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CHAPITRE XXVII

Mouvements en Crimôe. — Rpmplicempnt de sir James Simpson. — Notice sur sir William Codrington. — Déclaration du prince GortschakulT qu'il n'abandonnera jamais la Crimée — Discours de l'archevêque Innocenti. — Voyage d'Alexandre Il en Crimée. — Sa lettre au prince Gortschakoff. — Son adresse à l'armée.

L'amiral Briiat, qnand la mort le surprit, revenait avec la plus grande partie de la flotte franoaise. Celle des Anglais devait également s'éloigner de la mer ]N'oire jusqu'au retour du printemps. L'Hannibal de 91 canons, capitaine J.-IJ. Ilay, et portant le pavillon du contre-amiral sir Houston Stewarl ; le Snint-Jean-d'Acre de 101 canons, capitaine Keppel ; VAijamemnon i\e 91 canons, capitaine sir John Pasley ; le l'rincp-IUiijal, capitaine lord (;. Pagcl, de 91 canons, et l'Alijiers, capitaine Talbot, de 9; canons, étiient destinés h croiser dans la partie orientale de la ÎMéditerranée. Le London, le Queeit, le Hodfieil , r.l/')(on et autres bâtiments retournaient en Angleterre. Le vaisseau amiral de 120 canons, le Boijal- Albert, capitaine Mends, restait en Crimée. Le contre-amiral Ljons avait k exercer sa surveillance sur Kericli , Eiipatoria et autres points du littoral; initié ii la guene depuis le commencement de 1.1 campagne , il voulait aussi aider des lumières de son expérience sir WiPiaui Codrington, qui remplaçait sir .lames Simpson dans le commandement en chef des troupes de terre.

Sir James annonça à l'armée, par un ordre du jour du 10 novembre, que sa démission avait été acceptée, et son successeur prit possession de son nouveau poste : " Obéissant aux ordres de Sa Majesté, dit-il à l'armée, je viens prendre le commandement. C'est avec un sentiment d'orgueil et de confiance dans le concours que je sais que vous avez cordialement donné à tous les officiers qui ont été honorés de cette mission. Les armées de France et de Sardaignc sont unies avec nous sur ce champ de bataille ; nous connaissons parfaitement leur vaillance, car nous les avons vues à l'œuvre ; nous connaissons leur afIVclion , car elle nous a profité ; nous avons partagé leurs peines, leurs dangers et leurs succès : c'est un motif pour nous estimer mutuellement, et nous sentirons tous que c'est pour nous un plaisir et un devoir d'entretenir ce commerce de bienveillance résultant de l'alliance intime des nations elles-mêmes.

11 ^lolre armée conservera toujours son grand caractère sur le champ de bataille. La sobriété, une conduite régulière et la discipline, qu'il est de notre devoir de maintenir, sont les meilleurs gages des succès à venir ; et je me fie aux efforts et au concours des militaires de tous grades pour conserver ainsi à l'armée son caractère d'honneur et de force qui sont, pour l'Angleterre, un si puissant instrument de confiance. «

Agé d'environ cinquante ans, le général Codrington était entré au service en 1821 , et avait été d'abord enseigne dans les gardes coldstrcarn. 11 avait été nommé colonel en 1846, et major général en 18S4 ; il faisait partie de l'armée de Crimée depuis la bataille de l'.llma. Il fit ses adieux à la division légère, à la tète de laquelle il combattait depuis un an, par cette adresse qui fut lue à la parade de chacun des régiments :

« Il a plu à la reine de m'enlever à la division légère et de me confier le commandement de cette armée.

1. Depuis le moment oii j'ai été appelé à faire partie de la brigade de droite, sous les ordres de sir George Itroxvn, jusqu'à ce jour, j'ai trouvé dans les officiers, les sous-officiers et soldats de toute la division le concours le plus bienveillant et le plus cordial.

11 II y a eu des jours de marches brillantes et de rudes combats dès le début de la campagne ; il y a eu des jours et dos nuits d'hiver à supporter avec courage et persévérance. Sont ensuite venus les travaux du siège, plus pénibles et plus périlleux, quand à chaque nuit on avait à livrer presque une bataille; puis plusieurs attaques, et, enfin, le dernier assaut livré contre les travaux de Sébastopol.

• iJans toutes ces circonstances, la division légère a complètement pris sa part dans la lutte, et c'est avec un juste orgueil que j'ai vu mon nom associé au sien et le dévouement à son devoir qu'elle a manifesté en toute occasion.

>• J'éprouve seulement le besoin de lui demander qu'elle continue de suivre la ligne de discipline et de conduite régulière, qui sont les garanties les plus sûres pour conserver son nom honorable et pour obtenir les succès dont elle est digne.

» W.-J. Codrington, lieutenant général. »

Les journaux de Londres applaudirent presque unanimement à la nomination de sir William, qui, eu égard ii la lenteur de l'avancement en Angleterre, était considéré comme un jeune général. Au reste, il ne fut pas à même de donner des gages immédiats du talent qu'en lui supposait. La saison mettait forcément un terme aux grandes opérations. Les armées n'avaient à s'occuper que des préparatifs d'hi- ▼eriiag* et ii surveiller l'ennemi , qui pouvait être tenté de profiter

des nuits sombres et des brouillards pour recommencer la bataille d'Inkcrmann.

Les Russes, auxquels on avait prêté un moment l'intention d'abandonner la Crimée, s'y établissaient au contraire le plus solidement possible. Laissé par Alexandre 11 juge de l'opportunité d'une retraite, le prince GorlschakolT avait annoncé à ses soldats, par un ordre du jour du I.S octobre, qu'il n'abandonnerait jamais volontairement la Crimée. « Sa Majesté Impériale notre maître, disait-il, m'ayant chargé de remercier, en son nom cl au nom de la Russie, les vaillants guerriers qui ont défendu le côté sud de Sébastopol avec tant d'abnégation, de courage et de persévérance, est persuadée que l'armée, après avoir acquis la liberté des opérations en campagne, continuera par tous les elforts possibles de défendre le sol de la sainte Russie contre l'invasion de l'ennemi. Mais, de même qu'il a plu à la sollicitude du père delà grande famille (l'armée) d'ordonner dans sa haute prévoyance la construction du pont, afind'épargner, au dernier moment, le sang russe autant qu'il serait possible, l'empereur m'a investi aussi de pleins pouvoirs pour continuer ou cesser la défense de nos positions dans la Crimée, selon les circonstances.

» Vaillants guerriers! vous savez quel est notre devoir. Nous n'abandonnerons point volontairement ce pays oii saint VVIadiniir reçut l'eau de la grâce après avoir été converti au christianisme que nous adoron-. Mais il y a des conditions qui rendent quelquefois impraticables les plus fermes résolutions et inutiles les plus grands sacrifices. L'empereur a daigné me laisser seul juge du moment oii nous devrons changer notre ligne de défense, si telle est la volonté de Dieu.

» C'est à nous de prouver que nous savons justifier la confiance du czar, venu dans notre voisinage pour y pourvoir k la défense de la pairie et aux besoins de sou armée. Ayez confiance en moi, comme vous l'avez fait jusqu'à présent à toutes les heures d'épreuves que les décrets de la Providence nous ont envoyées. •

Le prince (iortschaUoff communiqua sa résolution aux généraux Benkendorf elSlackelberg, qu'Alexandre II lui avait envoyés; et pour qu'elle fiit connue, de nombreux renforts furent dirigés sur Siuiphéropol. Les grenadiers de la garde qu'on avait jus(|ii'alors réservés y montrèrent leurs tailles colossales et leurs mâles visages. Les malingres moujiks des milices de Moscou y firent voir leurs chemiss rouges boulonnées sur la poitrine, leurs larges pantalons rentrés dans les bottes, leurs chapeaux ronds à larges ailes, ornés sur le haut d'une croix grcci|ue, leurs drapeaux verts portant une croix d'or avec celte légende : Par la foi , le czar et la Russie. Ces défenseurs du trône et de l'autel entendirent eu passant à Odessa une de ces harangues fanatiques dont l'archevêque Innocenti était si prodigue : « Champions chrétiens, leur dit-il, votre long trajet est fini! Vous voilà sur la rive de la mer IVoire, eu face de l'ennemi. Il ne suffit pas d'avoir à prouver par le fait ce qui jusqu'à présent n'était que dans votre cœur et sur vos lèvres...

Il Nous sommes bien persuadé que votre force et votre bras ne resteront en arrière ni de vos lèvres ni de votre cœur, et que vous ferez dix fois plus que vous n'avez promis de faire à ceux qui vous ont envoyés ici..

1) La même Eglise sainte qui vous a bénis à votre départ, qui maintes fois s'est montrée à vous comme l'ange gardien de votre marche, cette même Eglise sainte vient à présent à votre rencontre avec la bénédiction, au terme de votre pèlerinage; sachez donc que votre chemin n'est pas uu chemin ordinaire; mais du commencement à la fin uu chemin sanctifié, et on peut dire un chemin de croix, dont le but n'est pas Odessa ou Cherson, mais Gethsémaué et Eleven.

» Eu vous rencontrant maintenant sur ce chemin, nous ne pouvons ne pas vous adresser le salut évangélique. Soyez bénis au nom du Seigneur!

u Vouloir après cela exciter votre vaillance contre l'ennemi, ce serait oublier que depuis votre enfance vous avez eu devint les yeux : Borodino, Toronlino et Maloïaroslavetz. Oh! pareils hommes ne fléchiront jamais devant un ennemi, quel qu'il soit!

• Vous rappeler la patience et l'abnégation du guerrier, ce serait ne point songer aux cendres saintes de Moscou, que vos pères, de leurs propres mains, ont sacrifié à la patrie. Oh! pareils hommes préfèrent mourir plutôt que de céder la victoire à l'ennemi!

» Fixons plutôt votre attention sur ce que vous ne connaissez pas encore assez. Vous venez d'abandonner la première capitale de l'empire et de quitter le saint Kremlin; vous vous êtes sans doute imaginé qu'en même temps vous vous éloigniez du cœur de votre patrie. Oui, c'est au Kremlin que bat le cœur de la patrie; mais avez-vouÉ songé qu'en vous approchant de nous et en même des frontières de la Russie, vous vous approchiez du berceau de notre foi orthodoxe? Car, c'est chez nous, mes chers enfants, dans notre sainte Chcrsouèse, que le grand-duc ^Vladimir a embrassé la foi chrétienne et reçu leS eaux de la grâce, et, en sa personne, toute la Russie le fit également.

)) Voilà pourquoi vous allez combattre! non pour Nadchibaj ou Batschi-Serai , mais pour la sainte Chersonèse et Inkermann. Si , à votre départ du Kremlin, les saints de Moscou et saint Serge de Radouége ont béui iuvisiblemcat votre chemin , nos saiuls martyrs de

Clirrsnncse et avec ciii l'i'yil des apôlrcs, le (;iand-duc Wladimir, vous leiicoi trciil ici au leiiiie de votre inaicbe. Avec de pareils coopi'raleiirs spirituels, sons r('p,i'le de pareils capitaines, serait il possible que vous ne remplissiez pas glorieusement votre tâche?

)) Champions de Moscou i

» C'est avf c une estime toute particulière que nous vous regardons. Dès à préspiit, il n'y a pins seiilimcnt un lien de commerce qui unit Odessa et Mes ou ; il y a l'alliance indissoluble de la croix et les armes pour la firfcnse de la patrie.

« Plaise à Dieu que nous puissions dignement vous recompenser du zèle que vous nous témoignez. Amen ! »

Ces exhortations, propres à impressionner une masse ignorante et crcdnle, auraient été néiinmnins stériles si la position des Russes avait été désespérée ; mais favorisés par le climat, par la saison et surtout par la conformation du sol, ils se flattaient encore de soutenir la lutte. Leurs plans, le but de leurs elîorts , sont appréciés avec autant d'impartialité que d'exactitude dans cet article envoyé au Times par un de ses correspondants :

" Nous avons été trop prompts, non-seulement en Angleterre, mais ici , à fonder des espérances sur les privations auxquelles l'ennemi allait être condamné et sur les besoins imaginaires auxquels, dans noire opinion, il allait probablement être en proie. Mais les Russes sont bien approvisionnés en munitions de guerre et en vivres. Toutes les ressourcps de l'empire ont été consacrées à l'armée de Crimée, et le général ennemi compte sans aucun doute sur la concentration de forces suffisantes pour lui permettre au printemps prochain de tenir lêle aux allies sur tous les points. Il sait d'ailleurs que Pérécop ne saurait être attaqué par une force considérable, à cause du peu de profondeur de l'f au à l'est et à l'ouest de l'ihstme , et de sa position géographique ; il sait, en outre, que la configuration du pays ne permet pas qu'une armée puisse s'engager et manœuvrer sur ses derrières.

» Ce n'est pas parce que saint Wladimir a été converti en Crimée que le prince GnrtschakolV se maintient à la ferme de Mackensie et sur les plateaux du Belbeck et de la Tchernaïa. Mais il sait que, tant que les alliés ne l'en auront pas délogé, ils seront paralysés, et que, tant qu'il sera à Simpliéropol, ils ne peuvent avoir de base d'opérations sûre cont-e Nicolaïeff ou Cbcrson , car ce serait aller contre le sens commun que de laisser sur leur flanc et sur leurs derrières une armée comme celle qu'il commande. Il espère donc pouvoir tenir en Crimée pendant toute la durée de la prochaine campagne ou tout au moins cire en mesure de prendre des dispositions qui, même dans l'éventualité d'une grande défaite, assurent sa retraite par Pérécop et Tchongar, ou par une troisième route à travers le Sivash, à l'existence de laquelle il y a tout lieu de croire. »

Sous la direction du général Melnikoff, Simphéropol devenait une place forte de premier ordre. La côte septentrionale de la rade de Sébastopol se couvrait de nouvelles redoutes, et en mènic temps que des mesures' étaient prises pour renforcer l'armée de Crimée et pour la consolider dans ses positions , son moral était relevé par tous les moyens possibles. Le czar en personne, avec le grand-duc Michel, crut devoir les encourager par sa présence. Il vint le 9 novembre à Batchi-Seraï, rendit visite au prince Gorlschakoff, assista au service divin et reçut les hommages des autorités civiles et militaires, des députations des Tartares et des juifs karaïtcs. Le jour même il passait en revue, sur les bords de la Katcha, les troupes du 4" corps d'infanterie, l'artillerie et plusieurs bataillons de milices; il rentra à Batchi-Seraï pour dîner ; le soir, la ville fut illuminée et des feux de joie brillèrent sur les montagnes voisines.

Le 10, Alexandre II se fit conduire auprès des troupes du 6» corps d'infanterie, stationnées près des forts du Nord, les inspecta et se rendit enstiile a cheval à la tour Volochsnoff, d'où il put voir toute la ville et If s environs ; après avoir passé en revue les troupes du i' corps d'infanterie, depuis Inkerniann jusqu'aux hauteurs de Mackensie, l'empereur déjeuna chez le général PawlolT et porta un toast à la 11" division de l'armée.

Les journées des 11 et 12 novembre furent consacrées à une nouvelle revue des troupes des 3' et 5' corps d'infanterie, campées le long du Belbeck, au détilé de Youkkara Karalès, sur la Katcha et près du village de Tasch-Kasty. Il alla ensuite visiter dans les hôpitaux de liatclii-Seraï les officiers et soldats malades ou blessés; puis il partit pour Saint-Pétersbourg; mais, chemin faisant, il s'arrêta u Simphéropol, d'oii il envoya le rcscrit ci-dessous au prince Gortschakoft' :

" Pendant mon séjour ii l'armée de Crimée, j'ai remarqué avec une satisfaction toute particulière que le soldat a conservé son air de vigueur et de contentement, malgré les travaux inouïs qu'il a eu il sn]iportcr lors de la défense de Sébastopol, et que l'ordre dans toutes les parties, sur lesquelles repose la bonne organisation d'une armée, n'a subi aucune atteinte. Cet excellent état de l'armée témoigne de la sollicitude et des travaux infatigables par lesquels seuls il vous a été pos'^ible d'atteindre ce but, et cela dans un moment où tout,- votre activité, toutes vos pensées devaient être dirigées sur un ennemi puissant, brave, n'épargnant aucun sacrifice, cl qu'il s'agissait de combattre. Vu la situaliou que la nature à Cféce à Scbasloiiol,

se repliant devant l'ennemi pas à pas et s'inspirant des vues sages qui doivent guider un commandement expérimenté, vous n'avcZ laissé il l'ennemi que des ruines conquises chèrement au prix du sang répandu. Ayant retiré les troupes par une voie jusqu'alors inconnue, vous êtes de nouveau prêt h vous rencontrer avec l'ennemi et à le combattre avec ce courage que vous avez toujours déployé en conduisant vos régiments au feu. En rendant pleine justice à vos services signalés, il m'est agréable, après vous l'avoir exprimé eu personne, de vous renouveler ma sincère reconnaissance. Je vous prie, prince, de croire à ma bienveillance invariable à votre égard. » Votre sincèrement attaché,

» Alexandre. •

Le czar écrivit en même temps à l'armée de Crimée : « Braves soldats de l'armée de Crimée!

» Par mon ordre du jour du 1 1 septembre, je vous ai exprimé les sentiments de sincère gratitude dont mon cœur est rempli pourvus services à la défense de Sébastopol , services qui vous ont acquis une gloire immortelle.

)) Mais il ne suflisait pas à mon cœur de vous remercier de loin pour des actes héroïques de courage et de dévouement par lesquels vous avez soutenu, à l'admiration même de nos ennemis, un siège terrible de près d'une année; c'est ici, au milieu de vous, que je tenais à vous exprimer les sentiments de ma bienveillance et de ma gratitude sincères.

» J'ai ressenti une satisfaction inexprimable à me voir réuni a vous, et l'état brillant dans lequel j'ai trouvé les troupes de l'armée de Crimée lors des dernières revues a surpassé mon attente. Vous voir et me trouver au milieu de vous a été un bonheur pour moi.

>> Je vous remercie de toute mon âme pour vos mérites, pour vos actions d'éclat, pour vos vertus profondément enracinées en vous; elles me garantissent le maintien de la gloire des armes russes et l'ardeur avec laquelle ma brave armée sera toujours prête à se sacrifier pour la foi, le czar et la patrie.

» En mémoire de la défense éclatante et glorieuse de Sébastopol, j'ai fondé pour les troupes qui ont concouru à la défense de celte forteresse une médaille d'argent spéciale qui devra être portée sur la poitrine avec le ruban de Saint-George. Que cette médaille soit le signe manifeste de votre mérite, et qu'elle inculque .i vos futurs compagnons la haute idée d'honneur et de devoir qui forme l'appui le plus inébranlable du trône et de la patrie. Que le nom de mon père, à jamais regrettable, uni au mien sur cette médaille, vous soit un gage de nos sentiments également bienveillants, et rende inséparabli's dans vos cœurs le fidèle souvenir de l'empereur Nicolas Paulovvilcli et le mien !

1) Je suis fier de vous, comme mon père était fier de vous; do même que lui, j'ai confiance en votre dévouement éprouvé et votic zèle pour l'accomplissement du devoir. En son nom et au mien, je remercie encore une fois les braves défenseurs de Sébastopol : je remercie toute l'armée!

a Alexandre. "

Dans la nuit du 18 au 19 novembre, le czar arriva à Tzarskoé- Sélo , où est établi le lycée le plus important de l'empire. Il s'y reposa trois jours et rentra le 22 à Saint-Pétersbourg, au milieu d'un brillant cortège de généraux, de sénateurs et de hauts fonctionnaires. Il rendit grâces à Dieu de son heureux retour dans la cathédrale , où le patriarche le félicita « de s'être rendu en Crimée et d'avoir, par sa présence , retrempé le courage des vaillants soldats qui luttaient avec tant de gloire, depuis deux ans bientôt , pour la défense de la foi orthodoxe et de l'inviolabilité de la Russie. »

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