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CHAPITRE XXIX

Premier partage de li Pil^gne. — Diète de (773; Reyten et les nonces opposants. — Diètes 'le 1778 et t780. — Réformes et Code-ZiiiiOj>ki — Diêie constituante 'le I7H8-I79J. — Coi.sl tuium du 3 mai 1791 — Cimpague de <"9i. — Complot ae Ta gowiça. — Di' te de Giodno de 1793. et rteuxièmilarloge lia il Pologne. — li.surrection de 1791 -, m m tes le de» painoies. — Troisième paitage ue la Pologne. — Abdicatioa du roi et sa mort à Péterabourg eo «798.

La confédération de Bar dispersée, des milliers de patriotes envoyés en Sibérie, et le reste se réfugant en Turquie, en France ou en .Amérique, il n'y ax'ait aucun prélex'.e de toucher à la Pologne. La Russie, l.i Prusse el l'Autrich.», comme on le sait, protesiaienlcn toute circonstance de leur volonté de ne pas démembrer ce pays. Néanmoins, ces protestations si solennelles furent méconnues, oubliées cl désavouées de la manière la plus inique, et en pleine faix, sans aucun prétexte, les trois puissances puDlièrent en septembre <77^ des déclarations annonrant qu'elles pariagcaient la Pologne et s'emparaient des provinces à leur convenance. Après avoir accompli ce premier crime, elles y mirent le comble en demandant l,i sanction de leurs iniquités à une assemblée nationale polonaise. Par ordre des ■mbassadeiirs dt-s trois puissances copartageantes, Slanislas-Auiruste, protestant toujours en paroles el par écr.i, et acquiesi^ant a tout par le fait, convoqua pour le 8 féviier 17 73 une diète a l.iquclie ne se ^eo^irenl qu'un tres-pdit nombre de représentants. Elle fut précédée ie diétmcs orageuses, et ne s'ouvrit à \Varsovjcque le 18 a,vril IVi»,

Crlle journée à jamais mémorable dans les fasli-s de la Pologne allait montrer aux yeux de l'Europe une 1 itte désespérée entre la corruption et la venu, eoire la trahison et le palriolisme.

Selon le sysièiiie de (.aiheiine 11, la salle d^s séiiiccs était entourée des troupes moskcviics, mais 1rs patriotes n'en tinrent aucun compte; ils prolcstèr.'nl énergiqiienieni contre les violences, et ils ne succombèrrnt /jue sous la force matérielle. Parmi ces patriotes l'hislo're admire surtout Tiiadc Reyien, .Samnl Kors..k , Bobuszcxvicz, François lerz'iianoxvski , Orac/.exvski , Zarcmb^i, Uunin, Pcnczkoxvski, K ziicl:ux«'ski, Kurzeniei.ki , Bulharyn, Tymnxtski.

On voit que c'est par la viTlence que les trois puissances arrachèreni.à la diel» les traités de cession des territoires de la Polot;ne, et elles eurmt rimpiidenr de déclarer qu'elles étaient dans la légiililé, ayant été secondées par |a diète. Ensuite, pour restreindre encore plus le pouvoir royal tl rfndre ainsi l'anarcbie perj éliiellr , Catherine 1 institua une cnmiiiission, sous le litre de Ciinstil permiiiiciit , qui, nenilant tout le temps de son txistence , gouverna la Pologne sous l'jnriiieiice des ambassadeurs nioskovrcs, en frappant surtout de désiirginisilion l'armée nalioiialc ei le trésor public.

Au milieu de ces malheurs politiques arriva la Suppre«sion des jésuites par le pape Clément XIV . Par suite de leur exil de la Pologne, l'Eiat se trouva enrichi de sommes rousidérables, tant en iiniiieubles qu'en capitaux. Ces fonds furent consacrés a l'êducaion nationale; des savants étrangers el régiiicolcs furent appelés ii lemplacer les jés'iites, et depuis lors date la régénération des sciences, des lettres et des arts, qui brillèrent d'un si vif éclal vers la lin du règne de Slanislas-Aiiguste. Celle tendance vers Us lumières entraîna a sa suite d'autres bir-nfaiis pour le pays; plusieurs citojens puissants rivalisèrent de zèle pour améliorer l'eiat d-s paysans, pour doter les villes et les camoagnes de beaux édilices, erérrent des banques, des fabriques, des nianufactiires el des canaux. Enfin, pendant l.i dièie de 1776, on chargea André Zamoyski , ancien grand chancelier de la ronronne, de préparer les bases d'un nouvfau code. Parmi les collaborateurs de ce travail, on remarquait Szembck, (^lireptoxvicz, Wybicki, \\ eniiTzeçki et Grocbnlski. Ci- code, qui réformait les principaux abus, fut lait el imprimé aux frais dr Zaïuoysk', et présenté à la sanction de :a diète d-- 17 80. .Miis les agents moskovitcs, prussiens et autrichiens, abusant et corrompant quelques m luvais Polonais, larvinrent ii annulfr le code , et Zamovski fut déclaré traître à la patrie et son œuvre bn.lée par la main du bourreau ! Ainsi toujours et partout la majorité des l'olonais tentait d'iniroduire des riTormes salutaires, mais les puissances coparlageautcs mettaient obstacle au bonheur de la Pobgue.

Toutefois celte œavre patriotique ne fut pas perdue pour la république, et à l'époque de l'ouverlure de la diète le 0 octobre IT^S, les Polonais parvinrent a force d'union el U'itnanimiié dans peurs sentiments il accomplir des réformes importantes. Cette d è'e du:a quatre ans, malgré les intrigues les trois puissances, q:ii clierehai'-at sans cesse il entraver ses travaux ; mais en dépit de toutes les difficultés, le 3 mai 1791 , on proclama la constitution; le Cdn^e'l fjerihanent , le liberum veto et le Sfisléme é'eclif des ro s furent abolis el le troue bérédiiaire décrété. Dans celle mémorable séance, il n'y eut que treize sénateurs ou nonces qui protestèrent contre celle constitution !

Mais Dendant que l'Europe admirait el applaudissait à cet acie , que la Pologne commençait a S'^ régénérer, et qu'elle établissait l'Iiéréd'lé de la monarchie, la Russie, la Prusse et 1' .Autriche accusèrent la Pologne de tpriurisme el de déniayagie, et s'unirent pour r nverser l'œ:ivre de la dièip constituante. Pen''anlqiie la Prusse et l'Autriche envahissaient la France, sœur de la Pologne, les troupes russes se jetaient sur notre patrie. Ces tiouprs furent précédées par nnc confédération polona s? formée de treize individus ii Targoxs'iça le 11 mai 179: , sous les auspices de Catherine.

L'armée pol nais», commandée par Joseph Poniatow.ski , ThaHé Kosciiiszko, Mith 1 Ziliiello, cl plusieurs autres chefs, couibailit vaillamment contre les forces su érieures en nombre des envahisseurs; mais le roi, qii obéissiil aux ordres de Catherine II, fu c-sser la guerre, et cons-niii à dé.savouer sa pariicipation aux travaux de la diète consliiiiante.

Quoique Catherine et son favori Zoitboff eussent promis solennellement <le vive voix el par écrit, à Stanislas-Félix Polocki, maréchal de la confédération de Targoxviea , que la Polngnc ne serait p lint partagée; néanmoins, le 9 avril 1^93, la R issic cl la Prusse déclarèrent, par leurs ambassadeurs r-spcciifs à V\ arsovie, qu'elles se pariageaieot de nouveau le pays. La cour de Vienne n-pril point par; à ce second partage, parce qu'elle dcx-aii s'cnioarer de 1 .Alsace et delà Lorraine.

Enhn, en renouvelant la comédie de 177 !, Catherine et Frédéric- Guillaume II ordorinèient au roi Stanislas de convoquer une diète à Grodno jour légitimer Irur envah ssemcol.

Cet'.e préiendue diète, eniou.-ée de li.iïnnnptles et de canons moskovites , fut obl'gée de signer les traités que lui arrachait la fore; brulale. Kous devons consigner les nom» des n.Duces qui bravèrent lej menaces qui altaqiiaieiiî leurs î>crsini;es ei I urs biens : Thadé Sk rzyuski, nonce de Loinzi, Denis Mikor'Ui, nonc de Wysijgro.l; Jean Kcasnoùembski , nonce de Lixr ; Antoine Kar^ki , nonce de Pioçk; Ignace Goslaxvski, ooncc de Saudomir; Simon Szyjloxvski,

HISTOIRK DE POLOGNE.

ponce (le Ciechanow; Amlit' Ciemiii- wski , nonce de Rozan ; Vincent (ialen^ow.'ki, nonce de Liiblin; Grclawski, nonce d- Sandomir; Ignace Pliclila, nonce d" Sicliaczf.w; Joicpli Kimbar, nonce û'Upila; Louis Chonzko, nonce d'Oszin-ana.

A la séance du 17 j'iillet 1793, où on devait signer le traité de cpssion avec i-i Russie, .losepli KiinUar s'ccria : « Il ne lant point céder « aux instances de l'ambassadeur russe, il faut se meltrc au-dessus 1) de s>'S menaces. Les souIVrances ne sont rien pour la vertu; elle » sait qu'il est de fon essence de les mépriser, et, s'il le faut, de les u supporter toutes. Poiir,iuoi donc s'etïrayer tant , sire? On menace « de l'exil en Sibérie tous ceux qui oseraient défendre leur pairie,

• tous ceux qui refuseraient de mettre le sceau à son anéantissement. M Allons donc en Sibérie! elle ne sera pas sans charmes pour nous; Il tes déserts deviendront pour nous un Elysée; car tout, jusqu'à nos 1) ombres, tout nous y retracera notre vertu et notre dévouement à » la patrie!... •

Et à la séance du 2 septembre 1703, lorsqu'il s'agissait dé signer le traiié avec la Prusse, Louis Chodzko termina uu remarquable discours par ces mots : « Eli bien, s'il est absolument nécessaire que » nous cédions a la violence, si le roi de Prusse est telUment avilie » du territoire polonais, pour ma part je le lui accorde; mais je ne » lui en donne que six pieds, autant qu'il faut pour son enterrement. 1) Je V'ux aussi qu'on lui élève par-dessus un monument avec une » inscription qui constate à jania-s, d'un côté lis cflets de l'aiiti.iuc » et proverbiale hospitalité polonaise, accordée même aui cendres du

• plus perfide des hommes, et qui, d'un autre côté, témoigne aux » âges futurs à quelle époque et au milieu de quelles circonstances se » sont accomplis les événements funestes qui prouveront et l'éier- » nelle douleur de toute la Pologne, et notre constante opposition au w démembrement de notre inforuinée république! u

Après que la diète de (irodno eut consenti à ce que l'armée polonaise et liivanienne fût réduite a quinze nulle hommes et répartie dans les palatinals qui restaient encore à la république, les troupes moskoviies tinreni garnison dans toutesles places. Cet état de choses était odieux aux Polonais, qui ne tardèrent pas ii se soulever.

Au moment de celle, insurrection s inte et légitime, les habitants de Krakovie publièrent, le"i4 mars 1794, le manifeste suivant:

« L'état oii se trouve actuellement la niallieureuse Pologne est trop connu de l'univers. L'indignité des deux puissances voisines, et lecrimf des traîtres à la patrie, l'ont précipitéedaiis cet abime.

» Catherine II, qui, d'intelligence avec le parjure Fiédéric-Guillaume II, a résolu d'extirp-r jusqu'au nom polonais, vient d'accomplir ses desseins iniques. Il n'est aucun genre de fausselé, de perfidie ou de trahison dont ces deux gouvernements ne se soient rendus coupables pour satisfaire leur ambition et leur cupidité. La tzarine, en se déclarant impudemment garante de l'intégrité, de l'indépendance et du bonheur de la Pologne, détachait et partageait son territoire, outrageait son indépendance et l'aBligeail sans cesse de toutes sortes de fléaux.

)) Jlais lorsi|ue la Pologne, lasse de porter son joug honteux, eut récupéré les droits de sa souveraineté , elle employa contre elle des tiaitres à la p^itrie , elle appuya leur complot sarr.lége de toute sa force armée, et ayant détourne avec artifice, de la défense du jajs, U roi, auquel une diète légale et la nation avalent confié toutes leirs forces, elle a bientôt trahi honteusement ces niûnifs traîtres. Etant, par de pareils subterfuges, devenue la maîtresse des destinées de la Pologne, elle invita F.édéric-Guillaumeà prendre partaiix dépouilles, afin de le récompenser de sa perl'ulic, pour avoir rompu le traité le plus solennel avec la républiqui-.

» Sous des prétextes imaginaires, dont la fausseté et l'impiété ne peuvent convenir qu'a'jx scjIs tyrans, mais en e^'et pour saiisfaire leur insatiable cupidité et étndie leur domination par l'eiivah'sseinent des pays limitrcphes , ces deux puissances, conjurées contre la Pologne, se sont emparées des posiessions immémoriales et incontestables de la répiib.iqiic, et pour cit etïei elles ont obtenu, dans un congrès criminel , une prétendue approbaiion de leurs usurpations: elles ont forcé de prêter le serment de sujétion h l'esclavage, en imposant aux citoyens les charges les plus oncrruses. Ces puissances , ne connaissant qu'une volonté arbitraire, par un langage nouveau et inconnu dans le droit des gens, ont audacicuscment assigné à l'existence de notre république un rang inférieur à toutes les autres puissances, en faisant voir clairemcni par la que les lois, autant que les {imites des étals inJépcnianis, dépendent absolument de leur caprice, et qu'elles regardent le nnr.l de l'Europe comme une proie destinée a la rapacité de leur despotisme.

» L'! peu qui reste de la Pologne n'a pu encore parvenir a acheter l'amélioration de son sort au prix «le tant de cruelles cahiiiiiés. La tzarine, en cachant ses des:>tins ultérieurs, qui ne peuvent qii'èire pernicieux aux puissances européennes, sicrilie en attendant la Pologne a sa vcng-ance barbare et implacable. Elle y foule aux p eds les droits les plus saints de la libellé, de la siuvlé, de la propriété et des biens des citoyens ; la pensée et le sentiment intérieur il'un hoii- »êtc Polonais ne peuvent même être à l'abri de ses pcrtécuiions ^upçonneuscs , et elle, tâche d'eiichaiiicr jusqu'il la parole! 11 n'y a ^iicles trailrus a la patrie qui trouvent de i'iiidulgeuve ituprès d'elle,

pour qu'ils puissent impunément comineitre tO'ites sorles de crimes. Aussi les biens et les revenus publics sont-ils de'euns la proie de leur cupidité. Ils se sont empares de la propreté de bons citoyens; ils se sont part; gé entre eux les charges de l'Etat, comme s'ils pouvaient s'emparer de ses dépouilles parce que la patrie est subjuguée; ft en usurpant avec impiété le nom de gouvernement national, esclaves d'une lyrannic étrangère, ils cxéculent tout a leur gré.

Le Conseil /jeriiiane»/, dont l.'établiss?ment leur a été imposé par une usurjiation étrangère, supprimé lég-ilement par la volonté de la nation et nouvellement rétabli par les traîtres, IVaiuhii, sur l'ordre de l'an.bassadeur moskovite, les limites du pouvoirqu'il avait bassement reçu de lui, en rétablissant, en refondant, en supprimant arbitrairement les constitutions qui Venaient d'être promiilguée-s et celles qui avaient été cassées. En un mol, le prélendti gouvernement de la nation, la libenc, la" sûreté et la propriété des citoyens restent entre les mains des esclaves d'un serviteur de la tzarine, dont les troupes inondent le pays et servent de rempart ii leur perversité.

)) Foulés par ce poids immense de malheurs, soumis plutôt par la trahison que par la force des armes ennemies, privés de toute protection du gouvernement national ; après avoir perdu la patrie, et avec elle la jouissance des droits les plus sacrés de la liberté, de la sûreté et de la propriété tant individuelle qi.e celle de nos biens; trompés et devenus la risée de quelques gouvernements, < t abandonnés des autres , nous Polonais, citoyens, habitants du palatinat de Krakovie, en sacrifiant à la patrie nos vies, comme l'i;iiique bien que la tyrannie n'a p;is daigné nous arracher, nous nous saisissons de ces moyens extrêmes et violenls, que le désespoir nous suggère.

» Ayant ainsi lu ferme résolulion de périr et de nous ensevelir sous les ruines de noire pays, ou de dél.vrer la terre natale d'une oppression féroce et d'un joug plein d'opprobre, nous déclarons h la face du ciel et de tout le genre humain, et surtout des nations qui favent apprécier la liberté et la meure au-dessus de tous les biens de l'univers , qu'en usant du droit incontesttible de défense contre la tyrannie et contre l'oppression armée, nous réunissons dans un esprit de pilriûlisme , de civisme et de fraternité, toutes nos forces ; et , persuadés que le succès de notre gtamle entreprise dépend surtout et le plus de notre étroite nnion , nous renonçons à tous les préjugés de l'opinion et des distinctions qui ont partagé ou qui ont pu séparer jusqu'il présent les citoyens, liabitants d'une même terre et les fils d'unie même patrie; et nous nous promettons mutuellement tous de n'épargner des sacrifices quelconques , mais au contraire d'user de tous les moyens (|ue l'amour sacré de la liberté peut inspirer aux hommes que le désespoir a fait lever pour sa défense.

1) Alïranchir la Pologne des troupes étrangères, recouvrer et assurer l'ititégiité de ses frontières, anéantir toute sone d'usurpation tant intérieure qu'extérieure, consolider la liberié gi'nérale et sauvegarder l'indépenilance de la république polonaise, tel est le but sacré d' no. te insurrection nat'onale. Pour que nous puissions l'atteindre tflicacement, pour qu'nn pouvoir éiierg que dirige la force nationale, après avoir atlenlivenient considéré la situation actuelle de notre pnliie et de ses habitants, nous avons cru néc-ssaire et indispensable de nommer un généralissime de la force artuéi', un conseil naliiiual nroi (' voiiv , une commission du l'On on/re dans notre palatinat , un Irthitiial niiiiinel suprême, et uu tribunal criminel spécial pour notre ii.ilaliuat. Ainsi, d'après le vœu général, nous arrèions ce qui suit :

• 1° Nous choisissons et reconnaissons, par le présent acte, Thadé Kosciuszko pour l'unique chef et directeur général de notre iusurreclioii armée.

" 2° Ledit généralissime assemblera sur-le-cliamp h conspil suprénie iia'iouiil. ^ous confions n son zèle civique le choix des personnes dudit conseil, et son organisation. Le généralssiine pourra toujours assister aux délibérations de ce conseil, comme membre actif.

11 3" C'est aux attributions du généralissime qu'appartiennent exclusivement la direction de la fjrce armée, les noiuinations pour tous les grades militaires, et le moyen d'einp;oyer la force nationale contre les enneiuisde la patrie et de notre insurrection. Dans tout cela le conseil national doit exécuter ses ordres et règlements sans y aj>porter aucun emo.'chemcnl ni délai , comme venant d'un chef élu et nommé par la volonté national-.

1) 4" Si le généralissime Thadé Kosciuszko, en cas de maladie ou par ipicique autre cause, était hors d'étal de rennlir par L;i-mêinc les devoirs de son împorianle charge, alors il nommera son suppléant , après s'être concerté avec le cunaeil sup'énie nat oiial. Iians le cas oii le généralissime viendrait ;i mourir, ou ii être fait prisonnier de guerre, le plus ancien officier général qui se trouvera alors dans le camp sera muni provisoirement de ces fondions, en attendant que le conseil suprême national ait nommé a la place de Thadé Koscius/ko un autre chef. Uans ces deux cas le nouveau généralissime n'étant plus directemeni élu par le vœu de la ualiou, mais par celui du (■oioei', sera soumis it ses orures.

Il !)° Le cutisril suprême naltonal assignera au trésor public les fonds nécessaires pour entretenir lu force armée et faire f..ce il toutes les dépenses de la guerre et autres qu'il jugera indispensiiblis pour faire réussir lu cause de l'iusurrectiou. Eu conséquence, il aura le droit

de statuer sur les impôts provisoires, sur la disposition et l'emploi des biens nationam et de tous les fonds publics, ainsi <|uc sur l'euii)runt a faire tant dans le pays qu'à rétranjjcr. Il ordonnera le recrutement, pourvoira à tous les besoins de la force armée, tels que les armes, les munitions, l'habillement; il assurera au peuple et à l'armée les subsistances suflisantes; il veillera ;i ce que l'ordre et la sùreié ne soient point troublés; il écartera tous les obstacles et réprimera toutes les entreprises qui seraient contraires au but de notre insurrection. 11 veillera à ce que la justice soit promptcmcnt et eflicacement administrée. Il tàcliera de procurer ii notre nation l'appui et l'assistance des puissances étrangères amies. Enfin il s'occupera de la direction de l'opinion publique , de manière qu'au nom de la patrie tous les habitants de la l'oiogne soient prêts à faire les plus grands sacrifices. Tels sont les devoirs principaux que nous imposons au cunfeil national.

i> 6° Nous créons dans notre palatinat une commissio7i du bon ordre, qui sera organisée temporairemeut d'une manière particulière.

logne soit purgé des troupes étrangères, et que l'intégrité de ses frontières soit assurée. C'est de quoi le généralissime, conjointement avec le conseil suprême national, sera tenu d'avertir les citoyens, sous la responsabilité de leurs personnes et de leurs biens. C'est alors (|iie la nation , représentée par ses nonces et ses députés, entendra le compte des travaux des autorités constituées temporairement, et témoignera publiquement sa reconnaissance envers les fils vertueux de la patrie, en récompensant, selon le mérite de chacun, et leurs travaux et leurs sacrifices. C'est alors aussi que la nation décidera de son sort et de celui des générations futures.

XI 13° Nous engageons le généralissime et le conseil suprême national il instruire la nation par des adresses, rapports et proclamations fré([uentcs, du véritable état des affaires, sans lui cacher ni lui pallier niênie les événements les plus désastreux. Notre désespoir d'ailleurs est au comble, et l'amour de la patrie est sans bornes. Les malheurs les |)lus cruels, les difficultés les plus insurmontables ne sauraient affaiblir la vertu ni abattre le courage.

L'empereur Napoléon I" honorant le courage et le patriotisme d'André Niegolewski à Somo-Sierra, le 30 novembre 1

» 7° Le conseil suprême national déterminera l'organisation et la marche du tribunal criminel suprême, qui siégera auprès de lui.

a 8» Comme dans les circonstances actuelles nous ne sommes pas à même de choisir les membres tant du tribunal criminel suprême que de cflui du palatinat, nous chargeons le conseil de faire choix de ces juges parmi les personnes qui, lors des dernières diélines libres, terriennes, et des élections des députés des villes, avaient été choisies pour les judicatures.

)) '.)" A ce tribunal sont dévolus tous les crimes contre la nation et toutes les actions contraires au but sacré de notre insurrection, ainsi que tous les délits commis contre le salut de la patrie. Tous ces crimes seront punis de mort.

» 10° Nous confions au généralissime le pouvoir d'établir des conseils de guerre, d'après les règlements et les coutumes militaires.

>i 1 i°Nous déclarons solennellement qu'aucune des autoritésprovisoires que nous venons d'établir par le présent acte ne pourront, ni séparément, ni toutes prises ensemble, faire ou proclamer une constitution nationale quelconque. 'J'oute entreprise de ce genre sera regardée par nous comme une usurpation semblable à celle contre laquelle nous nous levons actuellement, en sacrifimt nos existences.

» 12° Tous les pouvoirs temporaires qui viennent d'être créés par le présent acte existeront jusqu'à ce que le but de l'insurrection actuelle soit atteint, c'est-à-dire jusqu'à ce que le sol de toute la Po-

l'aris. Typographie Ueuri

» 1 4° Nous nous promettons mutuellement en particulier et à toute la nation polonaise en général, de la constance dans l'entreprise, de la fidélité pour les principes, de l'obéissance pour les autorités nationales créées en vertu de l'acte présent. Nous conjurons au nom de la patrie le généralissime et le conseil suprême national d'employer tous les moyens possibles capables de délivrer la nation polonaise de l'oppression extrême et de garantir l'intégrité de son territoire. Remettant entre leurs mains le pouvoir de disposer de nos personnes et de nos biens pendant que durera la lutte de la liberté contre le despotisme, de la justice contre l'oppression et contre la tyrannie, nous voulons qu'ils aient toujours présente à leur pensée cette grande vérité : Le salut du peuide est la suiirénu' loi I »

Ce manifeste fut reçu avec enthousiasme dans toute la Pologne. Pendant dix mois Kosciuszko et ses généraux combattirent avec succès les Russes, les Prussiens et les Autrichiens; mais Kosciuszko étant fait prisonnier à la bataille de Maciciowice le 10 octobre, et Souvoroff ayant pris d'assaut Pragi le 4 novembre et Warsovie par c-ipitulation, la Pologne fut définitivement partagée. Stanislas- Augusic dut signer le 2.') novembre 1795 son abdication, jour de la fête de Catherine laGrande, et jour anniversaire du couronnement du roi. Puis, après la mort de la tr.arine, ilpartitpour Pétcrsbourg, oii il mourut le 12 février 1798.

Pion , rue Garancicrc , 8.

HISTOIRE DE POLOGNE

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