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CHAPITRE XVIII

Nouvelle campagne contre les Moskovitcs. — Victoires de Ciarnicçki. -- Prédictions du roi Jean Kasimir sur U-s partages futurs de la Pologne. — Mort de

HISTOIRE DE POLOGNE

Clara. cçki. — Abdicalio.i du roi Jean Kjsimir; son départ pour la France, sa mort à Nevers. — Mausolée du roi à l'église de Saint-Germaio des Prés, à Paris.

1,'arnu'c polonaise, en quittant le Danemark, rentra en Pologne avec lie i;lorieu\ trophées; mais à peine est-elle au sein de ses foyers, qu'un ennemi plus implacable, plus barbare que celui qu'elle venait lie combattre , l'appela de nouveau au combat. Les Moskoviles élaienl au Cd'ur de la Litvanie et campaient à Polonka, près Slonini. (^zarniecki et Sapicha n'avaient (|uc liuit mille hommes de troupes; mais ce'" troupes aguerries et pari'ailement organisées complent pour peu l'inlériorité du nombre , et le îfi juin ICOO , ils se jettent au-devant des iMoskovites , dont l'armée était forte de trente mille hommes et

L'armée, qui se scnlait forte de son courage cl de son patiiolisnie , se révolta. Le roi tenta un dernier elTort, et dans la séance de la diète du 4 juin IGIII , il prononça avec une émotion profonde le discours suivant :

. Dieu veuille i\nc je sois un faux prophète; mais je vous dis que 1) si vous ne remédiez pas au mal , si vous ne réformez pas vos élecu tions prétendues libres , si vous ne renoncez pas à vos privilèges 1) personnels , la république deviendra la proie des nations étrangè- )) res , les Moskovites s'efforceront à détacher les terres russiennes et u le grand-duché de Litvanie, jusqu'au Bug, au j\are« et peut-être )) jusqu'à la \\ islulc. L'expectante maison de Brandebourg voudra • s'emparer de la Grande-Pologne et de la Prusse- polonaise. L'Au- » triche, voyant les autres se partager vos dépouilles, se jettera sur

Ktienne de Czarnca-Czarnieçki (1599-;- 16

munie d'une formidable artillerie. Rien ne résiste ii l'intrépidité des Polonais , quarante canons, cent quarante-six drapeaux, la caisse, tombent en leur pouvoir. Dans ce mémorable combat, quinze mille Pvusses sont tués ou faits prisonniers. Khavanskoï, général en chef russe , se sauva jusqu'à Smolensk. Le lendemain (^zarnieçki dégagea Lachowiczé , vaillamment défendue par Michel ludyçki, et poursuivit les IMoskovites jusqu'à iMohylew sur le Dnieper, et vint ensuite assiéger Polotsk, qui était encore au pouvoir du tzar.

A la même époque, Stanislas Potocki et Georges Lubomirski battaient les Moskovites et leur allié (icorgesCbmielnicki , en Wolynic, en F'odolie et en Ukraine, oit trente-sept mille Moskovites et Kosaks furent tués , dispersés , et leur généralissime ScbérémétiefI' fait prisonnier.

La diète de AVarsovie du mois de mai ICBl s'ouvrit cette fois sous d'heureux auspices, parce (|ue Czarnieiki obtint la starostie de Tykocin ; c'était le moins qu'on pouvait faire pour ce grand homme. Mais quand le roi demanda des fonds pour continuer la guerre, la diète fut inflexible, et montra son indifférence pour la chose nationale.

« Krakovie et les palatinats voisins. Chacune de ces puissances pré- >i férera envahir une portion de la république que de la posséd'er 1) tout entière avec vos libertés d'aujourd'hui ! )>

Ces avis salutaires, loin de calmer les esprits, amenèrent de nouveaux désordres; l'égoïsme des grands s'irrita et taxa de despotisme les avertissements du roi. Les confédérations militaires devinrent plus insolentes. Les !\loskovites, profitant de cette anarchie, envahirent de nouveau VVilno, Koxvno et Grodno.

Malgré l'épuisement du trésor, le roi, auquel se joignirent les patriotes dévoués, organise une armée. Czarniecki en prend le commandement, va au-devant de khavanskoï, campé à Glcm))okié, l'attaque le G novembre Ifilil , le bat et le repousse jusqu'à Polotsk; puis il revient sur ses pas et délivre AViIno, Kowno et (irodno.

Après ces victoires , la diète de \\ arsovie de 1CG2 accorda une capitation extraordinaire dite subuidium charitativum ; on paya en partie les arrérages aux troupes.

En lG(i3, le roi entreprit une nouvelle expédition; ayant sous ses ordres Czarniecki, Sobieski, Paç et autres chefs habiles, battit le«

HISTOIRE DE POLOGNE

Tatars et les Kosaks à Podhaycé , entre Halicz et Tarnopol , puis il franchit le Dnieper à Kiiow,"et reprend aux Moskovites et à leurs alliés les Kosaks dii-sept villes situées entre le Dnieper et la

Vorskla. , , . , „-., ^

La présence du roi Jean-kasimir étant nécessaire a Wilno, l^zarniciki le ramène par MoUilew jusqu'à .Minsk, revient de nouveau sur "le Dnieper, parcourt incojinito et à cheval la krimée et la Bessarabie , afin de gagner les Tatars et les Kosaks à la cause de la Pologne, revient en Ukraine, oii il maintint la tranquillité en 16ci4 et IliCâ. . , . .

Cependant les fatigues, les luttes et les chagrins brisèrent ce corps de 1er, cette ^mie sublime et indomptable; Czarnieçki devint malade. On le transportait k O.arnca, dans le palatinat de Sandomir, lieu de

supplièrent de ne pas le faire; mais il fut inébranlable. Le 27 août )C68 , le roi ouvrit la diète à Warsovie, et le IG septembre il prononça un discours touchant et déposa le sceptre et la couronne. 11 se retira en France en 1009, oii Louis XIN' lui donna l'abbaye de Saint- Germain des Prés et celle de Saint-Martin de devers. C'est là qu'il mourut le 10 décembre 1672. Son corps fut transporté à Krakovie, et son cœur fut déposé au fond du mausolée élevé dans l'église de Saint-Germain des Prés à Paris. Un bas-relief en cuivre d'un beau travail, représentant la mémorable bataille de Beresteczko de l6.il, orne ce mausolée. Lorsque la terreur de 179.3 détruisait les monuments des premiers rois de France élevés dans cette même église, elle respecta la statue de Jean-Kas'inir parce qu'il était Polonais!

Jean 111 Sobieski (1624t<605,

sa naissance : arrivé à Sokolowka , près de Dubno sur le Styr, sa maladie s'aggrava. C'est là qu'il reçut le bâton de grand général de la couronne ( connétable. ) En le recevant il prononça ces paroles : « ]Vavais-je pas prédit plus d'une foisqu'on me ilnnneraitce titrequand a je ne serais plus en état de le porter ! N'importe; si j'en reviens , 1) je m'en servirai pour la défense de la patrie, on en déposera les 1) insignes sur ma tombe ! • Après quelques jours de souffrances, le célèbre guerrier, le patriote par excellence, expira à l'âge de soixantesii ans.

Jean Sobieski continua la mission de Czarnicçki ; mais la guerre civile, entravant les opérations de Sobieski, força le roi à conclure avec le tzar, à Androssovo, le .10 janvier (G67 , une trêve pour treize ans, en vertu de laquelle les Moskovites gardèrent les provinces de Smolensk, de Czerniéchow , et la ville de Kiiow. Cette dernière ville ne devait rester entre leurs mains que pendant deux ans; mais ils ne voulurent plus la rendre. Enfin le roi JeanKasimir, accablé par les événements et désolé de la mort de sa femme, qu'il perdit le Ifi mai 1667 , conçut le projet d'abdiquer. Le sénat et l'ordre équestre le

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