‹ Histoire de la Guerre d'OrientChapitre 161 sur 235 · III.STOIHK DE POLOGNE · texte numérisé non relu

III.STOIHK DE POLOGNE

starosle d'OszmijiiiM ; Jdsi'pliSulisIroMski, jiorte-ciispigne d'OiiZiiiiaiin; les TyszkicM iiz, W aiikowicz , Heylei), Oskierka, Korsak, Oïljnicc, Mackieuicz, S.iko« icz, W olndîko et plusieurs autres. Eiitin, après un si^jour de trois mois à Radoszkowiczé, (Charles se sépara de Stanislas, qui revint ii Warsovie, et lui-même franchit la Bcrezyna, le 59 juin ; en arrivant il lloloMCzj-n, il y livra, le 11 juillet, une hïtailie aux Russes, qui furent lialtus. Le tzar Pierre, redoutant un si terrible adversaire, lit faire quelques propositions de paix par un gentilhomme polonais qui vint ii l'armée suédoise. Cliarlis répondit : « Je traiterai u avec le tzarii Aloskou. » (Juaiid on rapporta ;i Pierre cette réponse, il dit : '( Mon frère Charles prétend faire toujours l'Alexandre, mais n je me flatte qu'il ne trouvera pas m moi un Darius! •> Après la bataille de Holoxvczya, le roi de Suède franchit le Dnieper

mit le fouijueux animal en liberté. Le cheval avait été amené au palatin du fond de l'Dkraine, et aucun écuycr n'avait pu parvenir à le dompter. Devenu libre tout a coup, un instinct merveilleux le porta vers le pays de son oriijine, et après quelques jours d'une course noîi interrompue, il arriva épuisé de faim et de fatigue dans un bourg de ri kraine le jour du marché, oit les paysans l'arrêtèrent.

(,.»uelques Kosaks s'empressèrent de détacher .'Mazeppa et de panser ses blessures; il s'attacha à ses bienfaiteurs, adopta leur penre de vie, et se signala dans plusieurs rencontres contre les Tatars! La supériorité de ses lumières et sou courage lui valurent bientôt une grande influence parmi les Kosaks; il devint leur chef, et le tzar, qui avait dép subjugué les Kosaks, le fit atlaman ou chef suprême.

Ln jour étant à table à Moskou avec le tzar Pierre l", ce dernier

Le général Jean-Henri Dombrowtki (1755t 1818).

ji Mohilew, défit les Russes ii Malatycze le 10 septembre, et arriva ;i Taraczyn. Plus l'armée suédoise avançait dans le pays moskovile, plus elle rencontrait d'obstacles. L'ennemi en se retirant détruisait tout, brûlait les villnges et les moissons, dans le but d'à Ha mer les Suédois. Charles crut devoir réunir un grand conseil de guerre, et l'on discuta si l'on marcherait sur Moskou ou sur Kiioxs. Le coi-Ue Piper opina pour le retour en Lilvaiiic, mais l'avis du roi prévalut, et on marcha vers l'Lkraine pour se joindre à l'atlaman Mazeppa.

Ce .\Iazcppa , qui joue un rôle imiiortaiit au milieu de ces événements, était né dans le palatinat de Podolie. Reçu fort jeune encore parmi les pages du roi de Pologne Jean Kasimir.'il devint amoureux de la femme du palatin .Martin Kontski, grand maître d'artillerie de ia couronne. L'amour du beau page fut heureux et tranquille pendant quelques instants, mais le mari trompé fui averti, et médita une épouvantable vengeance.

Mazeppa, surpris et arrêté, fut d'abord battu de verges, puis après 1 avoir enduit de goudron et roulé dans le duvet, on "le plaça sur le dos d'un cheval indompté, la tète attachée .lu côté de la queue, et on

lui proposa de discipliner les Kosaks et de les rendre plus soumis. Mazeppa répondit que la situation de l'Dkraine et le caractère de ses habitants étaient des obstacles insurmontables ii toute pensée de civilisation. Pierre, échaulïé par le vin, l'appela traître et le menaça de le faire empaler. Mazeppa ne répliqua pas, mais de retour en Ukraine il conçut le projet de se rendre indépendant. Pour arriver ii son but, il voulut s'unir aux Polonais, et chercha secrètement à se liguer avec Charles XU

Au mois d'octobre 1707, il écrivit donc au roi Stanislas une lettre pressante dans laquelle il lui oITrait ses services, lui disant : « Que )> les six à sept mille Moskovites qui étaient dans l'Ukraine seraient u facilement détruits, et qu'il en ferait un pont pour les Suédois; que « l'on ne devait point douter de sa sincérité, et qu'il était assez connu » que les Kosaks entre eux ne souhaitaient rien tant que de pouvoir » se soustraire a la domination infernale du tzar; qu'a la vérité ils se » l'étaient imposée eux-mêmes, mais que cela s'était fait dans un >' temps oii ou les avait éblouis par la promesse qu'ils conserveraient u leur liberté, dont uéaiimoins ils ne jouissaient pas. "

HISTOIRE DE POLOGNE

Le roi de Suède avait reçu avec plaisir cette offre; mais d'après ses instructions, le roi Stanislas dut répondre à Mazeppa qu'on lui ferait savoir quand il serait temps qu'il rompit ouvertement avec le tzar. Mais aujourd'hui (octobre 1108 j, Charles XII pensa que le nioiiient était venu, et fit prévenir Jlazeppa qu'il allait se joindre à lui. En elïet, celle jonction eut lieu à Horki sur la Dziesna , non loin de \owogrod - Siewierski. Malheureusement Mazeppa y parut plutôt comme fugitif que comme un allié puissant. Les Moskovilcs avaient découvert et prévenu ses desseins. Ils défirent les Kosaks, leurs villes furent réduites en cendres; les vivres que Mazeppa préparait pour les Suédois furent saisis ; à peine put-il sauver quelques hommes et quelques chevaux chargés d'or et d'argent. Toutefois il apportait à Charles l'espérance de le soutenir par ses intelligences dans ces pays lointains. Mazeppa, par son influence sur les Kosaks, les attira par troupes dans le camp suédois; le despotisme russe avait puissamment aidé à cette désertion.

Charles espérait aussi que le général Lovenhaupt viendrait aug-

russe dans le talon gauche. On ne remarqua pas sur son visage le moindre changement qui pût faire soupçonner quil était blesse; il continua à donner tranquillement ses ordres, et demeura enciire près de si\ heures à cheval. Un de ses gens s'apercevant que le talon de la botte du roi était tout sanglant, courut chercher le chirurgien, qui lui déclara qu'en faisant de profondes incisions il sauverait la jambe du roi. « Travaillez donc tout à l'heure, taillez hardiment, ne B craignez rien. " Il tenait lui-même sa jambe avtc les deux mains, regardant les incisions qu'on lui faisait, comme si l'opération eùç été faite sur un autre.

En attendant, le tzar s'avançait au secours de Poltava , h la tète de 70,1100 hommes. Le roi n'avait à lui opposer que 18,000 Suédois et 12,000 Polonais, Kosaks ou Allemands, privés de munitions. Néanmoins Charles résolut d'attaquer : il dirigea lui-même ses colonnes, porté sur un brancard, à la têle de l'infanterie. Ce fut le 8 juillet 1709. Le commencement de la bataille fut heureux; mais le général Creulz, qui devait tourner les Moskovites, s'égara; le tzar

Le génér.il Charles Kniazlewicz présentant au directoire français à Paris, le 8 mars ITH'.i, les drapeaux pris sur les ennemis de la France.

menter ses forces en amenant 15,000 Suédois avec des munitions de guerre et de bouche. .'Mais Lowenhaupt fut attaqué le 9 octobre 1708, au bourg de Liésna dans le palalinat de Mscisïaw j par 40,000 Moskovites commandés par Pierre. On se battit avec acharnement pendant trois jours. Les Russes perdirent 10,000 hommes, mais les Suédois en eurent autant liois de combat. Lowenhaupt rejoignit Charles avec 6,000 hommes, mais sans les munitions qui étaient impatiemment altendiies.

Charles XII se trouva ainsi sans ressources, sans communications avec la Pologne et avec la Suède , entouré d'ennemis dans un pays dévasté par les Moskovites, et n'ayant pour le soutenir que son courage indomptable. L'hiver de 17 0», mémorable par le froid extrême, acheva de ruiner l'armée suédoise déjà affaiblie. Vers le printemps le roi résolut d'assiéger Poltava, car le tzar avait fait de cette ville le siège de ses magasins. En s'cmparant de Poltava, le roi pouvait attendre, dans l'abondance, les secours qui devaient lui arriver de Suède, de Livonie, de la Poméranie suédoise et de la Pologne; mais il lui fallait Poltava à tout pris, et il pressa le siège de cette place avec ardeur. Mazeppa, qui avait des intelligences dans la ville , l'assura qu'il en serait liientôt le maître; l'espérance renaissait dans les rangs affaiblis de l'armée ; les soldats rej^ardaient la prise de Poltava comme la fin de toutes leurs misères.

Le 27 mai , Charles retournant dans son camp, reçut une balle

profita de cette circonstance et les Suédois furent complètement battus.

Grâce à la présence d'esprit et au dévouement de deux Polonais, le général Stanislas Poniato« ski et le colonel Zorzewski, Charles XII put franchir le Dnieper à Perewoloczna le 1 i juillet, gagner les côtes de la mer Noire et arriver, le J9 juillet, à Bender en Bessarabie, oii les Turks lui donnèrent l'hospitalité. Mazeppa, qui suivit Charles, mourut à Bender le 2 octobre.

Nous avons déjà dit que Charles XII, en ouvrant la campagne de Moskou en 17 08, passa par Smorgoniè où il s'était arrêté un mois entier, du 22 février au 22 mars. Maintenant nous croyons devoir citer un fait étrange qui se rapporte il la bataille de Poltava.

J. A. Nordberg , chapelain et confesseur de (^^harles, et qui ne le quittait pas dans ses expéditions, rapporte, dans un ouvrage relatif au roi, le fait suivant, qui se serait passé ii Suiorgonié. « Pendant que Sa Majesté s'arrêta en ce boun», il arriva au quartier général uu jeune homme qui était parti de Suède il la fin de l'année précédente. On sut bientôt que cet homme avait le don de prophétie. 11 n'osa pourtant jamais se présenter sous ce tilre-lii devant le roi, ipii n'aimait pas ces sortes de choses, comme il s'en est déclaré fort souvent, tant en Livonie (|u'cn Saxe et en Pologne. La curiosité fit que je cherchai une occasion pour m'entrelenir en particulier avec ce voyageur. Son nom m'était connu, et je me souvenais que nous avions fait nos

HISTOIRE DE POLOGXE.

çliides dans l'uiiivcrsii(! d'Upsal. Dans la conversation, à laquelle M. Aurivilius, siirint ndanl des églises de Carislad, élail présent, il donna à enleiidr»' qu'il avait dfs cliosps de la dernière importance à révéler an rni. Il se plai(;iiit forlcincnlde ec qu'on ne lui accordait pas la permission de le l'.i're. ^Olls le priàni?s de nous en dire (|uelqne clio>e. Il ne le voulut pas d'aborj : mais après beaucoup d'instiiucps, il |;îeUa les parole > suivantfs : " Il ar^-ivera sou<: peu iiii i;rand a niallicur. Le roi livrera balaille aux Muskuvites; il la penlra. De 'ous i> ceux qui ne seront pas tués sur la place, la plupart scrnrit faits prix sonniers. Enfin toute l'armée périra». Le roi en échappera en vie. Il K se retirera en Turquie, mais avec si peu de monde, qu'il n'y aura, » outre lui, (|ue trois ou quatre personnes à sa table. > Comme, au reste, il ne nous parlait que d'une clefqu'il croyait posséder, et avec laquelle il préiendait ouvrir ce que /fs hôue^, Us jyruiihé'ics et la n iluie mit Je jihis caché, nous crûmes que cet liomiuc pourrait bit n ne pas avoir la tète trop saine. Ni mon collèjjue ni moi ne fîmes aucun cas '"e celte révélation, surtout après l'iieureux succès de la bataille de Ilrlowczyn , où les !\li)skovitts furent battus à plaie coulure, le Il juillet i"i8. Mais que cette propbéiie ail eu son accomplissement l'année suivante àPollava, c'est une vérilé incoiiteslablc. »

.le crois devoir citer ici un fait analogue relat f à Napoléon I"^ et qui s'est passé dans le mèriie lieu , cent quatre ans plus laid , et précisément il l'oi'casion de l'evpéditioii de Uussie. Ou sait que ce fut le 5 décembre 1812 que l'euioerour Napoléon remit le cammandemenl de ses troupes au roi Murât ; cela devint une d-s causes fatijlcs qui porta le dernier coup à l'armée en retraite. Or, aussitôt que l'armée française eut franchi le Niémen en juin 1812, d?s propbéiics, on des Iiomiues doués de la seconde vue, annoncèrent la n;albeMrcuse issue dcî la campagne. La prophétie suivante est un fait qui m'est personnellement connu.

Dans le château de ma grand'mcre maternelle, madame Victoire Kaminska-L) derko, à Ohorfk sir la Brrezyna , se trouvait un vieux maître d'hôlcl nommé Jean Ilaikowski. Au commcn''emeiit de juillet, I- lieutenant François Sznay lé (général en l83l) passa par Oborck, à la tèle d'un peloton du 9" de lanciers polonais, ailaché au corps du maréchal Davout. Toute ma famille iiil une grande joie en revoyant les militaires polonais; mais le inaîlre d'hôiel drvint sombre et trislc à mesure qu'éclatait la salisfaclion de tout le inonde. On l'mterrogfa, et il hnit par dire « que cette joie serait de i> courte durée, que les triomphes des Français et des Polonais seront )) suivis par des désastres inouïs, que l'armée sera perdue, que l'em- >i pereur st-ra sauvé, mais que les Russes reviendront pour op|irimer " de nouveau la Pologne ! « On taxa le pauvre Jean de visionnaire et de faux prophète ; hélas ! es paroles étaient vraies ! Quand on lui demandait où il puisait ces prophéties, il répondait : « Je lis dans Us astres, c'est toute ma science ! »

Dans ce même chât-au de Smorgonié, occupe par Charles XII en ITOS, ce roi eut aussi son prophète de malheur, comme nous l'avons dit plus haut ; c'était là aussi qu'en l8i? Napoléon 1" signa le décret en faveur de Joachim Mural !...

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