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CHAPITRE II

ProclamalioD de Uonn de Valois, roi de Pologne. — Les Pacla convenla. — Henri quitte le siège de la Rochelle , et arrive à Paris pour y recevoir les ambassadeurs polonais.

Ce fut le 14 mai 1.^73 que le primat proclama i trois reprises le duc d'Anjou roi de Pologne et grand-duc de Lilx'anie : ses ambassadeurs jurèrent et signèrent les articles suixants :

« Le roi ue doit ui nommer ni choisir de sou ^vanPle successeur

» à la royauté, ni pour cette l'ois convoquer la diète, ni favoriser )) personne, ni eu faire mention sous quelque prétexte que ce soit, » pour qu'il soit toujours loisible aux états assemblés d'élire un u nouveau roi a la suite de la mort du premier. Le roi ne portera pas i> le titre de maitre et d'héritier, usité jusqu'à Sigismond-Auguste. » Le roi maintiendra la paix avec les dissidents en religion; il ne u déclarera pas la guerre, il n'appellera la noblesse à aucune expé- » ditioii générale; il n'inposera pas d'impôts, il n'instituera pas de

• nouvelles tailles; il n'enverra pas des ambassadeurs aux cours » étrangères sans le concours des états de la république. Eu cas de » partage d'avis pendant les délibérations du sénat, le roi s'associera a a celui qui sera le plus confoinie aux lois et aux avantages de la >i nation. Il aura à ses côtés un conseil permanent, composé de sc-

• nateurs , qui seront changés tous les six mois; pour cette fin, il i> sera destiné de diète en diète seize sénateurs, savoir : quatre évè-

• ques, quatre palatins et huit castellans. Les diètes générales seront u convoquées tous les deux ans, et même plus souvent, selon l'ur- « geiite nécessité de l'Etat. Les diètes ne dureront que six semaines. u Les charges, les dignités, les starosties et les terres royales seront u conférées aux indigènes et non aux étrangers. Le roi ne pourra ni i> prendre femme ni divorcer à l'insu et sans le consentement du » sénat. En cas que le roi dérogeât aux lois , à la liberté , aux conu ventions , aux articles et au serment , les citoyens seront par là » même déliés de la fidélité et de l'obéissance jurées par eux. «

Telles furent les conditions imposées aux rois électifs, qu'on appela pacla cunvenla, et dont il est si souvent question dans l'histoire de Pologne. Leur origine remonte à l'année 1339, car alors le roi Kasimir le Grand obtint des Polonais que Louis de Hongrie, issu de la soeur de Kasimir, lui succéderait en Pologne; à cette occasion ou dressa aussi des conditions ou pactes qui liaient cet héritier présomptif; mais les pactes de 157 3 furent beaucoup plus explicites et plus restrictifs de la royauté polonaise.

Outre ces conventions générales , chaque roi s'engageait à remplir les obligations spéciales; ainsi on convint n que la France équipe- )) rait une flotte pour rendre les Polonais maîtres de la mer Baltique » et leur redonner le port et la ville de Xarva ; que, dans le Cris u d'une guerre avec les Moskovitcs, elle leur fournirait quatre mille Il hommes de ses meilleures troupes; que Henri, tant qu'il vivrait, » ferait passer tous les ans en Pologne 'iSO,00(; florins de ses revenus, u et les consacrerait uniquement au bien du royaume; qu'il acquit- )/ terail les dettes d'Etat contractées du vivant et après la mort de u Sigismond-Auguste ; qu'on admettrait aux écoles de Paris cent >i jeunes Polonais aux frais du gouxerntment. «

Lorsque tout cela fut convenu, une brillante ambassade polonaise fut envoyée à Paris pour y chercher le nouveau roi. De son côté, Henri, informé de son élection, quitta le siège de la Rochelle et revint à Paris jiour y attendre l'arrivée de cette ambassade.

De tout temps avaient existé des relations jilus ou moins directes entre la Pologne et la France, mais depuis 1 élection du roi Henri elles sont devenues intimes. La publication actuelle, tout en s'occupant de l'histoire générale de la Pologne, a néanmoins pour but de relater surtout ces relations entre les deux pays, et à ce titre nous donnons ici une bien curieuse description de l'arrivée et du séjour des ambassadeurs polonais offrant la couronne au roi Henri. Cette description a d'autant plus d'intérêt qu'elle a été faite par un témoin oculaire; nous conservons donc le style de l'époque, pour ne rien ôtcr au charme de la vérité.

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