CHAPITRE XII
Affaire de Petropaulowski.
Le czar Nicolas I" se glorifie dans son manifeste des avantages que ses troupes ont remportés au Kamtchatka et au delà du Caucase.
En eoniplétant l'histoire de la guerre pendant l'année 18.i4, nous mettrons nos lecteurs à même de décider jusqu'à quel point cette assertion est fondée.
Le Kamtchatka est une péninsule de la Sibérie , et une des possessions les plus importantes des Russes d'Asie, en ce qu'elle les met à même d'exercer leur influence sur le Japon, la Chine, la Micronésie et la Polynésie septentrionale. Le principal port du Kamtchalka est Avatscha ou Petropaulowski; sa baie et la baie voisine de Tarinski ou Tariinskaïa sont les seules oit les navires puissent mouiller. On y axait appris au milieu du mois de juillet la rupture eiilrc la Russie et l'Angleterre et la France, et les autorités moscovites avaient immédiatement fortifié la place. Sept batteries en terre avaient été construites; ou avait armé les marins, les soldats, les fonctionnaires civils et quelques habitants , et la frégate l'Aurore stationnait avec le transport la Dwina dans la baie de Petropaulowski, par les ordres de l'amiral russe Potiakin.
La présence de la division navale commandée par cet amiral sur les côles de la Chine et du Japon avait paru un danger pour le commerce des nations occidentales, et les gouvernements alliés avaient envoyé dans ces parages, sous le commandement des contre-amiraux Priée et Febvrier-Despointes , une flottille composée des bâtiments anglais le Président, l'Artiphilrite , la Pique, le Virago, l» Trincemolé; des frégates françaises l'Eurydice de 30 canons , de la Forte de 60 , du brick l'Obligado et de la corvette l'Artélnis^.
Jalouse de prendre part à la guerre qui commence, l'escadre quitte le port d'IIonolulu le 25 juillet à cinq heures du matin, l'Eurydice et l'Amphitrite en têle. Sur l'ordre de l'amiral, la Furie prend les devants, et à quatre heures du soir on perd de vue les côtes de Sandwich. Le même jour on chargt; les batteries, et l'équipage commence l'eiercicc du fusil par pelotons d'élite.
Le 3 juillet le Trince}iiale , l'Amphitrite et l'Artémise se détachent de l'escadre et font voile pour San-Franeisco.
Le 14 août, au milieu de brumes épaisses, on perd de vue l'Eurijdire: le canon de rappel est tiré à bord de la Forte, mais le canon de rEurtjdice n'y répond pas.
Le 22 /(' Président et hi Forte s'occupent à dissimuler la ligne de leur batterie sous une couche de peinture.
Le 25 on distingue les signaux de l'Eurydice, qui vient prendre port derrière la Forte, et l'on signale la terre à dix milles dans l'ouest.
Le 28 l'escadre entière se trouve en vue de terre; on aperçoit les pies du mont Axatseha, du Koselskoi et du Villenchinski ; le soleil , qui projette ses rayons sur leurs flancs neigeux , permet d'eu distinguer nettement les contours et les arêtes ; les navires niellent en panne, et l'amiral anglais se rend à bord de la Forte ; l'Obligado se couvre de toile et se dirige sur la baie d'Avatscha, pendant <|uc les autres navires restent en panne : il est suivi de près par le Virago, sur lequel s'embarque l'amiral Priée; les préparatifs du combat commencent; on monte les cloisons du logement de l'amiral dans la batterie de la Forte : iOliUyado revient de son expédition avec le Virago : ce dernier rapporte s'être avancé jusqu'à deux milles et demi des batteries de Petropaulowski.
Le lendemain matin, 29 août, on donne l'ordre du départ, et l'escadre se dirige sur la baie d'Avatscha dans l'ordre suivant : le Président, la Forte, la Pique et l'Eurydice; te \'irago prend imsilioii à la gauche du Président, et l'Obligado à la gauche de la Forte: à une heure vingt-cinq minutes 1rs navires alliés hissent leur pavillon , et à deux heures et demie l'escadre donne dans la passe, les canunniers sont à leur poste de combat mèches allumées, les ambulances établies, les soutes ouvertes.
Au moment de mouiller sur la rade d'Avatscha les navires sont accueillis par le feu de toutes les batteries ; mais, vu la distance, les boulets ne peuvent les atteindre. Quatre batteries viennent de tirer:
1° La batterie Sehakofl", située sur la pointe de ce nom, et qui domine l'entrée du port h gauche en entrant;
2" Une batterie située sur la pointe droite;
3' lue batterie rasante de I 2 i>ièces de canon, élevée sur la langue de terre qui ferme l'entrée du pori ;
i" Une batterie située sur la pres-ju'ilc (]ui masque la ville du côte
îî
INKERMANIN.
de l'ouest cl à l'omlroil où celle presqu'île, en s'abaissant, permet de dislinyuer la niilurc des liàtiiiienls mouillés dans le port. Ces bâtiments sont au nombre de quatre : un seul est un navire de commerce, les trois autres sont des navires de guerre.
II est alors cinq heures et demie. La fré|;ate le Président donne ordre au Virago de s'avancer sur la presqu'île ; le Virayo ouvre son feu sur les batteries russes; on y répond de la ville par des bombes qui n'atteignent pas les navires, et qui éclatent avant d'arriver 'a portée. Pour tromper et fatiguer l'attention des sentinelles russes , on promène des fanaux it bord de tous les navires et on tire des fusées simulant des signaux; de leur côté, les Russes conservent toute la nuit des (eux dans les batteries.
Le lendemain matin on se préparc au combat; un oflicier est détaché de la Farte avec ordre de faire une reconnaissance et de déterminer un alignement dans lequel la frégate, ayant fait un fond convenable, puisse i monner la batterie SchakofT et la batterie rasante, sans être cependant exposée au feu de la frégate russe ; un canot commandé par un oflicier de l'Eurydice coopère à cette reconnaissance, il laquelle assistent les commandants de l'Eunidice et de la Pique. Il résulte des observations faites que la batterie SchakolT compte cinq pièces de canon de fort calibre, la batterie rasante se compose de douze pièces de trente-six; la batterie de droite, moins dangereuse, n'est abritée que par de faibles fortilicatious.
L'amiral anglais donne ordre au maître canonnier de la Pique de tirer sur cette batterie et de chercher à démonter une pièce; le boulet, bien dirigé , vient frapper sur la pièce , qui se dresse droite sur ses afTftts brisés et est mise hors de combat. La batterie rasante est évidemment celle qui offre les obstacles les plus sérieux à vaincre, elle est construite en fascines d'une épaisseur d'environ quatre mètres. Sur le rapport des officiers chargés de cette reconnaissance, le mouvement commence. La Pique est amarrée à tribord du Virago, et le Président se place sur l'arrière du vapeur; ta Furte prend position à bâbord du Virago; de l'endroit oii se trouvent les navires on distingue parfaitement le transport russe embossé à la suite de la frégate Aurara; de cette dernière on ne découvre que trois sabords du milieu , l'arrière est mas(jué par un monticule de terre. Le Virago se met en marche et s'avance a portée du canon du phare; un boulet parti de ce point vient s'enfoncer dans l'eau à peu de distance du navire ; le Virayo répond par un obus qui vient frapper dans la charpenlc inférieure du phare.
En ce moment , à une heure un quart, un canot se détache de la Pique, faisant force de rames vers la Forte: à son bord se trouve le commandant de la Pique ; il se rend auprès de l'amiral français , qui, acrompagné de son aide de camp et du chirurgien-major, se transporte de suite à bord du Présideyit. L'amiral Price vient de tomber mortellement blessé; sou pistolet était parti entre ses mains, et la balle lui avait traversé le cœur. Les tambours battent la retraite et on suspend les préparatifs du combat.
Une heure après, on aperçoit une chaloupe russe, voilée en cotre, qui se dirige sur Avatscha; deux canots du Président se mettent à sa poursuite et la ramènent à la remorque : elle est montée par neuf matelots.
Le 31 août au matin, la batterie Schakolï ouvre le feu, la Pique lui répond , la Forte vient s'embosser par le travers de la batterie SchakolT, et dirige sur elle un feu bien nourri: le Présidiiit prend celte batterie en écharpe, le Viragu débarque un CBrps de troupes à peu de distance de la batterie de droite, la Forte foudroie la batterie de Schakoff, dont le feu se ralentit sensiblement; les troupes de débarquement s'élancent au pas de course sur la batterie de droite, t'Aurora dirige sur elles un feu soutenu et qui les arrête un moment; un immense hourra accueille cette décharge, et quand la fumée se dissipe, les troupes sont maîtresses de la batterie; elles abattent les affîjts à coups de hache, brisent les caissons et cnclouent les pièces. On distingue des navires un corps de deux cents Russes environ qui s'avance pour reprendre la batterie; la Pique et la Forte protègent de leur feu le rembarquement des troupes , qui se fait en bon ordre; la Forte mitraille la balterie rasante, qui , de son côté, multiplie son feu et envoie quatre boulets dans la coque de la frégate et autant dans la muraille, à hauteur des gaillards : les bastingages de la 15' caronade sont complètement emportés, on les répare de suite; la Forte se trouve à huit encablures delà batterie et ne peut l'atteindra qu'en tirant ii ricochet. Après une demi-heure, la moitié des pièces russes est hors de combat , la Forte redouble d'efforts, le Président la seconde. A deux heures et demie , le feu de la batterie cesse , les Russes l'ont évacuée; leurs soldais sont tous réunis sur l'Aurura et la Du ina, la canonaade cesse des deux côtés, et .'i bord des navires on passe la nuit à réparer les dommages causés par les boulets de l'enneuii.
Le i'^' septembre, le Viraqo se dirige sur la baie de Tarinski, oii on inhume le corps de l'amiral Price; le SSrago revient avec trois matelots américains, déserteurs de navires baleiniers, qui communiquent des renseignements importants sur la situation topographique de Petropaulowski.
Le 3 septembre , un conseil de guerre est réuni à bord de la Forte : une dcmiême attaque est résolue pour le lendemain. On débarquera
sept cents hommes des deux nations; les soldats de maiine anglais et les pelotons délite français formeront un corps spécial de cent soixante-dix carabiniers; la plus grande activité règne à bord des navires de guerre ; on distribue soixante cartouches a chaque homme, et on donne ordre d'embarquer à bord des chaloupes un supplément de munitions. Les capitaines de la Grandière et Burridge sont désignés pour commander les troupes de débarquement. Les carabiniers anglais marcheront sous les ordres du capitaine de soldats de marine Parker; M. de Lacoiubc , de l'Eurydice, commandera les pelotons d'élite français; M. Thomas, la compagnie de la Forte, et il aura sous ses ordres immédiats MM. Gauvain et de Kcrsaint. Le commandement général des canots est donné à i\L Bourasset, et l'ambulance sera surveillée par M. Reynaud, chirurgien-major de l'Eurydice.
La journée se passe dans ces préparatifs; ofliciers et matelots se disposent au combat, et le lundi 4 septembre, a trois heures du malin, le tambour appelle tout le monde à son poste; les troupes de débarquement sont mises à bord du Virago, qui se dirige sur la partie basse de la presqu'île.
Le premier coup de canon part de la batterie, et le boulet vient s'enfoncer dans le bastingage du Virago; la Forte riposte et démonte une des pièces; les canons de la batterie, parfailcmenl pointés, redoublent leur l'eu sur la Forte ; les boulets sifflent au-dessus de Ift frégate : un d'eux traverse de part en part le grand mât, à environ cinq mètres au-dessus du pont; un autre se loge dans le milieu du mât de misaine. Le Président se range à côté de la Forte, et les deux navires protègent par leur feu le débarquement des troupes, qui a lieu à huit heures; les deux batteries sont éteintes. Le commandant de la Forte désigne aux canonniers un magasin d'huile et promet un grade à celui d'entre eux qui l'incendiera. Le premier obus éclate dessus; une fumée épaisse, suivie d'une flamme brillante, annonce aux matelots que le magasin est en feu. L'incendie dure six heures.
Les troupes de débarquement se mettent en marche : les soldats de marine en tête, puis les pelotons d'élite ; derrière eux se rangent les matelots des ditTérents navires; en arrivant à la batterie, on trouve les pièces abandonnées, on les encloue ; les carabiniers, sans s'arrêter à la batterie, gravissent la hauteur au pas de course et s'enfoncent dans les masses de verdure qui la tapissent; les autres cor])s les suivent de près; ils sont accueillis par un feu très-vif, auquel ils répondent; la fusillade s'engage de tous les côtés au milieu de buissons épais et de broussailles presque impénétrables. Le Virago, laissant les troupes de débarquement, se dirige sur la pointe nord, d'oii partait un feu très-vif; il démasque une batterie de cinq pièces placées à cheval sur un petit ruisseau à l'entrée de la ville , il éteint son feu.
Pendant ce temps, les troupes de débarquement soutiennent avec les tirailleurs russes une lutte énergique. La fusillade retentit sur toute la hauteur. Exposés presque à découvert à un feu terrible, les matelots se battent en désespérés ; engagés par leur impétuosité dans des taillis inextricables, ils poursuivent un ennemi invisible dont les balles les déciment: leurs efforts surhumains ne peuvent triompher des obstacles de la nature. Le capitaine Parker tombe frappé d'une balle, à la tête des troupes marines anglaises, au moment où il les ramenait sur l'ennemi ; à côté de lui tombe IM. Bourasset ; M. Lefebvre, lieutenant de vaisseau à bord de l'Eurydice, est tué; M. Howard, aide de camp de l'amiral anglais, a le bras fracassé d'une balle. En présence de la lutte disproportionnée qui s'engage, on donne ordre aux troupes de se rembarquer.
Le premier résultat que l'on se proposait est atteint : la batterie est évacuée, les canonniers russes tombent morts sur leurs pièces, les canons sont encloués ; on ne peut pousser plus loin sans s'exposer à des pertes considérables : il faut, pour débusquer les Russes, sacrifier bien des hommes et faire le siège en règle de bois dont on ignore la profondeur et les issues. Les troupes se retirent lentement; une compagnie de cent hommes s'embusque derrière les ruines de la batterie que l'on vient de détruire, et arrête par une vive fusillade les forces russes. Protégés par ce feu bien nourri, les Anglais et les Français emportent une partie de leurs blessés à bord des canots : l'embarquement est terminé; les canots s'éloignent, escortés par le Virago. A bord de la Forte, les charpentiers sont :i l'œuvre et répareiil les avaries, les blessés sont transportés il l'ambulance, et on s'occupe il laire disparaître les traces du combat.
Le lendemain, 5 septembre, on inhume à Tarinski les hommes morts dans l'assaut; M. l'abbé Ricardi préside à la cérémonie religieuse, qui est faite avec recueillement cl tristesse. Le 6 l'escadre appareille, et le 7 on quitti' Petropaulowski. Dans cette journée on aperçoit deux navires, dontl'un, trois-raàts carré, est évidemment un navire de guerre; le \'irago se met à sa poursuite; le second navire, qui est la goélette l'Anadir , chargée de vivres et de munitions pour Petropaulowski, est pris et mis à la remorque. Le Présiileiit est détaché 'a la classe du trois-mâts , qu'il gagne rapidement ; à midi il tire un coup de canon ii boulet, le Irois-niâts continue sa marche; on donne l'ordre de se préparer au combat, les blessés sont descendus dans le faux pont; mais à une heure le navire russe amène son pavillon. Le Président euvo'ie deux embarcations à bord. Ce bàliment est le Sitka, transport de huit cents tonneaux, venant d'Ayan ( mer
INKERMANN
d'OcliolsU), et chargé de munitions pour la garnison de Petropau- Jowski. La cargaison est estimée à plus d'un million de francs ( ■:on,f)00 dollars). Le Sith-a porte dix canons, un capitaine, trois officiers, un élève , vingt-quatre matelots , six officiers passagers, un pope, quatre marchands, etc.
Le 8 septembre la goélette russe est incendiée et abandonnée en mer. Le 3 octobre, h neuf heures et demie du soir, les bâtiments français entrent dans la baie de San-Francisco, laissant l'escadre anglaise conduire le Sitka a Vancouver.
Dans cette affaire, comme le reconnaît le rapport officiel de M. le contre-amiral Febvrier-Despointes, les alliés furent obligés de se retirer devant des forces supérieures. Ils durent s'arrêter devant des obstacles que leur courage aurait pu vaincre, mais qui exigeaient de trop grands sacrifices. De plus les vivres manquaient à bord des navires, car on s'était attendu à un coup de main et non à un siège en règle.
Le nombre total des morts, blessés ou laissés à terre fut pour les Anglais et les Français de deux à trois cents hommes; le rapport du gouverneur du Kamtchatka n'avoue du côté des Russes qu'une perte de cent quinze hommes, parmi lesquels se trouve le prince Maksoutolî n, lieutenant de vaisseau et commandant d'une batterie russe. Il reconnaît que dans la ville un magasin de poisson a été brûlé, et que huit maisons et d'autres constructions ont été endommagées par les boulets.
Une expédition en Laponie fut plus heureuse, ainsi que l'atteste un rapport adressé au secrétaire des lords de l'amirauté britannique :
« Monsieur,
» J'ai l'honneur de vous transmettre pour être soumis aux lords commissaires de l'amirauté un rapport du capitaine Lyons, du navire à vapeur de Sa iMajesté la Miranda, sur ce qu'il a fait dans la rivière de Kola, où il a détruit la ville de ce nom, capitale de la Laponie russe, et ses fortifications.
1) Kola est la ville russe la plus voisine de la frontière de Norvège sur l'océan Arctique. Elle est considérée comme très-importante, étant la capitale de la Laponie russe et défendue par une forte garnison. Dans l'opinion que les criques voisines de Kola pouvaient cacher des n.ivires ennemis, j'ai cru nécessaire de les faire reconnaître avant la fin de la saison ; c'est pourquoi j'ai donné ordre au capitaine Lyons de s'y rendre lorsqu'il est arrivé de Vai .iohaus.
o A force de persévérance il est venu à bout de remonter celle étroite rivière, et la Miranda vint se v'^cer à portée de canon de Kola. Le capitaine Lyons, désireux d'épargner la ville, somma la garnison de se rendre, et fixa des conditions sur l'acceptation desquelles il donna aux autorités tout le temps nécessaire pour la réflexion. Elles furent rejetées, et l'ennemi ayant pris une attitude hostile, il n'y eut plus autre chose -à faire qu'à ouvrir le feu sur les fortifications et sur les forces réunies. L'effet des bombes au milieu de maisons de bois fut terrible, et la ville fui réduite en cendres.
» Les fortifications de la ville ont été entièrement détruites, et l'ennemi a dû perdre beaucoup de monde; il a perdu aussi une grande quantité de farine enfermée dans les magasins du gouvernement, et qui a été détruite.
i> Je prie Leurs Seigneuries de me permettr&de leur recommander la conduite du capitaine Lyons, dont l'habilelé et la persévérance ont triomphé des difficultés de la navigation d'une étroite rivière jusqu'à Kola, place considérée jusqu'ici comme inaccessible aux navires plys gros que de simples embarcations, ce qui nous a évité les dangers d'une expédition avec des embarcations. J'estime que dans toute celte affaire il a déployé beaucoup de jugement et de courage.
)> Le capitaine Lyons parle en excellents termes de la conduite des officiers, niatetots et soldats de marine placés sous ses ordres, et spécialement du lieutenant J.-F.-C. Mackenzie et du maître d'équipage, M. Georges Williams. Je les recommande à la bienveillance de Leurs Seigneuries. Cette expédition, qui a causé de grands dommages à l'ennemi, ne nous a coûté, je suis heureux de le dire, la perte de personne.
1) Je suis, etc.
» Erasmus Ommankt, » capitaine et commandant par ancienneté. »