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CHAPITRE VII

Travaux de circonvallation. — Précautions prises contre l'hiver. — Blessés trouvés vivants au bout de treize jours. — L'enfant adoplif. — Les trésors cachés. — L'homme au paletot blanc. — AfTairos des 21 et 22 novembre. — Renforts nouveaux. — Rippnrt du général Canrobert.

A l'orage du 14 novembre succédèrent des jours plus calmes, sans être plus beaux. L'armée anglo-franeaisc en profila pour reconstruire les baraques démolies, adopter les tentes coniques des Turcs, se bâirdes abris en pierre ou se creuser des cuisines souterraines. « Les soldats français et anglais n'ont pas perdu un seul instant, mande aux journaux de Londres un ollicier de n'Ilomen. Huit jours s'étaient à peine écoulés, que les dégâts causés aux magasins et aux hangars de l'intendance, et aux baraques servant d'ambulance ou de corps de garde, étaient complètement réparés; les tentes étaient relevées. Une semaine avait suffi pour effacer jusqu'aux moindres vestiges d'un désastre (pii d'.ibord avait paru irréparable.

)i On songe aussi à s'abriter mieux ])our l'avenir. Les Français se se montrent surtout fort ingénieux dans la tonstruclion de leurs quartiers d'hiver. Ils ont transformé les vignes et les treilles des environs en claies fort bautes qu'ils dressent pour xléfendrc leurs tentes et leurs hangars contre la violence des vent-, de la (>riinéc. Mais décidément, et malgré tout, nous avons lii un mauvais hiver ii passer.

Il Les Ture^, (|ui sont p;itients, s'ils ne sont pas braves, ont fort Utilenicnt employé leur temps ii se creuser des buttes souti'rraiiies auxquelles, pour les mieux garantir du vent, on n'arrive que par des galeries tournantes, et oii ils ont percé et constri-.it dfs clieuiiiiées en argile, afin de pouvoir se donner le plaisir d'un bon feu. Je crains qu'ils ne s'y trouvent si bien, qu'il ne soit diUicilo de Irs en f.iirc sortir pour le travail ou pour le combat. Le soldat anglais a moins de ressources et d'expérience en pareille matière : il fait de son mieux cependant pour s'établir de la façon la moins incommode possible. RIalheurcusement riulaiiterie est tellement occupée aux tranchées, qu'il lui reste bitn peu de temps pour se b.'itir des refuges contre l'hiver. L'artillerie et la cavalerie ont plus de loisir cl ont apporté d.ins la construction de leurs baraques beaucoup de patience et d'habileté, quelques-unes sont vastes et même assez bien distribuées. Jiiuais ne fut mieux démontrée la vérité du vieux proverbe : La nécessité est mère de l'invention. Le soldat anglais, qui, au moiMcnt où il quitte son pays, était le plus emprunté et le plus cmbarla^^é des mortels, a maintenant appris à se tirer d'affaire comme un autre, et quand il s'agit de son comfort il trouve déj.-i des ressoiinres et luiiiitrc une habileté surprenantes. Il a fait partu-iilièreiuent flans l'art de la cuisine des progrès étonnants; non-seulement il sait faire une soupe avec presque rien, mais il a appris à donner à sa pitance de porc et de lueuf salés une tournure tout à fait appéiissanle. o

Les lignes de ( irconvallation furent tracées et hérissées de bastions, de couriinci et de retranchements au milieu des averses, de» coups di' vent, des bourrasques de neige, malgré les diniciillés des transports et le mauvais état des chemins, qui devenaient de plus en l'Ius impraticables. Afin de pptvenir de nouvelles surprises de l'cn-

neinl, ou abattit les broussailles et les taillis qui couvraient la v.illér.

(,)uelquc5-uus des soldais chargés de celle dernière besogne, étant arrivés au fond du précipice, enlendirent des gcniissements dans Ifs prairies inondées par la '1 eiiern:na ; ils avcrlireiit leurs officiers que des blessés demandaient du secours. Le c:pitaine envoya iiuniéd.alement h la découverte une section de sa compagnie, afin de prévenir toute surprise île la part de l'ennemi, dont les vcdefes gardaient les bords de la rivière. Chose incroyable , si elle n'était parfaitement authentique! on trouva cachés dans les herbes, et à demi submergés, trois blessés russes encore vivants, depuis treize jours qu'ils étaient là, abandonnés, tout sanglants, estropiés et sans ressource.

Un d'eux, isolé, avait liroulé l'herbe à sa portée autour de lui, après avoir épuisé le peu de pain noir qu'il portait dans son sac. Les deux autres, plus heureux, avaient pu se traîner auprès de cinq ou rix de leurs camarades morts, dont ils s'étaient partagéles provisions. Malgré cela, ils avaient aussi commencé à brouter.

Lç délachemcnt français emmena ces malheureux. On leur donna un peu de soupe, avec une goutte d'eau-de-vie; puis, couchés près des fein, dans de bonnes couvertures, ils se dégourdirent les membres. Au bout d'une heure, ces demi-cadavres, dont les plaies tombiieut en putréfaction, reprirent des couleurs et des forces. Complètement rassurés sur la férocité des païens occidentaux , ils baisèrent les mains de nos soldais.

Un Polonais de la légion étrangère, qui se trouvait près de là, vint interroger ces blessés. Ils racontèrcnl que leurs popes et leurs officiers leur avaient assuré (juc les païens ennemis de la sainte Eglise de l'autocrate faisaient subir aux prisonniers russes d'affreuses tortures, cl que ceux des enfants du czar qui mouraient dans la guerre sainte montaient tout droit au paradis : a moins qu'ils ne fussent en état de péché, auquel cas ils rcuaissaient simpleuicut dans leur pays.

Dans une autre reconnaissance, une compagnie de grenadiers français trouva au milieu des débrisd'unc chaumière tartare, incendiée par les Cosaques, un enfant de seize à dix-huit mois, ayant de riches babils, et portant au cou une croix grecque en or. Il fut adopté par la compagnie, en attendant qu'on le rendit à sa famille. « Nos grenadiers, au retour de la fauchée, le font danser sur leurs genoux, dit l'auteur d'une lettre publiée par le Courrier de la Dr/'ime. Un caporal, écloppé par un obus, lui apprend à marcher; un soldat, manchot depuis l'alTaire de l'Aima, mais servant encore son pays en faisant la soupe, le fait manger. Des soeurs de charité le lèvent et le couchent. Pendant la nuit, on porte son berceau dans une tente ■ pleurc-t-il, nous le berçons; dort-il, nous reposons plus tranquillement quand nous savons qu'il sommeille.

» Ouand le grondement <lu canon de la place redouble et couvre la campagne de boulets, il fait la moue. On dirait, à l'animation de ses yeux, quand nous allons aux travaux, qu'il désirerait nous suivre.

» Uéellement, si nous avions cet enfant près de nous à la tranchée, dont le roc vif et dur nous donne beaucoup de peine, nous travaillerions beaucoup mieux; mais ce serait trop exposer ce petit enfant, car, dans les travaux et dans la traversée, il passe souvent près de nous une multitude de mouches dont la piqûre n'est pas trop rassurante.

» La cantinièrc désirerait bien se charger de lui , la brave femme; mais SCS soins sont aussi bien employés ailleurs. Nuit et jour en campagne, pour porter à nos soldats îles rafraîchissements et de l'cau-de-vie, dans ces champs labourés par les projectiles des ennemis, elle court plus d'un danger.

)< Tel est le caractère du grenadier français sur le champ de bataille : il croise la baïonnette contre l'ennemi; hors de la, il est remiili des plus tendres sentiinents d'humanité. J'ai vu des homme» auxquels le silllement des balles dans le cimier de leur shako n'ax'ait pas plus fait froncer les sourcils qu'à des statues, s'émouvoir et s'attendrir aux cris de cet enfant et voler près de lui pour lui prodiguer toute espèce de soins. »

Les mineurs employés à bouleverser le sol autour de la place firent parfois de curieuses découvertes. Les seigneurs et les dames russe» des environs de Sébastopol, en s'enfuyaut précipitamment, avaient enfoui quelques trésors, qui furent arraché» de leurs cachettes. On déterra de l'argenterie, de la vaisselle plate, des bijoux, des parures en pierreries, des curiosités coûteuses, des produits de l'industrie parisienne. Un coup de pioche brisa même une boîte, oii était enfermé un chapeau de satin rose, portant l'adresse d'une modiste de la rue de la Paix, à Paris. Après avoir été successivement essayée par tous les mineurs, l'élégante coiffure devint le principal ornement de leur tente.

Les travailleurs étaient efficacement protégés par les tirailleurs de la compagnie franche, qui, cantonnés dans leurs trous, décimaient l'artillerie russe et réussissaient souvent à faire taire plusieurs pièces de la même balterie. Ces intré))idc3 aventuriers étaient tellement rapprochés des travaux des Husses dans les boyaux en zigzag, que la mitiaillc de la place passait par-dessus leurs têtes sans les atteindre, n'escitant parmi eux que des quulibcls et des rires ironiques. Un de

INKERMANN

leurs exploits fut la défaite de l'homme au pcilehU blanc, dont nous avons parle déns notre pri'ci-dciit ouvrage. Ce niililair", ancien officier de niarini-, éiail invariablement vêtu d'an naleîot ijris blanc, avec bances d'or au collet; muis, <lepuis la mauvaise saison, il avait renoncé à sa batterie volante. Cbaque jour, à onze licures du matin, on Je voyait sortir de sa maison, située sur une petite place de Sébastopol ; il fumait tranrju'rcmcnt sa pipe sur le pas de sa porte; puis deux domestiques lui acportaicnt péniblenunt un petit mortier, qu'il braquait et pointait avec une certaine babileté; après avoir envoyé quelques obus dans Ifs lltjnes françaises, il rentrait paisiblement dans son logis. Depuis plusieurs mois les tireurs les plus ailroits le visaient sans le toucher, tnfin un zouave piqué au vif se construisit pendant la nuit un abri en terre pour attendre notre homme. Le pr.'mier jour il le manqua; le second, le pauvre oflicier tomba mort auprès de sa pièce.

De leur côté, les tirailleurs russes avaient pris une position d'oii ils incopimodaient les An' lais dans les tranchées. L'ennemi fut délogé et repoussé jusqu'au Grand Dock pendant la nuit du 20 novembre par un détachement du l'^'' bataillon de la brigade de chasseurs à pied {rifle-hrigmh); mais on eut à déplorer la perte du lieutenant Tryon, qui avait dirigé cette cipédilion avec autant de courage que d'habileté. Cet oflicier distingué avait fait ses p -emières armes contre lesCjfres, au cap «le Bonne-r^spérance. Il passait pour un des plus habiles tireurs de l'Angleterre; et à la bataille d'Iiikerniann, suivi par deu\ chasseurs qui lui chargeaient den\ carabines, il avait couché Iws un grand nombre de Russes. Sa mort cl l'action brillante des cent hommes qu'il conduisait furent misf s ii l'ordre du jour non-seulement par lord Raglan, mais encore par le général Canrobert.

Dans la nuit du 25 les l'iusses voulurent reprendre le terrain qu'ils avaient perdu; mais ils furent repoussés avec vigueur par un détachement du 4= régiment d'infanterie anglaise, sous les ordres du lieutenant Patrick Kohertson, et par un détachement de travailleurs appartenant au S"^ régiment.

Les assiégés tentèrent à plusieurs reprises, mais toujours inutilement, de troubler l = s opérations du siège. Leurs espions, qui menaçaient surtout les lignes anglaises, furent signalés auï factionnaires par un ordre du jour de lord Raglan : n Le commainlant des forces, disait-il, a lieu de penser que les sentinelles avancées ne sont pas assez promptes à arrêter ceux qui viennent à elles du côié de l'ennemi ni a tirer sur cca\ qui ne leur répondent pas d'une manière satisfaisante. Des lioiumes a pied et a cheval ont pu s'approcher tout près des seniinclles sans avoir eu à répondre ii des Qui vive? ou avoir essuyé le feu des sentinellts. Les seules personnes qui puissent s'approcher d's sentinelles du côté de l'ennemi sont les déserteurs et les parlementaires: mais il faut leur faire faire halt^ et ne pas les laisser arriver sans qu'un détac';if nient du piquet soit venu les reconnaître. Lorsque des patrouilles s'avancent sur leur front ou lorsque des clBcicrs vont roconT.aitre. il faut en prévenir les sentinelles; et tout ceci doit leur être ei]iliqué caiégoriquement lorsqu'on les pose.

» Lorsiu'on enterre les morts, il suffit aui soldats employés à ce service d'arborer un drapeau noir pour que l'ennemi ne lire pas sur eux. u

Pendant tout le mois de novembre des renforts ne cessèrent d'arriver au\ armées alliées. Le Sapuléun amena de Conslantinopic deux mille hommes et le Sufjren onze cents. La brigade Mayran , répartie sur trois grands bàtiuienis à vapeur, dL'l)ar(|ua au cap Chersonèsc. Du 13 au ï4, près de vingt mille hommes viureut de Varna, de Malte ou de Toulon.

On forma en France deux nouvelles divisions d'infanterie : la '', commandée par .M. Dulac; la 8'', sous les ordres de M. de Salles. En outre, par décision ministérielle, cent soixante volontaires furent pris dans chaque r giment de ligne pour reformer les cadres entamés par la fruerre devant Sébasiopol.

A eis la fin de novembre, l'administration française commença à cipédier en Crimée des paletots, des capotes à capuchon, des giiè'.res en peau de mouton, des chaussures solides, des habillements imperméables. Leur apparition causa une joie naïve aux pauvres gens qi;i ne se garantissaient de la pluie dairs les tranchées qu'en ponant leur couverture nouée autour du cou. Avant ce renouvellement de garderobe, un oflicier du 17' écrivait au Ji)urnal du Loiret : « Si vous pouviez voir aujourd'hui ce bca i régiment dont vous admiriez tant à Orléans la brillante tenue vous en lèveriez les mains au ciel, a coup sur! Des figures hâves, des barbes incultes, des vêtements de toutes les formes et de toute» les couleurs, excepté des couleurs et des formes connues; et sur le tout de la boue d'une semaine, rafiaichie chaque jour par de la boue nouvelle : tel est notre aspect, aussi laid que nouveau. (!c matin, en revenant d'un trou boueux oij nous avions passé la nuit de grand'garde, je riais en voyant derrière moi ma compagnie. Il n'y a pas de bchémiens d'un aspect plus varié. 11 avait plu toute la nuit, bifn entendu, et comme chaque homme s'ingénie pour »e préservfr de l'eau il en résulte le plus bizarre assortiment d'effets sans nom, formé de mille débris russes, anglais et français, mais cil ces derniers sont en niinoriié. Ce que je dis du 2"« s'a'pplicpie à l4)ute l'armée. Un bariolage étrange, pittoresque, incroyable, inouï, Cl dont je ne saurais vous donner une idée. »

La situation des armées à la fin de novembre est indiquée par ce» deux rapports du général Canrobert.

t Devant Sébastopol, S8 novembre l8oV.

• ^Monsieur lkmaréciial,

» Le temps s'améliore, et c'est une circonstance qui est loin d'être sans intérêt pour nos opérations. Une pluie coniiuurlle et l'éiat des chemins sur les plateaux oii nous sommes établis avaient au;jinentc considérablement les difficultés des transports de vivres et de matériel. Un rayon de soleil va réparer tout cela , et nous allons reprendre nos travaux avec un redoublement d'activité.

» L'ennemi met de son côté ii profit ces intermittences forcées pour augmenter ses moyens de défense , ainsi que nous pouvons le constater. Jusiiu'.n présent il a cherché avant tout ;i nous intimider, et jamais on n'a vu une pareille consommaiion de poudre et de boulets; nos oDiciers d'artillerie calculent qu'ils ont tiré pour cet objet, depuis notre arrivée sous les murs de Sébasiopol, quatre cent mille coups de canon et brûlé un million deux cent mille kilogrammes de poudre. On peut se faire une idée, d'après cela, de< approvisionnements accumulés depuis longtemps dans la place. Nous remarquons cependant que leur arlillerir est plus économe de son tir, et particulièrement que celui des proieetiles creux a beaucoup diminué. Le chilïre de nos tués ou blessés ne dépasse pas quinze par jour.

» L'armée du prince Menschikolï se maintient siir la défensive. F.lle couvre ses positions d'ouvrages défendus par des pièces de marine, et il semble acquis que jusqu'à nouvel ordre elle a renonce à rien entn'prcndre contre nous.

» Pendant ce temps notre position s'améliore sous tous les rapports. Les renforts nous arrivent, et nos régiments de zouaves, comme tous ceux qui sont originaires d'Afrique, présentent surtout un ensemble des plus satisfaisants. ISos approvisionnements ont pris de grandes proportions, et je me trouve dès aujourd'hui en mesure de distribuer aux troupes une ration quotidienne de vin et d'eau-de-vie. C'est un point très-important, qui nous épargnera bien des maladies et sauvegardera nos ellectifs.

>i D'autre part, les vêtements d'iijver nous arrivent, et déjà la capote à capuchon, le paletot en peau de mouton dominent dans nos camps. Le soldat supportera noblement et courageusemeul l'épreuve de la mauvaise saison, se voyant ainsi l'objet de soins nouveaux pour lui et qui témoignent de tant de sollicitude pour sa situation de la part de l'empereur et de son ministre.

>> Le gouvernement turc m'a promis six mille tentes coniques, qui sont fort recherchées ici parce qu'elles résistent mieux que les nôtres aux vents très-violent3 de ces contrées.

H.le puis vous assurer, monsieur le maréchal, que l'armée devient d'une rare solidité, et vous ne sauriez imaginer à quel point nos jeunes g;ns, tout à coup mûris par la grandeur de la lutte, deviennent vite de vieux sol lats. Vous n'aurirz pas vu sans un vif sentiment de satisfaction des lignes déployées resier calmes et immobiles sous un feu de canon que lord Uaglan m'a déclaré être supérieur à celui qu'il avait entendu à Waterloo.

» Je vous donne ces détails parce qu'ils ne peux'ent manquer de vous intéresser viveuient, de vous rassurer en même temps, enfin de vous donner la mesure de la confiance que m'inspirent mes troupes.

» Les ncuvelles divisions trouveront ici des ainées qui leur donneront de bons exemples.

>i Veuillez agréer, etc.

» Le général en chef, Canrobert. «

« Devart Sébasiopol, 3 décembre 185i.

1) La pluie tombe à torrents. Nos chemins sont défoncés, nos tranchées remplies d'eau, et toutes nos opérations, comme la plupart de nos travaux, restent suspendues. L'ennemi est immobile par les mêmes causes et par celles que j'ai antérieurement exposées.

" Malgré ces épreuves le moral de tous est excellent, et nous tenons ferme, prêts à recommencer nos opérations dès que le temps et l'état des routes le permettront.

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