‹ Histoire de la Guerre d'OrientChapitre 229 sur 235 · IIS · texte numérisé non relu

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il passa le pont récemment jeté sur la rivière, et gravit le bord escarpé vis-à-vis, par un sentier en zigzag, conduisant à la ligne d'ouvrai'e's nommés par les Turcs Ingliz-Tnhia ou les batteries anglaises. L'arrivée de ce renfort fut aussi opportune que celle des réserves dirigées vers Tahmasb que j'ai eu l'honneur de décrire dans la première partie de cette dépêche.

11 Ces bataillons, réunis à ceux sous les ordres du lieutenant-colonel L;ikc , attaquèrent bravement et chassèrent les Russes hors des redoutes, à la pointe de la baïonnette, après que l'artillerie ennemie avait été éloignée de ses lignes par le feu croisé , dirigé du fort Lake et d'Arab-T.'diia et de Karadagh par le capitaine Thompson. Cet ofTicier mérite tous mes remercîments pour avoir saisi le moment favorable afin de transporter un canon de gros calibre du bout oriental au bout occidental de Karadagh, et avec cette pièce il a fait subir ii reniiemi une perte sérieuse.

1. Après que l'infanterie russe eut été chassée des re Joutes aiiglaises, toute la force d'attaque île rcnncml, cavalerie, artillerie et infante-

rie, lialtit en retraite avec |>réei|iitiition , décimée par les boulets de toutes les batteries qui l'oudroyaient à la fois leurs colonnes. Toutefois, pendant son succès momentané , l'ennemi s'est emparé de deux de nos canons léi;crs que la mortalité parmi nos chevaux, par suite de la famine, iiou» avait empècliés de retirer des positions avancées. Il a aussi emporté ses blessés et un yrand nombre de ses morts, et sa retraite a eu lieu au moins une heure avant que les assaillants de Tahmasb aient été mis en fuite.

" Pendant ce combat , qui a duré près de sept heures , l'infanterie et l'artillerie turques se sont battues avec le courajje le plus déterminé, et qui.nil on se rappelle que ces soMals avaient travaillé ii leurs relrancheinenls et les avaient jjurdés la nuit pendant i)rès de quatre mois, je pense que ^ olre Seiijueurie reconnaîtra que ces troupes se sont montrées dijjjies de l'adiniralion del'lCurope, et qu'elles ont évidemment conquis le droit d'être mises au rang des troupes les i)lu« distinguées du monde entier.

» Qiiant à l'ennemi, tant qu'il y a eu quelque chance de succès, il a persévéré avec un courage indomptable, et les officiers russes ont déployé la plus grande bravoure. La iicrtc des Russes a été immense; ils ont laissé sur le terrain jjIus de .'.,on(l morts; il a fallu à l'infanterie turque (pialre jours entiers pour les enterrer. Leurs blessés et leurs prisonniers en notre pouvoir sont au nombre de l(;n, tandis que ceux qui ont été emportés s'élèvent, dit-on, a \iUis de 7,ono.

» La garnison étant affligée du choléra, et dans la crainte que la maladie ne fût beaucoup augmentée si ce triste devoir de l'iuluimation des nn)rts n'était \us accompli avec toute la vigueur possible iiar nos soldats fatigués et harassés, j'ai visité tous les jours le théâtre du carnage, atin de les encourager dans leur ticlie presque interminable ; et je puis assurer Votre Seigneurie que tout le champ «le bataille présentait un spectacle plus facile ii concevoir qu'à décrire, étant littéralement jonché de Russes moris et mourants.

» Les morts et les blessés turcs ont été enlevés dans la nuit de la bataille ; les morts étaient au nombre de :i(i3 et les blessés au nombre de 631. Les habitants de la ville, qui se sont aussi battus avec courage, ont perdu lOl des leurs.

Il Son E\ccllcnce le muchira fait connaître à son gouvernement les officiers qui se sont particulièrement distingués ; c'est une tâche difficile quand il s'agit d'une armée qui a fait preuve d'une bravoure si désespérée pendant la durée inusitée de sept heures de combat non interrompu.

» J'ai l'honneur, etc.

" Signé W.-P. Williams. »

Le général Mourav ielT fit attendre son rapport, qui ne parut dans VttivatiderM.o que le 0 novembre; il y exposait longuement son plan d'attaque, donnait sur la bataille des détails minutieux mais inutiles et, de même que Gortscbakoll' après la bataille de la Tchernaïa ' attribuait principalement son échec à la perte de ses princioaux officiers. '

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