CHAPITRE XV
Troupes de débarquement. — Le pain et le sel. — Entrée à Kerteh et à lénikali. Désordres à Kerteh. — Appartements en plein air. — Dévastation du musée. — Répression. — le Phlégélon. — Lettre du vice-amiral Bruat au ministre de la marine. — Expédition de la mer d'Azof.
L'armée et la flottille alliées étaient donc dispensées par l'ennemi même d'acheter le succès au prix de leur sang, il ne leur restait qu'à j prendre possession de Kerteh et d'Iénikalé.
Après avoir détruit les fortifications d'Ak-Bournou, les troupes de débarquement se mirent en marche le 25 mai, à la pointe du jour. Quand elles furent arrivées sur le versant de la montagne au pied de laquelle s'étend la ville de Kerlch, le général d'Aulemarrc vit venir a lui un groupe d'habitants qui lui présentèrent le pain et le sel, suivant la coutume du pays. Us annoncèrent le départ des Russes, promirent bon accueil aux alliés, et se placèrent sous la sauvegarde de l'honneur français.
Le général les reçut avec autant de dignité que de bienveillance, et lit former la haie par le 19' de ligne le long de la rue que les troupes devaient parcourir. Toute la population était groupée aux fenêtres, au coin des rues aboutissantes. Elle saluait les soldats qui défilaient, et leur offrait du vin, du lait et des fruits. Elle se com- ' posait de Tartares, de Juifs et de quelques Russes de la classe infé-
rieure ; quant aux nobles et aux employés du gouvernement , iU avaient presque tous disparu.
Le corps expéditionniiire, laissant à Kerteh un détachement fratiçais et quatre régiments écossais, partit immédiatement pour léniialé. La ville était déserte; ou n'y trouva qu'une trentaine de malades, avec un aumônier. Les soldats, fatigués , accablés par une chaleur tropicale, cherchèrent vainement de l'eau et des provisions. La garnison, avant de s'éloigner, avait coupé les aqueducs, et les Tartares , envahissant les maisons après l'évacuation, les avaient Jivrées au pillage. L'eau saumàtre des citernes était si malsaine qu'elle détermina chez ceux qui en burent des accidents cholériques. Le puits du fort fui proinptement à sec. Heureusement un Grec indiqua aux officiers du génie la direction des conduits dont les Russes avaient commencé la destruction, et qu'on se hâta de réparer.
Pourquoi faut-il qu'au récit de cette occupation pacifique nous soyons forcé de mêler celui d'affligeantes scènes dont Kerteh fut le théâtre?
Dans l'après-midi du 25 mai, les équipages de quelques navires marchands descendirent à terre, brisèrent les portes de trois ou quatre maisons qui avaient été barricadées , et les livrèrent au pillage. Dans la .soirée , des Turcs quittèrent le camp et se ruèrent sur la ville, où ils commirent les crimes les plus atroces. Au pillage , à la destruction la plus sauvage, ils ajoutèrent le viol et le meurtre. Les Tartares restés à Kerteh avaient salué l'arrivée des Osmanlis par des cris de joie, et les avaient reçus comme des libérateurs, comme des frères auxquels les unissent les liens de la religion, de la langue et d'une haine commuhe pour les Russes. Us conduisaient les Turcs de maison en maison , et signalaient à leurs passions brutales et .à leur cupidité les demeures, les familles de ceux que poursuivaient surtout leur ignorance et leur fanatisme , satisfaisant ainsi leur vieille aniniosité contre les négociants et marchands russes.
Sans attenter à la sùrc'.é des personnes, quelques maraudeurs anglais et français , il faut bien l'avouer, prirent part au désordre. Ils mirent à sac des maisons ; les meubles, les chaises, les canapés , les pianos, qui étaient en abondance , furent brisés, ou enlevés pour former des espèces d'appartements en plein air au milieu desquels se pavanaient les soldats drapés dans des pièces de soie ou de calicot. Les basses-cours ne furent pas épargnées, on se refit des privations anlérieuies , et l'on vit des zouaves suspendre à leurs fusils ou se mètre en bandoulière autour du corps des guirlandes de poules et de canards vivants, qui se débattaient et criaient piteusement.
Le musée fut dévasté. Ces barbares arrachèrent des tables de marbre scellées dans les murs, brisèrent des statues et des basreliefs. « La grande salle, écrivait le lendemain un visiteur anglais, était garnie d'armoires vitrées et de niihes pour les statues ; les plus petites antiquités étaient placées sur plusieurs rangs d'étagères parallèles. A l'cxirémité du bâtiment, en lace de la porte, se trouvait une sorie de plate-forme élevée de trente pieds environ au-dessus du sol et occupant toute la largeur de l'éditice, sur laquelle on avait réuni un grand nombre d'urnes cinéraires, tirées sans doute de; tumuli, qui sont si nombreux dans les environs. On y monte par un escalier tournant pratiqué dans une des colonnes qui se trouvent à l'extrémité de la salle. On a peine à comprendre comment la furie de quelques hommes a pu faire tant de dégâts et accumuler tant de ruines en si peu de temps. Le pavé du musée était littéralement couvert d'une couche de débris de plusieurs pouces d'épaisseur. Le Verre brisé, les morceaux de bois à demi brûlés, se mêlaient aux fragments de vases et de statues; les étagères ont été brisées, les armoires arrachées du mur, rien de ce qui pouvait être tassé ou brûlé n'est resté intact. Sur la plate-forme destinée aux urnes cinéraires , le ilégàt n'était pas moins complet. Un gros chien couché tout trembl int parmi les débris poussait des hurlements plaintifs chaque fois que se faisaient entendre les pas d'un étranger. Les os à demi brûlés que contenaient les urnes étaient épars , confondus dans la poussière et la cendre. Je ne crois pas qu'il eût été possible de trouver dans tout l'édifice un seul vase qui ne fût cassé. Cà et là nous distinguions, au milieu des débris, des fragments sur lesquels so reconnaissaient une ou deux lettres d'une inscription grecque. Il y avait , surtout à l'extérieur du bâtiment, des marbres et des statues qui, à cause de leur dimension et de leur volume, n'ont pas du être faciles à briser; mais rien n'a pu échapper a la destruction. Sur le panneau blanc de la porte de l'édifice , un anonyme indigné avait écrit au crayon ces mots :
« En entrant dans ce temple où reposent les monuments d'un » siècle passé, j'ai reconnu les traces d'une invasion des Vandales. M ilélas ! Fiançais ou Anglais, faites la guerre ii la génération préente, mais ne la faites pas à l'histoire! Si vou-: avez la prétention 'être nations civilisées, ne faites pas la guerre des barbares! » ■".n apprenant ce qui se passait, des patrouilles se formèrent, enprircnt de rétablir l'ordre, et y réussirent ju..qu'à un certain point, is non sans avoir tué ou blos.>é un ccrt.iin nombre de Turcs el de
sente, mais ne la faites pas à l'histoire! Si vou-: avez la prétention » d'être nations civilisées, ne faites pas la guerre des barbares! »
En trepr mais
Tartares. Un de ces mécréants fut frappé d'une balle au moment où il descendait la principale rue de la ville en triomphe , agitant un sabre tncore leint du sang d'un pauvre enfant qu'il avait coupé en morceaux. D'autres furent immolés au uiomeiil oii iU se livraient aux plus hor-
ribles oulrages. Quelques-uns furent jiorlës blessés à la prison ou à l'hûpital, cl, grice à celle répression énergique, on put enfin faire respecter les personnes, et arrêter celle œuvre de destruction.
Un seul navire de guerre français, le Phlcyéton , se trouvait en ce moment mouillé ii quatre milles et demi au large; il avait dans la radedeui embarcations chargées d'aïuariiier les prises russes. Le commauùaut de Russcl, au milieu de ces circonstances critiques, en référa de suite à l'amiral Bruat, et provisoirement maintint à portée de la ville ces embarcations, commandées par un officier plein d'é-
réfugiés dans le port, et les immenses approvisionnements de blé destinés ii l'armée de Crimée. Sur le reftis du gouverneur, on bombarda la ville. Malgré le feu de quatre picces de campagne, de dciii cents Cosaques et d'un bataillon d'artillerie, des hommes d'élite débarquèrent, inccnditrent les magasins et détruisirent quatre-vingtdix caboteurs russes.
Le 1" juin, le. Lucifer, la Mê(jéTe,k Brandon, le Fulton, le Dauphin, la Mouette, les chaloupes et grands canots des vaisseaux et quatre vapeurs et des embarcations de la flotte anglaise se mirent en route
iicrgie et de mérite, M. Trégucr, enseigne de vaisseau, qui avait soiy^ jioiir rallier l'escadrille qui croisait au fond du golfe d'Azof. Ils la ses ordres un aspirant volontaire, M. Longo,et quarante hommes. **prcjoignirenl le 2 à douze milles de Taganrng. Le 3, à la pointe du
L'amiral Bruat s'empressa d'accourir, rassura les habitants, et prit, de concert avec l'amiral Lyons, les mesures les plus énergiques pour assurer le respect des personnes et des propriétés. Des familles ef-
frayées erraient sur la gri;ve ; on les recueillit à bord du Cuton cl du liipen, qui se chargèrent de les transporter dans un port russe.
On n'oublia pas le musée, et l'inventaire des perles qu'il subit a élé dressé dans celle lettre adressée au ministre de la marine :
« MoKSItUR LE MIMSTRE,
» Lorsque la ville de Kcrtch a été abandonnée par les troupes russes qui y tenaient garnison, la population tarlare et les maraudeurs des trois armées, particulièrement de l'armée ottomane , ont exercé quelque pilhige dans une ville qui se trouvait alors complètement dépourvue de police et de force armée. Le musée d'antiquités de Kertch avait depuis longtemps évacué sur Saint-lY-iersbourg ses collections les plus précieuses : les médailles, entre autres, avaient complètement disparu; mais il restait quelques urnes et quelques bas-reliefs que M. le commandant du Phlégéton a fait recueillir et mettre sous les scellés. Des caisses contenant ces objets ont été déposées par mes ordres à bord de la Poriione.
» J'ai l'honneur de prier Votre Excellence de vouloir bien me faire connaître ce que je dois faire des objets qui ont été ainsi sauvés de la dévastation. Ces objets sont d'ailleurs de peu de valeur. La plupart des bas-reliefs étaient d'un poids trop considérable pour pouvoir être tranportés à bord du Pltléijéton. Ils ont été laissés dans le musée de Kertch , exposés à des mutilations qui se sont heureusement portées de préférence sur des objets d'une moindre valeur historique. En somme, je ne crois pas que la science ait beaucoup à regretter les dégâts qui ont eu lit u dans le musée de Kertch. Quelques urnes de terre cuite et quelques vitrines ont été brisées; ce qui pouvait avoir quelque valeur avait été enlevé déjà par les propriétaires mêmes , et les soins du commandant du Phlégéton ont encore contribué i« réduire les pertes, dont les journaux russes seront naturellement disposés à exagérer l'importance.
» Je suis, etc.
>) Le vice-amiral commandant en chef, Bri;at. »
Si dans ces moments de trouble un seul bâtiment put intervenir, c'est que le gros de la OolliUc était resté à l'ancre dans la baie de Kamysch-Bouroun , tandis qu'une escadrille pénétrait dans la mer d'Azof sous le commandement du capitaine BéruI t'e Sedaiges, du Lucifer, et du capitaine Lyons, de la Miranda. Cclic escadrille comprenait les bâtiments français le Lucifer, la Mégère, le Brandon et le Fultûn: les bâtiracnls anglais la Miranda, le Vesuvius , le Curleir, le Stromboli , l'Ardfnt, la Médina, le H'rangler , le Viper, le Lynx, le necruit, l'^rnu-, le SnaAc elle Beagle. Ils parvinrent, le 2G mai, devant Berdiansk, y brûlèrent deux maisons, plusieurs caboteurs, cl, pour employer les termes mêmes d'une dépêche russe, « une portion considérable des dépôts de froment. «
« Le Î8, dit le rapport du capitaine Lyons, nous arrivâmes devant Arabat, et nous attaquâmes le fort, arme de trente canons; le feu durait depuis une heure et demie, quand une bmiibe tomba sur le magasin à poudre ennemi. Les navires , ayant reçu l'ordre de se tenir à portée de bombe , et étant bien manœuvres , n'ont éprouvé qu'un seul acii'Uul , '..: blessure légère du premier mécanicien delà iftdina par liu éclat de bois.
•) L'ennemi doit avoir perdu beaucoup de monde, à en juger par la précision avec laquelle les bombes éclataient dans ses ouvrages, indépendamment des ravages causés par l'explosion. La garnison irès-coDsidérable d'Arabat rendant impossible toute tentative de débarquement, je m'avançai alors vers Génitclii, quittant à regret le capitaine de Sedaiges ei son escadre, qui partit en même temps pour Kertch. Je saisis cette occasion pour jiarler de la coopération active et cordiale que j'ai reçue de W. de Sedaiges et des navires qu'il commande; j'espère être assez heureux pour l'avoir encore pour collègue, n
Les bâtiments français étaient forcés de rentrer pour renouveler leurs approvisionnements. Les bâtiments anglais poursuivirent leur route , et parurent le 28 au soir en vue de Génitsciii. Le Sirallow et le U'rang/er marchaient en avant, cl avaient déjà cajiluré ou détruit tous les navires russes en dehors du détroit. Le 29 , à six heures du matin, le capilaine Lyons envoya le commandant Crawforl avec un drapeau parlementaire, a>in de demander qu'on lui livrai les navires
jour, les vapeurs français et anglais du plus faible tirant d'eau s'avancèrent vers cette ville sur deux colonnes. L'eau diminuant d'une manière sensible à mesure qu'on approchait de la ville, et ne présentant plus, après une heure de marciie, qu'un fond de onze à douze pieds, plusieurs navires furent obligés de rester en arrière. Cinq vapeurs purent seuls continuer en naviguant à travers la vase, et mouillèrent à bonne portée de canon devant la partie ouest de la ville. Ce sont, dans l'escadre française, le Dauphin et la Mouette; et, dans l'escadre anglaise, la magnifique canonnière Recruil , qui, malgré son formidable armement de quatre pièces de G8, et de deux pièces de 32 , ne cale que sept pieds d'eau ; la Mina et le Danube.
A huit heures du matin, M. lierai de Sedaiges à bord du Dauphin, et le capitaine Lyons à bord du Recruil, arborèrent le pavillon blanc, et deux embarcations conduisirent à terre les lieutenants Jaurès et Horion , qui posèrent les conditions suivantes à un aide de camp du gouverneur :
1" La ville sera livrée aux mains des armées alliées, pour que tout ce qui appartient au gouvernement, et surtout tout ce qui est munition ou denrée de guerre, soit détruit;
2° La troupe se retirera à deux lieues de la ville , et les habitants devront, à leur gré, ou se renfermer chez eux, ou sortir de la ville ; mais personne ne pourra circuler dans les rues pendant toute la durée de l'occupation;
3° Quelques officiers supérieurs accompagneront les officiers de» nations alliées chargés de l'exécution des conditions précédentes, et répondront sur leur lêle de toute marque ou tentative de trahison;
4° A ce prix, les alliés s'engagent à éparguer la ville, à proléger les habitants et leurs propriétés particulières;
5° Une heure est donnée pour répondre parout ou par «on.
La population était échelonnée tout entière sur les hauteurs qui couronnent la ville. Deux cents miliciens armés à la hâte , trois sotnias de Cosaques et un demi-bataillon d'infanterie se tinrent prêts à résister.
Au bout d'une heure, après avoir conféré avec le comte Tolstii, gouverneur militaire de Taganrog, le lieutenant général Krasnofï répondit :
« L'honneur militaire me défend de livrer sans combat la ville confiée à ma défense, mes troupes sont prêtes à mourir pour le czar. Si l'ennemi veut elTectivement épargner les habitants paisibles, je l'invite à descendre sur la côte , et à accepter le combat que je lui oflVc , afin de décider par les armes de la possession de Taganrog dans cette journée. ><
Les officiers parlementaires se retirèrent. La réponse n'ayant pas semblé satisfaisante, la longue ligne des embarcations armées en guerre s'ébranla, et défila devant les quais à portée de pistolet. Le feu s'ouvrit; les bâtiments français et anglais, avec leurs pièces à la Paiihans et leurs fusées à la Congrève, commencèrenl un tir d'élévation contre la ville. L'incendie éclata à la Course, dans la rue des Grecs, à l'arsenal et dans des magasins de thé, de vin et d'huile. Des ordres formels avaient été donnés pour qu'on épargnât les maisons particulières , les églises et les hôpitaux ou établissements de bienfaisance, sur lesquels flottait le pavillon noir.
A trois heures et demie, une descente fut tentée; quatre cents soldats de marine anglais et un détachement français, bravant le le feu de six cents Cosaques, incendièrent les magasins de grains, ainsi que des planches, madriers et autres approvisionnements regardés comme contrebande de guerre , et purent se rembarquer sans accident.
Le 4 juin , à dix heures du soir, l'escadrille arriva devant Marianpol. Le lendemain, les ofiiciers parlementaires s'élant rendus à terre, les habitants hissèrent le drapeau blanc , et affirmèrent que depuis la veille toutes les autorités civiles et militaires avaient fui, que cinq ou six cents Cosaques étaient allés caniiier lans l'intérieur. Le consul d'Autriche se présenta pour demander que la ville fût épargnée, et l'on n'y brûla que les magasins appartenant au gouvernement russe.
Restait à visiter la ville de Ghcisk. L'escadrille y arriva le 6 , et quatre parlementaires, ^IM. S.iissel , d'AiguebcUes , Horion et un autre officier anglais, furent envoyés au gouverneur , le colonel Borsiknlî, pour lui demander la reddition de la place aux coiidi;iii'is déjà oiTcrtes à Maiianpol et à Taganrog. Le colonel répondil (] l'il n'avait sous ses ordres qu'une garnison très-faible , mais que m ,inmoins il ferait son devoir. Les parlementaires lui déclarèrent que puisqu'il en était ainsi , l'escadre se voyait dans la dure nécessité de
tirer sur la ville, et de faire éprouver aus liabilanls des perles qu'on n'aurait voulu faire peser que sur le gouvernement russe.
Celte réponse parut iniprei^sionner le colonel. Il fit observer qu'il serait bien pénible de voir la population forOée de fuir devant le feu et rester sans asile ; que lui-même n'ayant pas une garnison suffisante pour pouvoir résister avec quelque chance de succès, il aimerait mieux ne pas en avoir du tout : en somme, que, comme commandant supérieur, il se trouvait dans la position la plus embarrassante. Sa garnison, primitivement de 400 hommes, était en effet réduite à lOŒ par le départ de 300 hommes. Que faire avec une poignée de sold; pour couvrir une ville ouverte de toute part et offrant un grand veloppcmcnl? Ces scrupules, qui se combattaient dans l'âme brave colonel , et qu'il exprimait avec une remarquable dignité, rent généreusement compris. Après bien des pourparlers, on accorda la faculté ii la garnison russe de se retirer avec armes et bagages ; les officiers alliés débarquèrent, visitèrent toutes les maisons et tous les magasins, on brûla ce qui appartenait à l'Etat en respectant les propriétés particulières, et l'escadrille mit ensuite le cap sur la baie de Temriouk.