CHAPITRE XXV
Aupisle II pa't pour la Saxe. — Crusut^s de Pierre I" et do ses foldats en Po. 1 .gtie — NOHvelle» linisons entre Ai g ^te et Pierre. — Campagne vir toneuse
de Charles XII en Lilvenie et en W.rlmie. — Ir trig.ps d'AUïuste 11.
Charles XII entre en Saxe en i706. — Trait» d'Ali-Kansladt. — Angu le II renOTe a la couronne dn Pol.'gne et recoin»!! S'aniflas. — Rapines russe en Polcgne. — Manf'Ste du prince MichtI W.pçniuwiski. — chirUs XII q'Mtle l.i Snxe et ..uvre la cin.pHane de Mwk u en 1"u8. — S.in séj ur à
Sniort!Onie et a Radiszk'iWicze. — B'ia lin de Holowrzjn g'gn'e Hnigra-
ph e de M zeppa. — H-taille ce Polt V perdue. — R piincheMient des prophéties relatives a Charles XII et a N<ipoleon 1" en I7U8 et en 1812.
Charles XII, comme nous venons de le dire, avait é'ahli son quartier i;cnéral .i R^wicz. Auj;uste, el'rayc de ce voisinage, pariit en toute bâte de Krakovie pour la Sa^e, afin de faire une levée de troupes et aviser ii la défense de ses Etals héréditaires.
L'alsence d'Augii.Me lui devii.t préjudiciable ; ses partisans se dcco'irjigèrent , et les confédérés de Sandomir déclarèrent, le I l mai 1705, qu'ils s'unissaient aux confédérés de Warsovie eu faveur de Slaniilas l".
Le tzar Pierre I" ne pouvait fas rester indiflercnt à des événements qui menaçaient A gravement sa politique envahissante. Campé sur le tcrnloiie polonais a Polo!,sk-siii-ia-Dz«iiia, il lanci le 3 juillet nos une viol nie proteftaiion contre Stanislas. Puis, voiila-n convcitir il rortl.odoxie schismaiique russe les Grecs unis de Polofiie qui reconnaissent l'autoiité du pape, le tzar pénétia (le i2 jiilïel) avec ta soldatesque s:iuvage dans l'égl'se cathédrale de Polotsk, au moment où les prêtres ehaniaieni l^s vêpres. Pierre I" menace, outrage ces fervents croyants ; il ne sait respecter ni le lieu saii t ni le sacerdoce; il demande, il ordonne que I abjuration, l'apos'a-ie «oit iranicdiatc. Lfs prèlres restent impassibles, et leur foi écale leur courage. Pierre, ne menant plus de bornes a sa fureur, va'^prof.iuer le saint ciboire; un des officiants arrête la main sacrilégp, et alors le tzar tire son épie et en perce le cœur du saint défenseur de ia religion du Christ ! Ucs cris d'horreur et de désespoir relentis.«eni dans l'église , 011 s'agenouille, on prie, et les anus s'élèvenl à Dieu, qui juge et qui sauve ! ^
.^ lires ce crime, le patriotisme des Polonais devint encore plus ardent et leur foi plus vive. Les excès du izar serveni aussi l'accompliss'nicnt des projets de Charles XII. Le 27 juillr^t, la diète de W ar..,ovie signa le i.ouvel : cl ■• de la déchéance d Auguslc. Le i8 aoùl, Ch rl'-s XII campait à Blonié, prés Varsovie. Le IS seplembre, S ani las faisait son entrée eaus la capitale, et le 4 ociobrc s'jccoiuplis.=aii la cérémonie de sou couronncinenl. Enl.n le 2x novembre la rcp blique de Pologne et la Suéde s gnèrent un traité n'a liane.*
Pc dont les év.nements de Warsovie, A.'gusie fut iiivité'par Pierre, qui se trouv.iit à Tykocin en Poclaquie, de se rendre aiipr s de lui. Augus-e se mil secièieiiient en roule, arriva h Tykocin, où ■Us la preiii ère entrevue avec le tzar il fut convenu qu on atlaq'uelaii siniulianément Charles ei les partisans de Stani-las. Selon 1rs diihotiiions prisis, l-s Russes, le^ Saxons joints au\ Poloi a s du p:,rii d'Ai.guMe. attaqueraient d'une pa t 1rs Suédois et de l'iiuire l.s Po- ! liais fidè.es a la c;.use de la naiion. Lr génie de Chiirlcs XII liéi ma e plan des deux criminels alliés, et malgré l'inégalité ues fotces l'svanlag» resta au bon droit. '
• /'î'"'t "V,,"?f'' "'^ Si'-rre tenu à Blonié, le roi Stanislis conseilla a Charlrs XII d entrer en .^axe, car la était N foyer de discorde, la ioi.rcc des maux de la l'olognc. (.harles répondit : .. Le moment n'est ). pas encore arrive, car des que J'aurais lourué le dos, toutes les
» forces ennemies tnmlipraient sur les Polonais. Il faut donc que .' i'ii'lle chercher les Moskoviies; je reenniiaiirai iiar moi-même la " Litvan.c, afin qu'elle sh dichirc pour Slauislas. Au reste, les évë- >i neiiienis ultérieurs m'indiqueront le meilleur pani à prendre. »
Le 8 janvier 17(0 Chirl s et Stanisbis quittent Warsovie a la têle de vingi mill- Siiédo-Polonais, franchissent le Hiig, battent .Meiisi hikoff. s'emparent de sa caisse n.ili aire, passent près de Giodiio, d'eu les Russes s" sauvent, ci arrivé à K:imionk:i, Charles adresse le S février ai \ L'ivaniens un manifeste où il dit : « Mes intentions vous " sont déjà connues; l.i Pologne a un roi national; un traité solennel " me lie ii votre patrie; unissez-vous donc à vos Irères, les Polonais, " pour combattre un ennemi commun. Pensez qu'A'igiste se lia avec » le Izar pour l'oppression et le démembrement de votre république. " Je tiens des preuvrs en main qui constatent qi c le tzar n'attend » qu'après le moment de se dire grand-duc de Lilvaiiie. Déjii il " inonde votre pays de ses troupes barbares, il le dév,isie, il outrage " votic religion et votre nationalité. Unissez donc vos eflorts a ccuï • de votre roi Stanislas et aux miens, et profitez des circonstances >• pour accomplir le b en de votre patrie. «
Sur CCS entrefaites Auguste allait de ville en ville pour grossir son parti; il reparut à Warsovie, puis à Krakovie cù il avait encore q lelqiies troupes russes et saxonnes ; puis il alla jusqu'à ÎVoxvogrodek tn Liivanie. .Mais tous ces voyages furent inutiles, car Charles XII parcourait la Liivanie, la Wolynie et partout on se déclarait en faveur de Stanislas.
.\iiguse, qui était incapable de comprendre un caractère comme celui de ( harles XII, s'imagina que ce prince reviendrait an nord de la Liivanie, en le sichaiit plus que jamais soutenu pir Pierre l". Mais Cinries tint son phn .«i S'Cret qu- personne ne sut de quel côté il allait s- diriger; lorsque le 17 juillet I70G, il quitte spnn aiiément Diibiio en Wolynie, franchit la Wistiile a PulaMy, passe le 5 septL-uib-e la franiiere saxonne , et le vO il établit son quartier général à Alt-Raiistadt , près Leipzig.
f^'uand Auguste pressentit qu'il pouvait p^rjre ses Etats héréditaiies, il envoxa secré;ement des plénipointiaires ii Charles X(l en l'assurant qu'il souscrirail à tomes les conditions qu'il lui plairait de lui imposer. En conséquence un traité fit conclu à All-Ranstadt, le '.'4 septembre l'iOG, ponant en substance : « La renonciation d'Aii- " gusle au t ône de Pologne ; la reconnaissance de Stanislas nour " légiiinic roi ; la renoue aiion à toute alliance avec I-" tzar Pierre; " la délivrance des princes Sobieski ; la remise des prisonniers et dé- » serveurs suédois ou polonais du parti national. »
Auguste s'empres.sa de se rendre en Saie, alla au-devant de Ciiarles XII ; ils se rencontrèreni le 17 décembre, ci depuis ils restèrent CI bonne harmonie. Le 22 dccembie les princes Sobieski fureni rendus à la libellé. Enfin la France, l'Angleterre, l'Espiigne. l'.A lemagne, la Prusse et la Turque recoiinureni officiellement Stanislas :oi de Pologne.
Revenons ina'n'erant à la Pologne dont les maux se sont encore aggravés depuis ces neiniers évéï.emenls. Le liésor éait épuisé et les moyens de défense presque nuls ; le pays n'avait donc pour le garder et le défendre que quflqiies troupes polonaises et un corps insiiflisanl de Suédois que l harles y avait laiîsé. Dans cet étal de olioses le tzar pensa que l'occasion éiaii favorable pour tomber sur sa proie , et il se dirigea vers la Polcgue à la tête de soixante mille homm-s.
.\vant cette nouvelle invasion , Pierre lança ses agents qui jetaient des brandons de discorde iianni les nobles polonais du parti o'.'\ag.ste, en leur parlant de faire l'élr-ction d'un nouveau roi. En conséquence, le parti anti-iialional se forma en confédération sous la jjrulec iim de Pierre !
Les confédérés s'assemlilèrent à Lublin pour ouvrir la diète, le 23 mai 17 07. Cette diète formée d'éléments russes, et agissant sous la pression du tzar, ne pouvait amener que des désastres. Le tzar irioutphait en voyant l'inuiiliié de ces séances, et il voulait les prolongi r afin de se donner le temps de mettre s-^s projets à exécution. P iidiut que les nonces s'i.gitaicnt dans la confusion, Pier-e donnart orlrc a S' s généraux de ravager indistinclenn-nt les châteaux, et d'opprimer ses amis comme Srs adx'ersaires. .\lors bs curiosités d'art, les billicthiqucs, les tableaux, les statues qui omnienl les châieaux, jusqu'à. .X orn-menis des églisrs, tout f.a enlevé A Warsovie, Mens liikoT, après avoir fait elT.icer dans le château royal les souvenirs hiatoiiquis qui rappebiiciii l'.'licieniie gloire de la Pologne, lit enlever les au:res ricbessesi et les envoya so s escorte à .Moskou et k l'élersbourg. C'est avtc les dé; oiiilles de la Pologne, enlevées à celte époque ou plus tard, aue se formèrent les cabinets d'art ou de curmsilés de cette nouvelle cap taie de la R issie I
Le Izar en aécliaiiianl ses fureurs mentait à ses précédentes déclarations, lorsqu'au moi» de juin il publia un manifeste violent contre le prince Michel Wisnioxvieçki , vice-grand général de Litvanie. Le piiKC, qui avdit été si çoiiiablc en soulciiaiil I' parti d'.Vugiiste et de Pierre, ouvrit enfin les yeux et confessa ses torts dans une déclaration qu'il publa à W iliio au mois de juillet 1707. ("elle pièce est d autant plus renianjuablc qu'elle émane d'un personnage qui avait expérimtuté les liommes et les choses; cette pièce reste à jamais
HISTOIÙE OÈ POLOGNE.
comme une jjrande et tciTiMe leçon pour les sénérations présentes et Ijlnres !
Wisiiiowicçki , après avoir proteste de ses boiiiiPS iiilentions envers la patrie, et assuré qu'il n'avait point agi par ambition, s'exprime ainsi : " Sans m'éicnlre h^auroup sur les motif" qui m'ont ). déterminé i» embrasser le parti de Si Majesté le roi Stanislas l''', je ji dirai seulement qup je tiens ee parti pour le parti le plus sage et le
plus prudent, et que je rei^arde cet événement comme un des plus u heureux qui aient pu arriver a la patrie. Les seuls (|ui y trouvent » il redire sont ceux qui haïssent la paix, en lui préférant une guerre
> dont ils tirent du proit aux dépens de leurs concitoyens, gens qui .) ne vo eut pas, ou qui ne veulent pas voir les effets qu'une amitié i> trompeuse a produits de tout temps en Pologne.
u Qai osera soutenir qu'une seule des coulitions dont on était
» convenu avec Sa RIajesié Tzarienne ait éié accomplie? Au lieu
(l'amener un corps sculeuienl de douze mille hommes, qui devait
> être enirelenu aux dépens de ce prince, il a inonilé le royaume ' d'une multitude elfroyable de barbares qui ont dépeuplé le pjys,
» cslo'-qué des vivres et de l'argent, ponant partout le feu et la dé- » solation. Les terres ont été pillées, les habitants massacrés, et de- ' puis le Slucz jusqu'il la VVarta, les Kalmouks ont tout brûlé et >' saccagé. Ils ont porté leurs mains sacrilèges jusque sur les saints » sacrements et sur les tombeaux des morts.
» La noblesse a été réduite il la besace, quantité de femmes et de 11 filles ont été violées, et un grand nombre d'hommes tués ou ruinés » en leur santé. Les principaux d'entre les sénateurs ont perdu la » plus grande partie de leurs biens; on a enlevé les dépôts, et au » delà de tro s cents pii-ces de canon qui ont toutes été tirées de dif- » férentes places. L'archevêque de Léopol a été envoyé prisonnier h » (Moskou , en compagnie d'un grand nombre de Litvaniens mis dans » les fers. En un mot, il n'est près ue pas possible d'exurinier les » horreurs et les cruautés qui ont été commises en Pologne par ces » barbares.
» Ajoutons encore un trait qui fera connaître la manière d'agir de » Sa Majesté Tzarienne : après avoir réduit sous son obéissance, à » l'a'de de quelques r- belles et parjures, l'Dkraine. que l'on pourrait » appeler à juste titre le paradis df la Pologne, et s'étanl mif en pos- 1) session de la forteresse de Bialacerkiew , non cnnicnt de ces a- » ploits, et d'avoir pris .i force ouverte la ville de Bychoxv, il a mc- » naeé d»- faire subir le même sort aux provinces palon.iiscs de la » Russie-Blanche.
)) En ellel, quelles autres vues peut avoir le tzar, en maltraitant 1) comme il fait la nobl»sse et les autres habitants des terres rus- 1) siennes, jusqu'à se mettre en possession, sous différents prétutes, » de leurs terres, que se rendre maître iies pal ilinats et d'y remplir » les charges vacantes par des Moskovites? Si la perte de ces pro- » vinces nous est sensible, à plus forte raison, nous ne pouvons nous M rappeler sans une indignaiion extrême les inaiiv que les Poloviz s » nous ont causés de tout temps. Le sang innocfiit des s>^pt manyrs » n'exciierai'-il pas dans nos cœurs des mouvem "iils de compassion? » Oii peut- on espérer une bonne issue d'une alliance cimentée M d'abord par l'effusion du sang des saints prêtres? Ou nous a té- » moigué quelquefois que l'on avait compassion de nous, on nous a » fait espérer bien drs choses; mais, en effet, on ne nous a point » donné la moindre salisfHCtion ; au contraire, l'inapiété a éié poussée « jusqu'à faire d'un temple , cii reposait le corps d'un saint, un ar- » senal ou quelque chose de pis.
» L'expérience du passé m'a rendu prévoyant, et bien que l'oppres- « sion et les malheurs sous lesquels nous gémissons ilurasseiit tou- » jours, j'ai fait voir en toute occasion mon penchant à la paix et à u l'union. Cette conduite m'a atiiré la haine et l'envie du tzar, qui a w lâché coinre moi un manifeste atroc^.
)) Par quel droit le Izar, de sa propre autorité et au mépris des lois )i l'ondameiilales de Pologne, déclare-t-il traître ii la patrie un gentil- » homme pnloii.iis, lioiiime libre, dont les ancêtres ont fidcl-ment » servi la république, et qui s'est exposé lui-même, comme il coii- » vient à un homme d'honneur, pour le service de la patrie?...
» Le Izar me fait un crime de ce que je ne me suis pas trouvé au M conseil tenu à l.ubiin ; mais qu'il sache que j-- ne voulais pas nie M trouver parmi des serviteurs asservis à une lionleusc obéissance, j) et eiilourés de toute part de gens de guerre qui ne leur laissaient Il aucune liberté...
» Le izar m'impute de n'avoir pas consenti à lui livrer la fortc- » resse; on n'a rien négligé pour me gagner, mais leurs olTrcs ont été » vaines aussi bit- n que leurs menaces... Or, je demande qui des deux » est plus coupable, celui qui convoite ce qui esta autrui, ou bien » celui qui défend ce qui lui anparlient?
1) Mais il s'en faut bien que je sois le seul contre lequel le tîiar ait « déchargé sa mauvaise humeur. Plusieurs se'gueiirs, pour aimer trop » la liberté de la patrie, ont é!é chassés de l'Iiériiage de leurs aiicê- » très; avec quelle insolence n'a-l-on pas ex gé que l'armée du I» » Litvanie se soumit a nue puissance étrangère!. .
» Je me «Tois obligé, conciloyens, de vous rappeler il tous en géné- » rai et ii chacun en parliciilier, ce que vous devez aux glorieux sou- » venirs de vos aucèlrcs. Il arrivera , avec lîaide de IJieu , que sous
>> l'heureux règne du roi Stanislas Leszczynski, et avec le secours des ). armes victorieuses de Sa Majesté Suédoise, les machinations d' nos « ennemis se dissiperont, leurs projets seront renversés, la Républi- » que sera maintenue dans sa liberté, et les frontières de ce royaume » se trouveront consiilérablemeni reculées.
« Pour moi, en particulier, je prends encore une fois Dieu à té- » moin qu'aucun motif d'intérêt ne m'a porté à embrasser le parti » pour lequrl je viens de me déclarer. Tomes les cruautés du tzar ne 1) seront pas capabb s de m'effrayer on d'éieindre en moi l'amour de la )) patrie. Ces menaces ne feront pas non plus, comme j'espère, d'im- )> pression sur la noblesse de Litvanie, ;i laquelle, en vertu des ar<tu des de guerre, j'ordonne, avec plus de raison que ne le tait le tzar, 1) de se ranger au plus tôt sous leurs drapeaux, sous peine aux contre- » venants de subir l'exécution militaire. .>
Pierre 1'='', qui n'avait pas réussi dans son projet de faire un nouveau roi (!e Pologne pour renverser Stanislas, et qui redoutait le retour de Charles XII , ordonna à ses hordes moskowiles de piller encore une fois le pnys. A. chaque instant les plus tristes nouvelles pirvenaient au roi Sianislas qui, pénétré de douleur, conjurait < iharles de quitter au plus lût la S.ixe iioir VMiir au secours de la Pologne.
Dans un dernier entretien, le I5 juillet .TOT, Charles dit à Sianislas : « Allez chasser Pierre de la Pologne, en attendant que j'aille )> inoi-même le chasser de ses Etats. "
Sianislas quit a Ali-Ransladt et vint en Pologne, oii sa présence ranima les espils. Après avoir purgé le pays des brigands qui l'infestaient, il alla il la rencontre des iMoskoviles, qu'il repoussa depuis Léopol jus(|u'à Grodno.
(Charles XII, qui comprenait la valeur de ses succès au cteur de l'Allemagne, y posa eu maître ses condiiions. Il se déclara le protecteur des protestants en Silésie, province qui appartenait alors à la maison d'Autriche. Il voulut que l'empereur Joseph II leur accord.'it les libertis et les privilèges établis par les iraités de AVesiphalie, mais éludés par eux de Hyswiek. L'empereur souscrivit à toutes les volontés de Charles. L'iuternonce du pape, qui résidait à Vienne, exprima un vif luéconlentement de ce qu'un einnerenr catholique immolait l'iniérêt de sa propre religion à celui des /léref.iyiu'S. Joseph II lui répondit en souriant : « Vous êtes bien heureux que le roi de 1) Suéde ne m'ait pas proposé de me faire luthérien, car, s'il avait o voulu, je ne sais ce que j'aurais fait! »
Charles Xll, après avoir réorganisé et ravitaillé son année en Saxe, se prépara à partir. En quittant" AU-Ranstadt, le i" septembre 1107, il passa par Dresde, oîi il cMusa une grande surprise à Auguste, en allant le visiter. Le li) septembre, il lianchit la frontière polonaise, et le M novcmbe il établit soïi quartier général à Wienieç, non loin de la Wisttile. Là, il fut rejoint par l'ambassadeur turk, qui l'assura que le sultan Mahmoud I'' l'appuierait contre le tzar, leur ennemi commun. L'ambassadeur se reud.l ensuite aunrès de Stanislas, qu'il complimenta sur son avènement au trône de Pologne.
Les bonnes dispositions de la Turquie flattaient les vues de Charles cl le fortifiaient dans son projet de marcher vers la Moskovie, mais Sianislas le combalti', en disant : « A (pioi bon aller chercher si loin » des ennemis qui s'avouent vaincus par la fuite? La guerre depuis » sept ans n'a-t-elle pas fait assez de malheureux? Vous avez détrôné n un roi ; vous en a\'H fait un autre; croyez-moi, sire, restons cnez >) nous; vous régnerez avec gloire sur vos sujets, tandis que je m'ocw cuperai à guérir les plaies de mon infortunée patrie! »
Le roi de'SuèJe répondit: « J'approuve fort que vous demeuriez .) en Pologne; mais songez que vous n'y seriez jamais tranquille, " ayant pour voisin cet injuste tzar, qui nous a fat la guerre sans .. aïicune raison. Ainsi , il faut que j'aille le détrôner. Je ne vois que .) trop bien dans un avenir même peu é'oigné. Je vous ai toujours dit ,. que la Suède, la Pologne et la Turquie, doivent être toujours ena semble ci agir simultanément, si elles ne veulent pas tomber vic- » limes de l'avidiié insatiable et cruelle du Izarisme moskovite. Au » reste, je compte qns Jacques Sobieski sera toujours de nos amis : " croyez-vous qu'il ne ferait pas un bon Izar de Moskovie? Il faut » profiler des fautes de S gismoiid III , qui n'appuyait pas assez fran- » chcmenl l'élcciion de son fils Wladislas IV. »
Le 9 janvier 1108, Charles quitta son quartier général de Wienieç, franchit la VVislulc ii Wlnçlixvek, et, passant par des pays boisés et presque impraticables, il arriva inopinément à (;rodno, oii s» trouvait encore Pierre I'■^ Ce dernier, étourdi de cei le apparition subite, s'en» fuit jiisdu'ii Moskou pour s'y préparer à de nouveaux combats.
Charles le suivit par la rouie la plus dirsele, c'est-à-dire ! Lida et S.norgoiiie. En arriv.ml à Dykszniany, il occupa le château qui appaf* tenait a Woilodkoxvicz, his'de Christophe, palatin de ^o^vogrodek. Mais comme le parti na ional prenait rie rexlension. le roi de Suéde chercha un lieu plus vaste pour y recevoir lois les seigneurs polonais qui se groupaient ainoiir de lui. En conséquence il s'émblit à ]\h-^ aoszkoxvicz'-. Ou dislinfrnaii parmi ces hommes zélés pour la cause du piiys les : Jean Radf.ixvill, palanii de ^oxvllg^odek; Mich-I Wisnioxviceki, vice-graud-géiiéraldc Litvanie; Chrislopie /.awiszs, palalill de Minsk; Jean Sapicha, easlel au de M'nsk; Jean Tyzenhauz, palatin de IVlseislaw; M, oins Sïemioth, castellande Polotsk : lesmaii, fiU tle CUiistophc , casiellan de Noxvogrodek; André Boreyko-Cliodzko,