DU 10 AOUT AU 4 SEPTEMBRE
Lorsque la guerre éclata entre la France et la Prusse, je commandais depuis cinq ans le 4* corps d'armée à Lyon,
Je n'ajouterai aucune réflexion à celles qui ont été faites sur l'inopportunité de cette guerre, dans laquelle le gouvernement, qui n'était pas suffisamment préparé, a été entraîné par le sentiment public , et dont les conséquences sont devenues si fatales à la France , malgré les efforts courageux des ministres du 10 août 1870.
J'avais vainement sollicité un commandement actif à l'armée \ par lettres adressées tant au ministre de la guerre d'abord , que directement
' Voir aux Pièces justificatives, page 177.
3t UN MINISTERE DE LA GUERRE
ensuite à l'Empereur ; n'ayant pu l'obtenir, je dus me résigner à rester spectateur des faits de guerre qui allaient se produire .
II ne m'appartient pas de rechercher la cause du refus de mes services; je laisse à l'opinion publique, qui m'avait constamment désigné pour un commandement important, le soin d'éclaircir ce fait.
Ce ne fat pas sans un sentiment douloureux que je vis la marche suivie pour la préparation à la guerre et les premières opérations militaires, dont je prévis les fâcheuses conséquences.
Au nombre des fautes commises antérieurement, fut celle de la formation incomplète, comme corps
d'armée actifs, des grands commandements de Lille, Nancy, Tours et Toulouse, ainsi que la dislocation, au moment de la guerre, de ceux de Paris et de Lyon.
Déjà le grand commandement de Toulouse avait été supprimé de fait, et ceux de Nancy et de Tours étaient menacés dans leur existence.
Je crois nécessaire de donner ici quelques détails sur le fonctionnement en France de ces grands commandements, dont l'organisation permanente en Prusse assure en même temps la tranquillité à l'intérieur et la mobilisation la plus prompte en cas de guerre extérieure.