‹ Histoire de la Guerre d'OrientChapitre 215 sur 235 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Documents anglais. — Rapports du contre-amiral Lyons, du contre-amiral Stewart et du brigadier gcncral Sncncer. — Uopport russe.

Les rapports français sur l'affaire de Kinburn ne sont guère que des dépêches; mais ceux des contre-amiraux et du général anglais sont des relations complètes, et la reproduction nous en parait iiidispi-nsable, malgré le soin que nous avons mis à fondre dans notre propre récit tout ce que fournissaient d'essentiel les documents publics ou privés.

Voici le rapport du contre-amiral Lyons au secrétaire de l'amirauté :

• A bord du Royal-Mbort, devant Kinburn, 18 octobre 1865.

" Monsieur, ma dépêche du G de ce mois a dû informer les lords commissaires d« l'awiiauté qu'uue e»pétiilitfH miUlMr* «l u»v«le

allait quitter le mouillage de Sébastopol le leiideinaiii, pour aller s'emparer des trois forts russes du banc de kiiiburii, à l'entrée de la baie du Dnieper, et la dépèche télégrapliique que j'ai envoyée la nuit dernière à Varna aura appris de bunue heure à Leurs Seigneuries le succès de celle entreprise. Je dois niaintenaut donner de plus amples détails sur la manière dont l'expédition s'est accomplie.

u J'ai donc l'honneur d'annoncer que nous sommes arrivés au rendez-vous devant Odessa le 8 octobre ; mais les vcnis du sud-ouest étant trop forts pour permettre uu débarquement de troupes, c'est seulement dans la matinée du 14 que l'expédition a pu gagner le mouillage devant Rinburn.

u Pendant la nuit, les canonnières ^anci/, Boxer, Cracker et Clin- Aer, et quatre canonnières françaises forcèrent l'entrée de la baie du Dnieper, malgré le feu violent mais peu meurtrier du fort construit sur le banc; et le matin suivant, les troupes anglaises, sous les ordres du brigadier général Spencer, réunies auï troujics françaises

raux sir Houston Stewart et Pellion s'engageaient dans la passe entre Olchakolï etie banc de Kinburn et prenaient les forts à revers; tandis que !e Saint- Jeaji-d' Acre, le Curaçao, la Tribune et le Sphinx attaquaient la batterie du centre, et que VUannibut, le Dauntless et le Terrible dirigeaient leur feu contre celle de la pointe du banc.

» L'ennemi cessa bientôt de répondre à notre l'eu écrasant, et, bien qu'il ne donnât aucun signe annonçant l'intention de se rendre, l'amiral IJruat et moi nous comprimes qu'une garnison qui s'était si bien défendue contre une force aussi supérieure méritait tous les égards ; nous donnâmes donc le signal de cesser le feu ; nous hissâmes le pavillon parlementaire, et nous envoyâmes à terre une souinialion de se rendre , qui fut acceptée par le gouverneur major-général Kokonovitch; la garnison , composée de 1,100 hommes, sortit avec les honneurs de la guerre , et , déposant ses armes sur le glacis , se constitua prisonnière de guerre. Elle sera embarquée demain à bord du bâtiment de Sa Majesté Vulcan.

Les rangs de nos soldats se sont ouverts pour les laisser passer. Le sentiment religieux dominait tout le monde.

commandées par le général Bazaine, furent débarquées à trois milles au sud du fort principal. Par suite de ces opérations presque simultanées, la retraite de la garnison et l'arrivée des renforts se trouvaient interceptées.

» Sur le soir, les bombardes anglaises et françaises essayèrent la portée de leurs mortiers contre le fort principal.

i> Le vent ayant de nouveau tourné au sud et la houle étant trèsforte, on ne put rien faire le 16; mais dans la matinée du 17, une belle brise du nord et une mer unie |)ermirent aui batteries flottantes françaises, aux bombardes , aux chaloupes canonnières, à l'OJin, aux bombardes /?aren, Marjnet , Caird, Hardy, Famer, Firm, Snake, Wrajigler, Beagle, de prendre leur position devant le fort de Kinburn ; leur feu avait un tel succès qu'avant midi , les bâtiments de l'intérieur du fort étaient eu feu, et que le côté de l'est avait considérablement souffert.

» A midi, \e Royal-Albert, VAlgiers, VAgamemnon et la Princesselioyale, accompagnés des quatre vaisseaux de ligne de l'amiral Bruat, vinrent mouiller en ligne devant le fort de Kinburn, circonstance rendue nécessaire par la configuration de la côte ; la précision avec laquelle ils prirent leur position dans l'ordre le plus rapproché , beaupré sur poupe, n'ayant que deux pieds d'eau sous la quille, était vraiment admirable.

» Au même moment, les frégates sous les ordres des contre-ami-

l'aris. 'lyijugra^ihic Ileuri

» Les pertes à bord des flottes alliées sont très-légères ; il n'y a eu que deux blessés à bord des bâtiments de Sa Majesté. Je crains que les pertes de l'ennemi , tant en morts qu'en blessés, ne soient trèsconsidérables.

« iVous avons trouvé dans les trois forts, qui ont eu beaucoup à souffrir de notre feu, 81 canons et mortiers en batterie et un ample approvisionnement de munitions.

)' Ce matin l'ennemi a fait sauter les forts de la pointe d'Otchakoff, qui étaient armés de 22 canons; et nous apprenons par un déserteur polonais, qui s'est échappé pendant la nuit dans un canot , que le commandant appréhendait une attaque de nos bombardes qui auraient détruit non-seulement les forts , mais encore les édifices.

» Je n'entrerai pas dans le détail des opérations de l'escadre commandée par le contre-amiral sir H. Stewart, qu'il a si bien exposées dans la lettre que j'ai l'honneur de joindre à mon rapport , et par laquelle Leurs Seigneuries verront que j'ai reçu de lui en cette occasion , comme dans toutes les autres où j'ai été assez heureux pour l'avoir sous mes ordres, cette précieuse assistance qu'on doit attendre d'un officier d'un mérite aussi distingué et aussi généralement reconnu. Qu'il me soit permis de joindre mon témoignage au sien en faveur de tous les officiers, et spécialement du lieutenant Warryat et M. Brooker, qu'il recommande à l'attention bienveillante de Leurs Seigneuries.

Flon , rue Garanciére, 8.

» Ce serait une chose difficile que de signaler en particulier le mérite des officiers qui sont sous mes ordres, car tous se sont admirablement conduits ; mais je prends la liberté de rappeler que las mêmes officiers de la marine et de l'artillerie qui étaient à bord des bombardes lors de la chute de Sébastopol se trouvent au milieu d'eux, et que, dans cette circonstance comme dans les précédentes, ils ont été sous la direction du capitaine Wilcox , de VOdin , et du capitaine Digby, de l'artillerie navale.

» Je ne puis m'cmpccher de dire que je crois exprimer l'opinion de toute la flotte en disant que, dans celte alïaire comme dans celle de Kertch, l'habileté et l'activité infatigable de cet excellent officier, celle du capitaine Spratt, du Siiitfire, et de ceux qui étaient sous ses ordres leur ont valu nos félicitations les plus cordiales et méritent d'être mtntionnés d'une manière toute particulière.

Valorous, Gladialor, Fcmcij, Cracker, Grinder, Boxer, Clinker, et avec ceux sous les ordres de mon collègue le contre-amirùl Odet-Pellion , nous nous sommes tenus prêts à forcer l'entrée du Dnieper, afin d'empêcher autantque possible tous renforts d'être jetés dans les forts de la pointe de Kinburn et de couper la retraite à la garnison, si elle la tentait.

» A neuf heures du soir, j'ai ordonné au lieutenant Joseph Marryat , du Cracker, de prendre k bord M. E. Brooker, du Spitfire, et de tâcher de déterminer de concert avec lui le cours du canal difficile par leijuel nous devions passer, et de disposer des bouées du côté du sud , les Français s'étant chargés d'en disposer du côté du nord.

» J'ai ordonné à M. Thomas Potter, maitre du Furious , de se rendre avec deux embarcations du Tribune, et protégé par le Cracker, de chercher le banc du côté du nord , et, à son retour, de tâcher de

>> Je n'ai pas besoin de dire que mon collègue si distingué l'amiral bruat et moi avons vu avec un plaisir infini nos escadres respectives agir de concert comme une seule et même flotte.

M J'ai l'honneur, etc.

» EdMUND LfONS. »

A la pièce précédente est annexé le rapport adressé par le contreamiral Stewart au contre-amiral sir Edmund Lyons :

« A bord du Valorous, dan? la baie du Dnieper, lo 1 8 octobre 1 iït'S.

» Monsieur, j'ai l'honneur de vous informer qu'en exécution de vos ordres, j'ai arboré mon pavillon sur la frégate à vapeur de Sa Majesté le Valorous, dans l'apris-midi du l'i, immédiatement après l'arrivée des escadres alliées au banc de Kinburn , et guidé par le capitaine Spratt, du Spitfire , j'ai été prendre position ii rentrée de la baie du Dnieper, et là, avecla division de bateaux ii vapeur sous mes ordres,

disposer une bouée en vue du banc de la pointe de Kinburn , afin d'assurer l'entrée du canal,

)) Aussitôt que le signal convenu a été donné pour cette opération, j'ai envoyé le Fancy, le Do.rer et le Clinker dans la baie du Dnieper, avec ordre de mouiller de manière à proléger le flanc droit de nos troupes en cas de débarquement, et de se préoccuper surtout de ce soin tant qu'il serait possible que l'ennemi les menaçât.

» Pendant la nuit, le contre-amiral Odet-Pellion envoya les canonnières françaises dans le même but. Le lendemain, à la pointe du jour, j'eus la satisfaction de voir toutes les canonnières françaises et anglaises mouillées sûrement au nord-est du fort de Kinburn et sans avaries, bien que l'ennemi eut ouvert sur elles, à leur passage, un feu de mousquelcrie et d'artillerie. Notre principal but était donc rempli.

u Pendant que j'avais encore de grands doutes sur l'espace dans le- (jucl les bouées avaient pu être placées pour les plus gros navires, le lieutenant Marryal et IM. lirooker, à dix heures du malin , vinrent

so

ni'annoncer que le travail ëlait terminé , et que ce dernier officier liait (oui pri'l à piloter l'escadre.

• Le désir empressé de rcs officiers de me communiquer personnellement leur rapport sur la difficile navigation du Ilniéper mérite tous mes remercinieuts, et la bravoure avec laquelle le lieutenant !»Iarival a conduit le Cracker pour cet objet, sous le feu continuel des forts et des batteries , a eicité l'admiration de tous les témoins oculaires.

• >fous étions prfts alors à avancer et nous attendions, scion vos ordres, le signal de l'attaque générale.

■' ^ oici l'ordre <lc la marclic des navires : Valorous , portant mon pavillon ; Furiuus , Aamodce (fiançais) , Cacique (français) , Sidon, Léopard, San»' ;franrais) ; Gladialor ^ Firchrand, Stroniboli. SpitefuU. A midi nous sommes entrés dans le canal; chaque navire lâcha une bordée aui batteries de la pointe et au fort do Kinburn. Le lieutenant Marryal, du Cracker, nous a admirablement pilotés.

>' Si l'ennemi avait continué sa défense des batteries du banc, le Sidon, le L'opard , le Sané et le Gladialor avaient l'ordre de rester en face de ces batteries jusqu'à ce qu'ils les eussent f.iit taire. .Mais le feu ennemi ayant été éteint par celui des navires que vous aviez placé à l'ouest du banc, et par ceux de notre escsJrc en passant à l'est, cette mesure n'a pas été nécessaire. Toute la division a continué sa marche dans le canal et a mouillé devant le fort NicolaïciT et la pointe Otcliakofl'.

" Pendjnt ce temps, les quatre canonnières Fancij, Grinder, Boxer et ( hnker rendaient de grands services en se plaçant de manière à tonner de flanc contre la batterie du milieu et le fort de Kinburn, au moment où notre division passait a peu de distance. Aussitôt après avoir jeté l'ancre, j'ai transporté mon pavillon sur le Cracker, et suivi par les autres canonnières, j'ai passé tout près du front est du fort de Kinburn, me tenant prêt à agir suivant les circonstances, si le feu de l'eiinemi, qui avait cessé alors, venait à recommencer; il n'en a pas été besoin.

".le suis enchanté, après avoir payé un juste tribut d'élogeS aiii officiers et aux hommes de ma division, de déclarer que, concertsiit avec nos braves alliés les arrangements nécessaires pour exécuter les heureuses opérations actuelles, j'ai reçu l'appui cordial et le concours lie mes excellents collègues, et notamment du contre-amiral Odel Pellion.

" J'appelle surtout votre attention sur le lieutenant Marryat et -M. Hioiker; ils avaient une mission très-difficile et dangereuse à remplir, ils s'en sont acquittés admirablement. » J'ai l'honneur, etc.

» Houston Stgwart, contre -amiral. «

Le brigadier général Auguslus Spencer, commandant la division des troupes anglaises de terre, expédia dès le 17 au quartier général une dépèche ainsi conçue :

« Au, secrétaire militaire , etc. , au quartier général. » Au camp devant Kinburn, le 17 octobre. » Monsieur, en rendant compte, pour qu'il en soit donné connaissance au général commandant les forces de Sa Majesté, de la réduction de la garnison de la forteresse de Kinburn, laquelle a eu lieu aujourd'hui, j'ai l'honneur de vous annoncer que la division sous mon commandement, suivant le rapport ci-joint , a elTcclué sans résistance son débarquement lundi 15. Par suite d'un violent ressac qui a continué hier toute la journée, le débarquement ne s'est pas oj éré sans un peu de difficulté. Cependant les troupes ont été toutes à terre le premier jour, et depuis elles ont travaillé à fortifier notre position par des retranchements. On dit ([u'unc division de l'ennemi se rassemble il Cherson, à 40 milles environ d'ici; mais notre voisinage immédiat parait être k l'abri de tout danger. La ligue avancée de notre position, flanquée des deux côtés par la mer, est occupée par la division que je commande et s'étend à un mille environ. >i J'ai , etc.

» AucusTis Spkscbii , brigadier général , commandant la division des troupes anglaises de terre. »

Les troupes anglaises ne tardèrent pas à se rembarquer, et ce ne fut qu'après s'être séparé de la division française que le brigadier général Spencer écrivit une relation de la prise de Kinburn. 11 y joi|;iiit des renseignements sommaires sur la part qu'avait prise aux opérations le corps expéditionnaire anglais jusqu'au jour de son embarquement.

« A bord du Itoyal-AWtrl , en vue de Sébastopol, 1" novembre. i> Monsieur ,

i> En annonçant le retour de Kinburn de la colonne expéditionnaire de débarquement placée sous mes ordres, je viens faire un rapport plus détiiillé que je ne l'ai pu faire dans ma précédente dépêche, écrite en toute hâte.

» Lç d^ibarquciutut des troupes à trois milles du fort de Kinburn

a eu lieu sans opposition, le 15 octobre. Il s'est fait très-difficilement, à cause d'un fort ressac ; mais à onze heures du matin, après avoir couiinencé .-i huit heures, toute l'infanterie était à terre, et grâce à l'activité de la marine royale, la cavalerie et la majeure partie de l'artillerie avaient été débari^uées dans le courant de la journée, quoique la première partie seulement du commissariat n'ait été mise à terre avec beaucoup de difficulté que le lendemain soir.

» Toutes les forces furent bientôt en position. L'ordre que j'avais reçu du général français Bazaine était de protéger avec les troupes anglaises le flanc droit contre toute attaque que l'ennemi pourrait diriger du côté de Nicolaïeff ou de Cherson pour secourir la garnison, tandis que la ligne française devait être derrière nous, mais faisant face au fort.

» Le terrain que j'occupais avait un mille d'étendue. Les régiments étaient déployés en ligne ; on avait profilé de tous les avantages offerts par la nature du terrain onduleux. Les tentes furent dressées derrière les bataillons à mesure qu'elles arrivaient du lieu du débarquement.

" Les sept régiments, aussitôt après leur débarquement, travaillaient à retrancher leurs fronts, ce qui généralisait notre ligne de travaux de camp:igne, en parlant de la mer, de chaque côté. Un ouvrage fut aussi exécuté, dans la journée du lendemain, sur le flanc g.iuche de la ligne, pour être servi par des pièces de campagne ou les canons des navires, si le fort ne tombait pas immédialement.

>i La nature du terrain rendait impossible toute assistance de la part des canonnières alliées. Les Français avaient en toute hâte établi une place d'armes derrière notre droite, et de lii un rembar.|uement, au besoin, aurait pu se faire d'une manière satisfaisante. Le bombardement par les vaisseaux a commencé dans l'après-midi du 15 , mais l'élat de l'atmosphère l'a fait discontinuer. Le 16, on n'a pas pu le reprendre pour la même raison.

« Dans la matinée du 17, les travaux de campagne exécutés par les troupes étaient très-susceptibles d'être défendus selon les circonstances, quoique trop vastes. Les piquets d'avant-postc avaient fait aussi de petits retranchements dans leurs positions respectives. Au point du jour, je fis une reconnaissance avec des détachements de cavalerie française et anglaise et le 57° régiment.

>i Le temps devenant brumeux, l'infanterie est rentrée après une marche de quatre milles. La cavalerie est allée jusqu'au village de Paksoffka, quelques milles plus loin. Le village était désert; à dix heures du matin la marine a ouvert le feu, et à trois heures les forts se sont rendus avec 1,400 prisonniers environ; 17 officiers et 739 hommes m'ont été remis par le général Bazaine ; ils ont été envoyés ensuite ii bord du navire de Sa Majesté \'ulcan pour se rendre à Conslanlinople.

» Le Icuilemain malin, l'ennemi a fait sauter les forts d'Otchakoff. Des commissaires français et anglais ont été désignés pour enlever le matériel trouvé dans 1rs forts de Kinburn. Le 19, j'ai établi le camp anglais dans le voisinage immédiat du fort, et j'ai occupé le rivage du sud. Le terrain y est presque de niveau avec la mer, et si parfaitement uni, qu'il est facilement protégé par la marine des deux flottes. » Le 20, les forces anglaises, à l'exception du 2I<^ régiment, qui a été laissé à Kinburn pour y faire le service, sont allées avec les Français faire une reconnaissance sous les ordres du général Bazaine. Les troupes ont emporté trois jours de vivres, et le commissariat pouvait en emporter pour trois jours de plus. Nous avons fait halte et bivouaqué cette nuit dans le village de Paksofllia, i> huit milles environ de marclie dans un sol sablonneux.

» Les Français ont occupé un village .i peu de distance. Nous n'avions pas de lentes, mais le temps était beau. On trouvait beaucoup de bois et de fourrage, ainsi qu'une grande quantité de légumes. Les habitants étaient tous partis.

)) Halte le 21. Le lendemain, avec la cavalerie, l'artillerie et trois bataillons, j'ai accompagné le général Bazaine, avec une partie des troupes françaises, jusiju'au village deSkadofl'ka, ii cinq ou six milles. Il Le pays était très-plat, le sol quelquefois très-sablonneux. Toujours beaucoup d'eau dans les villages. Après avoir brûlé le village, nous sommes rentrés dans la journée à Paksoffka. Le détachement de carabiniers sous les ordres du capitaine Weardian s'était rendu par mes ordres à un village il trois milles plus loin. 11 a trouvé des habiianls qui lui ont dit que quelque cavalerie russe était passée le malin même.

Il Le 53, toutes les forces sont rentrées à Kinburn. Pendant la marche, noire arrière-garde a été menacée par deux cent cinquante cavaliers ennemis qui n'ont pas tardé à se retirer. Le 27, la cavalerie et l'artillerie ont été embarquées, et le 30 toute l'infanterie a été aussi embarquée pour retourner en Crimée, laissant des troupes françaises en garnison dans le fort.

0 Je ne saurais trop parler de l'assistance que j'ai due à la coopération et aux conseils de l'amiral sir Edmund Lyons et de l'appui qui m'a été donné par lui et les officiers de la marine royale sous ses ordres. J'ai du beaucoup ii leurs excellentes dispositions pour le débarquement et le rembarquement des troupes.

» Je puis donner au commandant en chef l'assurance de la grande satisfaction que j'ai éprouvée ii servir sous les ordres du général Ba-

raine dans cette expédition. (Suit l'éniinicration de tous les officiers anglais supérieurs et autres dont le signataire du rapport a eu à se louer. Tous se sont distingués par leur zèle.) » J'ai l'honneur d'être, etc.

1) AuG. Spesce», brigadier général, t

En fait de rapports russes, nous ne possédons, outre les dépêches précitées , que cette note publiée par le Journal de Saint-rélcrsbourij :

« Afin de connaître le sort de la garnison de Kiuburn, un parlementaire a été envoyé d'OtchakofI' le 18. On a reçu en réponse du commandant de la place, prisonnier de guerre, général-major Kokhanovitch, nn rapport dont il résulte qu'après deux jours de bombardement, tous les canons dans la forteresse avaient été démontés , les remparts étaient détruits et tous les édifices enflammés, et qu'il n'y avait aucune possibilité ni de se défendre, ni d'opposer de la résistance à un assaut contre des fortifications en ruines.

>i Alors l'ennemi , avec toute sa flotte , s'était approché à une distance de quatre cents sagènes et avait envoyé un parlementaire demander la capitulation de la forteresse. Le commandant, n'ayant aucun moyen de répondre au feu de l'ennemi, s'était vu contraint , dans le but de sauver ses hommes, d'accepter les conditions qui lui étaient proposées. D'après ces conditions, lui et la garnison avaient été faits jirisonniers , mais avec tous les honneurs de la guerre et les officiers conservant leurs épées.

" Notre perte en hommes, pendant le bombardement de Kinburn, n'a pas été considérable ; ou ne connaît pas esaclement le nombre des morts, mais il y a soixante et un blessés parmi les prisonniers. Hier les troupes de descente ennemies ont quitté leur camp et sont entrées dans le faubourg de Kinburn. »

Page 1