qui combattent côte à côte pour la gloire de leur pays. Je ne doute pas que les mêmes soldats qui ont fait leurs preuves sous le valeureux général Canrobert, et qui continuent si brillamment sous votre commandement , n'obtiennent bitniôt avec leurs frères d'armes, par une victoire définitive, les lauriers que mérite leur courage incomparable à surmonter tous les dangers, toutes les souffrances. Je suis fier de voir mes soldats associés a cette gloire pure et sainte.
» Je charge mon aide de camp général Ethem-Pacha, de vous remettre cette lettre, et de porter à votre armée l'expression de ma gratitude. Le sentiment d'affection qu'éprouve pour eux mon cœur est d'autant plu» vif que la nation à laquelle ces braves soldats, dont les actions de valeur fixent l'attention générale, appartiennent, est la plus -ancienne alliée de mon empire.
■■> Je prie Uieu de vous accorder les succès les plus glorieux, et de vous avoir en sa sainte et digne garde.
» Au palais de Tchéragan, le 12 schewal 1?71. •
L'autre lettre devait être remise à lord Raglan, mais elle est arrivée quelques jours trop tard.
« MnoRD ,
» La reine, mon auguste et intime alliée, vous a envoyé pour la défense de ma cause, qui, étant aussi juste que légitime, devient la cause de tout le monde civilisé.
n Vous et la brave armée qui est sous votre commandement vous avez répondu à l'attente de votre pays et d j mien. Vous avez mérité l'admiration générale par vos exploits glorieux sous un climat éprouvant.
» Les nouveaux faits d'armes que vous venez d'ajouter à tant d'actions d'éclat effectuées en Crimée, ensemble avec mes soldats, que j'ainie à l'égal de mes enfants, me donnent l'espoir d'un résultat définitif et très-prochain, qui sera aussi glorieux pour ces grandes nations alliées que le commencement de la campagne.
" J'éprouve un sentiment de contentement d'autant plus pur, qu'une chose aussi terrible que la guerre aura servi à réunir mes peuples avec les plus grandes nations de l'Occident par des liens indissolubles.
" Tant que le noble moteur delà gloire fera battre le cœur humain , ceux qui ont lutté d'émulation fraternelle, ceux qui ont mêlé ensemble leur sang sur la terre étrangère, n'oublieront pas des compagnons qu'ils considèrent comme leurs frères. Ce qui était jusqu'ici un fléau pour l'humanité aura donné le satisfaisant résultat de rapprocher les peuples dont les gouvernements étaient déjà alliés; cette !; erre portera le germe d'une paix durable et riche en fruits salui .irrs entre des nations qui méritaient de s'apprécier.
. Désirant offrir aux braves combattants de la Crimée une preuve iua vive satisfaction, un témoignage public de ma gratitude, je is de charger mon aide de camp général Elhem-Pacha, de vous ifttre cette lettre. J'aime à croire, Jlylord , que tous les braves
■ icrs et soldats qui sont placés sous vos ordres seront persuadés nous ne ferons de distinction entre aucun des soldats qui comitit pour la cause communf, et que l'affection que je leur ai vouée ive «le l'écho dans le cœur de tous les peuples de la Turquie, qui I nt à reconnaître en eux les plus anciens allié-i de mon emp.re.
• Je prie Dieu de vous destiner aux succès les plus glorieux el de vous avoir en sa tri^s-sainte garde.
i> Au palais de Tchéragan , le 12 scbexcal 1 27 1. «
6 juillet. — Il y a eu cette nuit une petite sortie de? Russes qui a réussi, parce qu'elle nous a prisa l'improv ste. Cent vingt volontaires
et trois compagnies du régiment de chasseurs d'Okhotsk sont venu» démolir des logements inoccupés, situés à peu de distance du mamelon Vert.
7 juillet. — Chaque jour des fourneaux de mine éclatent, et endommagent les l'gues avancées des Russes; mais parlois ceux-ci donnent avec succès le camouflet aux entonnoirs des assiégeants.
8 juillet. — Le théâtre français d'Iîikermann a repris le cours de ses représentations. La salle est établie en iilcin air, entourée d'un mur en pierre à hauteur d'appui, et écl.iirée par deux lanternes de papier, qui se balancent à l'extrémité d'une perche. Les sièges sont des gradins en terre dispersés en amphithéâtre, la scène est une baraque de bois ouverte d'un côté, et dont l'entrée n'est permise qu'aux acteurs et aux oflicivrs.
Il y a à la porte un tronc pour les blessés.
Ce spectacle attire beaucoup de monde, bien que la voix des acteurs soit fréquemment couverte par le bruit du canon. On y a joué avec succès la Permission de dix heures et la Question d'Orient. Le programme de ce soir porte que MM. les amateurs donneront Fingo, cliansonnetie comique; le Garçon de chez 1 eri/, vaudeville en un acte du Palais-Royal; une chansonnette comique, par un amateur; les Anqlaiies pour rire, vaudeville en un acte; les Oiseaux du Poêle, romance; tes Deux Sans-Culolles , pochade non politique en un acte. Le rideau sera levé a huit heures.
9 juillet. — La première division , qui campait sur les bords de la Tcherna'i'a, est relevée et mise en première ligne au siège de droite, sur la demande expresse du général Canrobert.
Quelques modifications ont eu lieu dans le commandement des divisions françaises :
M. le général de division Faucheux est nommé au commandement de la :i" division d'infanterie du 2' corps de l'armée d'Orient.
M. le général de division de la Motterouge est nommé au commandement de la 5' division d'infanterie du 2° corps de l'armée d'Orient.
M. le général de brigaile Duprat de Larroquette est nommé au commandement de la 'i' brigade de la 4' division d'infanterie du I" corps de l'armée d'Orient, en remplacement de M. le général Duval, rentré en France.
M. le général de brigade Latrille de Lorencez est nommé au commandement de la 1" brigade de la 5' divi^ion d'infanterie du 2^ corps de l'armée d'Orient, en remplacement de M. le général Cœur, rentré en France.
M. le général de brigade Manèque est nommé au commandement de la l''' brigade de la 3' division d'infanterie du 2' corps de l'armée d'Orient.
M. le général de brigade Sencier est nommé au commandement de la 1" brigade de la l" division d'infanterie du corps de réserve de l'armée d'Orient, en remplacement de M. le général de Marguenat, rentré en France.
10 juillet. — Le lieutenant-colonel Vico, qui avait été attaché à l'armée anglaise en qualité de commissaire-adjoint , ii la fin de mai 185*, est mort ce soir victime de l'épidémie. Il n'avait pas été, jusqu'au moment de sa mort, éloigné de ses fonctions pendant un seul jour. A Varna, où régnait le choléra et où il emportait des centaines d'hommes; au débarquement des armées alliées en Crimée ; au Bulganak, oit son collègue, le lieutenant-colonel de Lagondie, fut fait prisonnier, époque depuis laquelle il est resté seul chargé des communications entre les quartiers généraux anglais et français; ii la bataille de l'Aima; à celle de Balaklava; au sanglant combat d'Iiikcrmann, enfin dans tous les endroits et dans toutes les occasions où il pensait que SCS services pouvaient être utiles, on était sûr de trouver le lieutenant-colonel Vico.
1 1 juillet. — On nous communique un nouvel ordre du jour du prince Gortschakoff. Cette pièce, qui a été lue le 10 juillet à la garnison du fort du Nord et à toutes les troupes qui occupent le sud de Sébastopol , est une preuve de l'habileté avec laquelle la politique moscovite exploite les croyances religieuses de la nation.
• Dans les temps des plus anciennes guerres des Rouet, des archiprètres et d'autres ecclésiastiques de l'Eglise orihodoi» «pt toujours béni nos troupes qui s'armaient pour la défense de la patrie, (^ctte bénédiction qu'appelait la présence des saintes images au milieu de nos régiments, était la source de tous nos succès contre l'ennemi du pays. Ainsi l'image sainte et miraculeuse de la sainte Vierge, mère de Dieu, de Smolensk, a donné, par sa seule présence à l'armée, une suite de victoires à nos armes, et conduit nos soldats de Moscou k Paris.
)> Maintenant que tous nos compatriotes prient avec ferveur pour nous. Son Emineiicc le métropolite Philaret de Kijeff, à l'exemple des temps anciens, vient de bénir les troupes confiées à mon commandement en tirant des catacombes de Kijeff la sainte el miraculeuse image, qui représente l'ascension de la mère de Dieu, notre céleste intercesseur, el qui, dans les temps reculés, a été conférée par la mère de Dieu à ce temple comme gage de la protection éternelle qui est accordée il la Hussie orthodoxe.
" Par disposition parliculierc de Dieu, l'arrivée de la sainte image a eu lieu simuUanémeiit avec celle de Sa Haute Eminciicc InnoUcuti, archevêque de Kherson et deTauride, que les dangers de la guerre
HISTOIRE DE LA GDERRE D'ORlE.\T.
u'oul |).is empêché d'aller visiter son troupeau, et de bcuir les troupes qui (Icfcndcnt Srbastopol avec tant d'Iiiîroïsme.
» l.e s lie ce mois, Sa Haute Eniiiience a dans la ville assiégée, peuiUiiit que le canon de l'ennemi ijrondait , consacre par l'eau bénite les troupes venues de la garnison et des forts; il les a bénies avec l'imagi; sacrée, et il leur a soubaité en paroles éloquentes des succès nouveaux et la victoire.
» Dans la ferme conviction que le cadeau remis ;i la ville de Sébaslopol reproduit le saint et miraculeui tableau de l'ascension de la mère de Dieu, qui se trouve dans les catacombes de Kijcfï, et (|ue la béoédictioM de nos arcliiprètres sera pour nous des gajjcs de nouveaux triomphes, ralïermissons-nous, vaillants camarades, par la pensée que notre cause est juste, et que l'empereur et la patrie fondent s'.ir votre héroïsme cl votre inflexibilité un espoir justilié.
» Le commandant en chef, prince Gortsciiakoff H. u
a juillet. — L'amiral russe NakliimoT (Paul S'épanoxvitch) était
sifflement particulier aux bombes. 11 est d'autant plus dangereux. Il y a quelques jours, un capitaine d'infanterie ant;laise , étant de garde dans les tranchées, avait suggéré à l'officier d'arlillerie commandant la batterie l'idie d'employer les mêmes armes. On est donc allé prendre dans une batterie éloignée une couple de mortiers h la Cohorn; mais hélas! on s'est rappelé, au moment de s'en servir, que les munitions destinées à ces sortes de pièces étaient restées à Balaklava.
Il arrive des masses d'hommes et de matériel ; c'est vraiment prodigieux. Il y a des emplacements grands comme une ville entièrement couverts de chevaux, de pièces, de chariots de toutes sortes, d'emnns de toutes formes. Les campements des différents corps occupent" un espace de dix lieues. Rien de plus beau à voir que celte multitude de tentes fuyant dans l<-s ravins, s'échelonnant sur les coteaux, fuyant dans tous les horizons. Ici, ce sont les régiments de la garde, tout près du grand quartier général. Cette halle troupe se rciiiel des falidu'-s cl lies énr»iiv!.s des .lernières aPTaires. Les bataillons de volli-
Mort de l'amirul riachimott.
.. Alors un boulet frappa un sao rempli do saole à côté de lu'; sa suite réitéra les instances;
mais il ne bougea pas de place, disant à demi voix : Ils ajustent bien.
hier au ;oir dans l.i leur !M.;!akGlT. Un boulet frappa un sac remp'i de sable b côté de lu:: ks gens qui l'accompagnaient l'engagèrent à se retirer, mais il ne bougea jias, et se couteuta de dire à demi-voix : n lis ajustent bien! x Quelques minutes après un second boulet le frappa ii la tempe.
L'amiral Aakliinioff était sorti d'une famille bourgeoise d'Ekatcrinoslaxv, où son frère est maître de pension. Jeune encore, il av.iit été envoyé en Angleterre avec deux officiers de marine pour étudier le système de construction et d'armement adopté par la marine. Au retour de cette mission, qui dura cinq ans, il avait été placé par Aicolas I" à la tête des élablissements de construction de IVikolaïelï. Les hautes dignités militaires dont il était investi au moment de sa mort prématurée n'étaient que la juste récompense de son courage et de ses capacités; mais on lui reprochait avec raison le bombardement de Sinope.
Nakhimoff était adjoint du chef de la garnison pour la marine, gouverneur militaire de la ville, et commandant du port de Sébastojiol. Il est remplacé parle contre-amiral PanfilolT.
li juilUt. Dans ces derniers temps, les liusses se sont beaucoup str>is de petits mortiers à la Cohorn, i» l'aide desquels ils inquiètent cl dérangent nos tirailleurs. Celte espèce de mortier se décharge )ircsque sans explosion, et le projectile vous arrive au milieu d'un groupe d'hommes sans annoncer sa présence par la traînée et le
geurs qui ont si larrjement paye leur dette i» la prise des embuscades le 22 mai, et à la Quarantaine, comblent leurs vides et se réorganisent.
Malakofl est certainement la grande affaire, mais il ne s'ensuit pas que If s autres points de l'attaque soient poussés moins vigoureusement. La Quarantaine et le bastion Central méritent bien quelque altcnlion.
Dans le cimetière russe que nous occupons, nous avons construit quatre batteries de pièces de 30 et d'obusiers de 80 prèles par la marine. Malgré tout le regret que nous en avons éprouvé, force nous a été d'employer les inatéria'jx qui tombaient sous la main de nos soldats, qui ont trouvé a simplilier et à perfectionner leur travail au moyen des plaques des tonibes, des pierres funéraires, des cyprès, etc. Les croix tombées sous les boulets sont ramassées soigneusement, et nos ariilleurs s'en font des abris contre la mousquclerie. Dans la chapelle, qui se trouve située en arrière, on a établi un posle de la légion étrangère pour garder la batterie en cas de sortie.
La distance du cimetière aux remparts n'est que de deux cent cinquante mètres. Devant le bastion du Mât, elle n'est que de cent cinqiianle mètres; aussi la mitraille est-elle prodiguée départ et d'autre avec une incommode libéralité.
Du cùic de Malakoff et du Carénage on place en batterie des pièces d'un énorme calibre, principalcinent destinées i» battre le Redan et
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