‹ Histoire de la Guerre d'OrientChapitre 207 sur 235 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

opérations dans le haut Belbeck. — Obstacles matériels qui s'y opposent. — Renseignements fournis par le prince Gortschakoff. — Lettre d'un offic er. — Retraite des alliés. — Dispositions des Tartares à leur égard. — Culture du tabac. — Les femmes de Crimée.

Pour débusquer les PiUsscs de leurs positions et les contraindre à livrer bataille ou à évacuer définitivement la Crimée, il fut décide dans le conseil de guerre des alliés qu'un corps d'armée clierrhcrait à tourner l'aile gauche ennemie, tandis qu'un autre, placé à Eupatoria , intercepterait les communications de Simphéropol à Pérécop.

La meilleure route pour marcher sur Simphéropol , tourner la gauche des Russes et les prendre à revers, était celle de Kalïa; mais il ei'it fallu couper l'armée en deux. Tandis qu'une moitié serait restée à Sébastopol et dans le camp qui couvrait la place, l'autre moitié aurait dii être embarquée à Kamiesch pour être transportée à Kaffa , c'est-à-dire à l'autre extrémité de la Crimée, et aurait été exposée aux accidents de mer, fréquents et graves dans celte saison. Dans lous les cas, après avoir pris terre, elle aurait été obligée de traverser cent ou cent vingt kilomètres d'un pays ruiné, d'opérer seule, sans pouvoir ni recevoir aucune assistance de la flotte, ni s'appuyer sur l'armée de Sébastopol.

La route d'Aloutcha à Sébastopol, qui prend son point de départ à moitié chemin, à peu près, entre Kamiesch et Kaffa, n'offrait pas moins d'inconvénients, parce qu'elle compensait l'amoindrissemciit de la distance par de plus grandes difficultés de terrain. Elle obligeait de même l'armée d'expédition à une longue marche, pendant laquelle cette armée ne pouvait recevoir aucun appui des autres forces alliée», dont elle se séparait complètement.

Enfin, l'absence de toutes ressources dans le pays et l'impossibilité de transporter des vivres pour toute une expédition dont la durée pouvait se prolonger empêchaient le maréchal de songer aux roules de Kaffa et d'Aloutcha.

Dans cette situation , le maréchal Pélissier résolut de chercher par la montagne une voie plus ardue et plus laborieuse, mais plus courte, et qui lui permît de maintenir son armée d'opérations toujours reliée à l'armée d'occupation de Sébastopol, de rester en communication assurée avec cette armée, qui lui formait une solide réserve, et avec le camp, nécessaire à ses approvisionnements. Eu conséquence, le premier corps, commandé par le général de Salles; le deuxième corps, sous les ordres du général Mac-Mahon ; les highianders, la garde

naïa. Le maréchal Pélissier descendit dans la vallée, et par ses ordres de fortes reconnaissances furent poussées dans la direction du haut Belbeck.

Les détails de ces mouvements, qui demeurèrent sans résultat, sont dénués d'intérêt et d'une aridité qu'augmentent les noms barbares des petites localités que visitèrent successivement les troupes alliées. Ou en peut juger par cet extrait du journal du prince Gortschakoff :

« Contre le flanc gauche de nos positions de défense, l'ennemi a commencé depuis le 15 septembre à concentrer des forces considérables auprès du village d'Ourkousta, poussant en même temps des incursions par détachements assez forts d'infanterie sur la crête de montagne vi.s-à-vis de la vallée de Baïdar; ainsi, par exemple, le 19 septembre, l'infanterie ennemie se dirigea en deux colonnes sur Ouzcnbaschik et Koukoulouza, et occupa une partie des hauteurs jusqu'à ce dernier village. Ce mouvement, comme il est à supposer, avait pour but de masquer la construction de la route à laquelle il travaillait à partir d'Ourkousta.

u Du poste sur la Yaïal , nos avant-postes rapportent que l'adversaire, en forces assez considérables, se trouve sur la côte méridionale; ses bandes détachées parcourent les villages environnants et s'y livrent au pillage.

u Eu général, d'après l'observation des campements ennemis, l'effectif des troupes postées sur la Tchernaïa peut être évalué à environ 50 à 60,000 hommes.

» Le 22 septembre, à sept heures du matin, l'ennemi se porta en deux colonnes sur Markoul et Yéni-Sala ; mais accueilli sur le premier point par une compagnie du régiment de chasseurs de Krémcntchoug, et sur le second par un bataillon du régiment d'infanlerie de réserve de Smolcnsk, il fut repoussé et se relira. En même temps deux balailliins d'infanterie ennemie avec des chasseurs d'Afrique attaquèrent le village de Koukoulouza; la chaîne du régiment d'infanterie de Sraolensk qui s'y trouvait se replia sur Yandjou. Dans la soirée du même jour, le village de Koukoulouza fut rcoccupc pur nous et luls eu état de dércnse.

inSTOIUE DE LA GUERRE D'ORIENT.

"Le Î3 septembre, l'adversaire conliniia la construction de la roule sur la passe des liautcurs et parvint à descendre de notre cote. A sept heures du mutin, environ huit bataillons d'inrantcrie ennemie, descendant des hauteurs d'Ouzcnbaschik, obligèrent nos avant-postes à se replier sur le village d'Aï-Todor. u

Dans les derniers jours de septembre, les Russes abandonnèrent leurs positions de Koukoulouza et de .Markoul, au pied des montagnes qui fcrmenl au sud-est la valU'e de Baïdar, pour se concentrer autour des dél'ilés situés au nord. Ils commencèrent un fort à Kols- Sala, point oii idusieurs ruisseaux, descendant des montagnes voisines, se jettent dans le Belbeck. Ils établirent des batteries pour commander le défilé où passent à la fois la rivière et deux routes, dont l'une conduit directement par Alhand et Isurlcluik-Sioren à Batchiseraï, tandis que l'autre va rejoindre dans la direction d'Airgoulla route deSimphéropol. Des retranchements furent en outre élevés entre Alhand et Kurtcliuk-Sioren, d'un coté et de l'autre, entre Airgoul et Kcinientschik , pour défendre le passage sur les deui roules, si le délilé de Fots-Sala venait il être forcé.

Les alliés maniaient plus souvent la pioche que le fusil. Les Russes esquivaient le combat, mais on avait ci lutter contre les accidents d'un sol bouleversé par les révolutions terrestres. Des rocliers ii pic, des ravins, des montagnes ou des abimcs retardaient la marche des troupes. Toutefois, dans les premiers jours d'octobre, quatre divisions françaises avaient pénétré dans la vallée du haut Belbeck. Le correspondant de la Presse d'Orienl lui écrivait du col de kardonn-Bell, le 3 octobre :

« Du col de KardODD-Bell , 3 octobro.

"... IVous sommes établis tout au fond de la vallée de Baïdar, à cinq kilomètres au plus du Belbeck, près d'un coude qu'il fait pour se diriger au nord-ouest. INos quatre divisions, bien organisées, bien approvisionnées et sûres d'elles-mêmes, attendent impatiemment le moment de courir à l'ennemi. Les Russes ne sont pas loin de nous, du reste. Toutes les gorges en sont garnies; on voit beaucoup de canons sur notre route. Mais nos rudes soldats ne se laissent pas arrêter par de tels obstacles. (,)uand le maréchal aura jugé l'heure favorable, nous passerons. En tout cas, nous avons ordre d'être toujours prêts. L'ennemi se tient sur la défensive.

• .Nos troupes travaillent constamment aux routes pour l'artillerie. Cela va vite; mais quelles roules! Dans certains endroits nous avons des pentes de I 20*^; cela va même jusqu'à 1112". Le chemin sera rude, mais on passera. »

" Le 4 octobre, dit le prince Gortschakoff, le seul général dont les rapports aient clé publiés, l'ennemi, au nombre de 8 bataillons et 5 escadrons, descendit en cinq colonnes, précédées de tirailleurs, vers le village de Karlou. Après une courte escarmouche, le général-major Aliilon, qui commandait notre avant-garde, rassembla ses troupes dans une position avantageuse près de Youkary-Aïrgoulou ; le soir, l'adversaire se retira sur la passe des montagnes, laissant ses postes sur les hauteurs près de Karlou, et nos troupes reprirent leurs anciennes positions.

"Les C et 7 octobre, les alliés, au nombre de 6 à 7 bataillons avec 2 escadrons, s'avancèrent jusqu'au village de Karlou et occupèrent celui de Koukoulouza, ainsi que les hauteurs qui le séparent de Karou et d'Adym-Tchokrak.

" Le 8 octobre, l'ennemi effectua une reconnaissance forcée de la rive gauche du Belbeck; le nombre des bataillons descendus ce jourlà de la passe s'élevait environ à douze. Deux d'entre eux, avec 4 pièces de canon , qui avaient passé la Chouliou, furent accueillis par la légion grecque de l'empereur Nicolas b"' et contraints de se retirer vers Aï-Todor.

" Le 9 octobre, les alliés, en même nombre que la veille, sortirent de Koukoulouza, et, après une escarmouche entre leur chainede tirailleurs et les nôtres dispersés sur les hauteurs de la rive droite du Belbeck, refoulèrent notre avant-garde et occupèrent le village de Yéui- Sala. En même temps, l'infanterie ennemie, qui occupait les hauteurs de Karlou, descendit en partie vers Adym-Tcliokrak et en partie se posta sur les versants qui descendent vers Fots-Sala; quant aux troupes restées sur la passe de la montagne, après avoir, au signal d'une fusée, levé leur camp, elles se formèrent en colonne et se tinrent prêtes à agir.

" Le général-major TétérevnikoiT, qui commandait notre avantgarde, se replia sur Youkary-Aïrgoulou; quant à l'adversaire, après avoir cessé vers raidi la fusillade , il disposa son infanterie près de Yéni Sala et de Fots-Sala, sur la rive gauche du Belbeck; sa cavalerie, forte de 12 escadrons , resta derrière l'infanterie. »

A cette date, un officier français mandait des bords du Belbeck au Mànii'ial de la Loire :

« Depuis quelques jours nous avançons si rapidement et nos séjours sur le même emplacement sont si courts, qu'il m'est impossible de vous donner beaucoup de détails. INous avons traversé avec assez de difficultés la chaine de montagnes qui sépare le bassin du Belbeck de celui de la Tchcrnaïa. On a du ouvrir des routes pour le passage de l'artillerie pour permettre à nos approvisionnements d'arriver. Tous ces travaux nous ont arrêtés jusqu'au 9 octobre.

" Les Russes ont toujours cédé leurs positions devant nos tirailleurs. Aujourd'hui ils se sont arrêlés sur les hauteurs de la rive droite du Belbeck, et semblent vouloir nous y attendre pour ne pas perdre leurs communications avec Simphéropol.

" Les divisions d'Autemarre, Pâté et d'Aurèle et la division de cavalerie du général IMoriis sont dans la vallée, en avant du village de ^anghen et autres dont j'ignore le nom; nos avant-posles vont jusqu'au Belbeck, que nous allons bientôt franchir. La 4"" division du 1" corps occupe la crête des montagnes, de la rive gauche de la Choumla jusqu'au-dessus de Tchorgoun, et nous met ainsi en communication avec la droite des Sardes. «

Des démonstrations qui n'amenèrent aucun engagement eurent lieu pendant les jours suivants.

I' Le 10 octobre, les alliés firent une reconnaissance sur toute l'étendue de la ligne de notre flanc gauche, depuis Schouh, par Karlou et le long du Belbeck, jusqu'aux villages de Gavry et de Makhouldour. Une partie des troupes ennemies (et nommément 10 bataillons et 1-2 escadrons) qui occupait Fots-Sala traversa le Belbeck; l'infanterie avait déjà commencé à gravir les hauteurs opposées: mais, apercevant notre avant-garde en position, près d'Aïrgoulou, elle retourna vers le Belbeck, et vers lesquatre heures de l'après-midi rentra dans ses campements de Yéni-Sala et Fots-Sala.

u Afin de s'opposer à ces tentatives et de ne pas permettre à l'ennemi de se répandre dans le haut Belbeck pour profiter des ressources de ce canton que la guerre n'a pas encore ruiné, l'aide de camp gégéral prince Gortschakofi' renforça l'avaiit-garde en la soumettant au commandement du général d'artillerie Soukhozannetk, commandant du .'i'' corps d'infanterie, auquel il donna ordre de faire un mouvement offensif contre l'ennemi occupant Yéni-Sala.

» En exécution de cet ordre, pendant la nuit du 12 au 13 octobre, nos dragons, sous le commandement du lieutenant général Montrésor, se portèrent d'Odlou-Sala à Sliliou, et au point du jour continuèrent leur mouvement sur Gavry par Talar-Osman-Kioï. Afin de détourner l'attention de l'ennemi, l'avantgarde avait eu ordre de s'avancer de Youkary-xVïrgoulou sur Fots-Sala et Y'éni-Sala, et le détachement du lieutenant général OuschakolTde se porter sur le flanc de l'ennemi par Albata et Otartchik.

» A la pointe du jour, lorsque ces dispositions commencèrent à s'exécuter, nos avant-postes s'aperçurent que l'ennemi levait ses campements et se retirait en toute hàlc. Après midi les alliés, suivis par les dragons et les Cosaques, remontèrent sur la passe de la montagne. Kotre avant garde s'établit sur la rive droite du Belbeck, ayant ses avant-postes à Yéni-Sala. »

Ce qui déterminait la retraite des alliés, c'était l'impossibilité d'emporter des positions inaccessibles, où des forces imposantes étaient concentrées. En outre, elles les menaçaient de trois côtés, au centre en partant de Youkary-Aïrgoulou, sur le flanc gauche en partant de Talar-Osman-Kioï, et sur la droite en partant d' Albata. Les troupes alliées abandonnèrent donc la vallée du haut Belbeck et se retirèrent sur la crête qui sépare cette vallée de celle de Baïdar. Elles y attendirent trois divisions sardes et une division anglaise, qui devaient les rejoindre sous les ordres des généraux Alphonse de la Marmora et Cameron , mais dont la marche fut contreiuandée.

Un retour oITensif fut tenté le 20. A trois heures de l'après-midi, seize bataillons descendirent des versants qu'ils occupaient et s'avancèrent vers les villages de Karlou et d'Adym-Tchokrak; mais, après y avoir passé la nuit, ils retournèrent sur la crête dont nous venons de parler.

Plusieurs marches et contre-marches du même genre terminèrent cette expédition. La saison s'avançait; les averses et les brumes devenaient de plus en plus fréquentes; les routes étaient fangeuses et impraticables quand on en trouvait, et la plupart du temps on n'en trouvait point. La contrée ne présentait aucune ressource; il fallait apporter du camp les vivres et les fouriages. Et puis, comment livrer bataille à une armée massée sur des hauteurs abruptes? comment transporter de l'artillerie au milieu des rochers et des ravins? Le maréchal Pélissier rappela sagement le corps expéditionnaire à ses quartiers de la Tcliernaïa et ajourna les opérations au printemps de 1856.

Un des of?iciers qui prirent part à l'expédition dans le haut Belbeck, se consolant philosophiquement de ses fatigues inutiles, écrivait quelques jours plus tard à la Presse d'Orient :

« Quoique nous ayons trouvé des obstacles infranchissables de ce côté-là, et que notre campagne n'ait servi qu'à nous faire exactement connaître la ]iosition de l'ennemi , je ne suis pas fâché d'avoir fait cette promenade militaire. La vue des populations tartares par les villages desquelles nous avons passé est un spectacle assez curieux jiour qu'on ne regrette pas la perte de quelques journées. La première fois que nous avançâmes dans la vallée de Baïdar, les habitants furent etïrayés, et beaucoup d'entre eux prirent la fuite. Cette fois, au contraire, ils se sont montrés fort apprivoisés. Comme ils ont vu que, loin de leur faire la moindre offense, nous cherchions à les rassurer, ils ont déposé toute crainte et n'ont songé qu'à nous être agréables. Cette manière d'agir leur a été très-avantageuse, car ils nous ont vendu des œufs, des poules, du laitage, des légumes, des fruits, etc. Dans les premiers moments ils nous ont vendu tout cela à des prix

très-raisonnables; mais le gain les ayant mis en appétit, ils ont douille les prix du soir au lendemain.

>> L'exemple de quelques-uns a excité l'émulation de beaucoup d'autres; toutefois, contrairement à ce qui arrive d'ordinaire, la concurrence n'a pas amené la baisse, et ces bons Tarlares, comme s'ils s'étaient donne le mot, nous ont vendu leur marchandise à un taux de plus en plus élevé. D'après ce qu'on lit de leurs ancêtres, je m'attendais à voir des gens actifs, pleins de pétulance et de vivacité : il faut qu'ils aient bien dégénéré, car leur physionomie et leur allure ne décèlent qu'indolence et fainéantise. Accroupis sur le seuil de leurs maisons, ils passent des journées entières à fumer lentement le chibouq; aussi est-ce vers la culture du tabac que sont tournés leurs principaux soins : les terrains les mieux cultivés sont couverts de celte plante, et une multitude de perches, placées horizontalement sur des lourehes, servent de point de suspension à d'innombrables guirlandes de feuilles de tabac qui sèchent en plein air. Leurs habitalions ont un aspect de misère et de malpropreté qui fait mal au cœur. Les plus aisés ont pourtant des tapis, dont on voit par moments quelques échantillons tendus au soleil; mais quels tapis! ils doivent dater pour le moins du temps du roi IMithridate, et ils dureront, sous forme de haillons, jusqu'à la fin des siècles.

» Leurs femmes se sont montrées un peu plus farouches que les liommes, et ce n'est, pour ainsi dire, qu'en fuyant qu'elles osaient jeter un regard sur nous. A la vérité, ce procédé était plutôt une afTaire de décorum qu'une marque d'aversion, et quand elles pouvaient nous regarder sans être aperçues, elles nous contemplaient avec beaucoup de curiosité. Leurs grands yeux noirs , à prunelles de feu, nous eussent fait désirer de les voir s'humaniser un peu; mais, avouons-le en toute humilité, elles ont été peu touchées de nos lorgnades, et nos galants troupiers n'ont pas eu de triomphe à célébrer de ce côté-là. INous les avons trouvées aussi inaccessibles que les Russes, mais non pas pour les mêmes raisons. Ces derniers, ainsi que je vous l'ai déjà écrit, nous ont apparu sur l'extrémité d'un rocher taillé à pic, sur Uquel, je ne dis pas des hommes, mais des chèvres, auraient beaucoup de peine à grimper. Il y a bien par-ci par-la quelque étroit passage, mais quatre hommes et un caporal sufl'traient pour en défendre l'accès à une armée tout entière. •

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