CA:<DIDATDRE HOHENZOLLERN; EMS
communicatioD qu'il s'était réservé de me faire dii-ectement. J'en donnai immédiatement avis au ministre des affaires étrangères dans deux télégrammes, en lui transmettant sommairement les détails importants de ce nouvel incident. Je 6s suivre ces télégrammes d'une dépêche explicative. Voici ces trois documents :
L'ambassadeur de France au ministre des affaires étrangères.
Ems, le 13 juillet 1870, trois heures quarante-cinq soir.
Le Roi a reçu la réponse du prince de Hohenzollem ; eUe est du prince Antoine, et elle annonce à Sa Majesté que le prince Lëopold , son fils, s'est désisté de sa candidature k la couronne d'Espagne. Le Roi m'autorise à faire savoir au gouvernement de l'Empereur qu'il approuve cette résolution. Le Roi a chargé un de ses aides de camp de me taire cette communication , et j'en reproduis exactement les termes. Sa Majesté ne m'ayant rien &it annoncer au sujet des assurances que nous désirons pour l'avenir, j'ai sollicité une dernière audience pour lui soumettre de nouveau et développer les observations que je lui ai présentées ce matin.
J'ai de fortes raisons de supposer que je n'obtiendrai aucune concession k cet égard.
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TÉLÉCRAMME.
L'ambassadeur de France au ministre des affaires étrangères.
Enu, le 13 juillet 1870, sept facuret soir.
A ina demande d'une nouvelle audience, le Roi me feit répondre qu'il ne saurait consentir à reprendre avec moi la discussion relative aux assurances qui devraient, à notre avis, nous être données pour l'avenir-Sa Majesté me fait déclarer qu'elle s'en réfère, à ce sujet, aux considérations qu'elle m'a exposées ce matin, dont je vous ai fait connaître la substance par mon premier télégramme de ce jour, et que j'ai développées dans un rapport que vous recevrez demain matin.
Le Roi a consenti, m'a dit encore son envoyé, au nom de Sa Majesté, à donner son approbation entière et sans réserve au désistement du prince de Hohenzollem; il ne peut feire davantage. J'attendrai vos ordres avant de quitter Ems.
M. de Bismarck ne viendra pas ici ; je remarque l'arrivée des ministres des finances et de l'intérieur.
DiaECTION POLITIQUE.
Ems, le 13 juillet 1870.
Monsieur le duc.
J'ai eu l'honneur de télégraphier hier à Votre Excellence que je m'étais rendu auprès du Roi pour
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CANDIDATURE HOMERZOLLERN ; EMS. 3T7 renoaveler mes instances et presser Sa Majesté de me mettre en mesure de vous faire connaître ses résolutions. Le Roi , comme je tous l'ai mandé, m'a répondu qu'il avait reçu un télégramme lui annonçant que la réponse du prince de Hohenzollern lui avait été expédiée, et qu'elle lui arriverait ce matin. Il voulait bien m' assurer, en même temps, qu'il s'empresserait, dès qu'elle lui serait parvenue, de satisfaire mon impatience.
On m'a remis au milieu de la nuit dernière votre télégramme d'hier au soir sept heures, par lequel, en m'annonçant que le prince Antoine avait notifié le désistement de son fils à l'ambassadeur d'Espagne à Paris, vous m'invitez à demander au Roi de s'associer à cette résolution, et de nous donner l'assurance qu'il ne permettrait pas au prince Léopold de revenir sur sa renonciation.
Je n'ai pas perdu un instant dès la première heure, bien que le Roi en se levant se fiût rendu aux sources minérales, pour approcher Sa Majesté et exécuter vos ordres. J'ai informé le Roi de la communication qui vous a été faite par M. Olozaga. J'ai ajouté que le parti pris par le prince ne pouvait avoir aucune valeur pour nous s'il n'était approuvé par âa Majesté, et que nous devions en outre être assurés qu'il ne lui serait pas permis de reprendre plus tard le projet qu'il venait d'abandonner ; que cette garantie , nécessaire au rétablissement de la confiance, ne pouvait nous être donnée que par le Roi, et j'ai demandé à Sa Majesté de me permettre de vous annoncer que, le cas échéant.
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elle interdirait au prince de poser de nouveau sa candidature. Se montrant surpris et de la démarche faite parle prince Antoine, dont il n'aurait reçu aucun avis, et de celle dont je m'acquittais moi-même en ce moment, le Roi m'a répondu qu'il ne connaissait pas encore la détermination du prince Léopold , qu'il attendait à tout instant le message qui devait l'en' instruire, qu'il ne pouvait par conséquent me donner aucun éclaircissement ni m'autoriser à vous transmettre la déclaration que je sollicitais.
J'ai répliqué que la renonciation du prince Léopold ne pouvait plus être douteuse, après ce que son père en avait fait savoir à l'ambassadeur d'Espagne; que nous pouvions, au surplus, raisonner par hypothèse, et admettre qu'elle serait avant peu un fait accompli, et que Sa Majesté pouvait donc nous donner dès à présent l'assurance qu'elle userait au besoin de son autorité pour empêcher toute nouvelle tentative feite en vue de revenir à cette même combinaison.
• Vous me demandez , a repris le Roi , un engagement sans terme et pour tous, les cas; je ne saurais le prendre. ' Pour justifier cette manière de voir, Sa Majesté a soutenu qu'elle ne pouvait aHéner de la sorte sa hberté de résolution, et qu'elle devait, en toute chose , se réserver la faculté de tenir compte des circonstances dans les éventualités diverses qui pourront «e produire ultérieurement; qu'elle n'avait assurénent aucun dessein caché, et que cette affaire lui avait donné de trop graves préoccupations pour ne pas désirer qu'elle fût irrévocablement écartée; qu'il lui
CANDIDATURE HOHE»ZOLLERN; EMS. 379 était toutefois impossible d'aller aussi loin que nous le lui demandions.
• Je m'expliquerais jusqu'à un certain point, ai-je continue à mon tour , que le souverain ou son gouvernement ne voulussent pas engag;er l'avenir , mais pour rester sur le terrain où le Boi s'est placé lui-même , je m'adresse au chef de la famille des HohenzoUern , et en cette qualité Votre Majesté peut assurément accueillir, sans préjudice d'aucune sorte, la demande que j'ai été chargé de lui présenter. * Je me suis appliqué à hien préciser l'objet de cette démarche , et à établir que nous avions uniquement en vue de conjurer tout nouveau dissentiment et de rendre une confiance entière aux intérêts alarmés.
Le Roi s'est absolument refusé à y acquiescer, et il ne m'a été que trop aisé de me convaincre que je ne réussirais pas à modifier les dispositions de Sa Majesté, qui a bientôt mis fin à notre entretien sur la promenade publique , en m'exprimant ses regrets de ne pouvoir nous faire ce qu'il a appelé une concession nouvelle et inattendue.
Je suis rentré à l'htStel, et j'y ai trouvé votre télégramme daté de la nuit dernière à une heure quarantecinq. J'ai pensé que si le Roi avait été exactement renseigné , et je devais le croire après ce qu'il avait bien voulu me dire , le courrier qu'il attendait de Sigmaringen arriverait avant le milieu de la journée et qu'il me manderait pour me faire part, ainsi qu'il me l'avait annoncé, de la réponse du pnnce de Hobenzollern , et que j'aurais l'occasion de m' expliquer de nouveau
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avec Sa Majesté. Le Roi a en effiet reçu, quelques heures après, le message qui lui a été expédié; mais, prëvoyant sans doute mon iDlention , au lieu de me recevoir, il a chargé un de ses aides de camp de m'apprendre en son nom que le prince Léopold avait retiré sa candidature , et que Sa Majesté me priait de vous télégraphier qu'elle considérait cette affaire comme définitivement terminée.
En invitant mon interlocuteur à remercier le Roi de cette communication , je lui ai fait remarquer que j'avais invariablement solhcité l'autorisation de vous transmettre , avec le désistement du prince , l'approbation explicite de Sa Majesté ; je lui ai dit en outre que j'avais reçu un nouveau télégramme de Votre Excellence qui m'obligeait à insister sur un sujet dont j'avais eu l'honneur d'entretenir le Roi dans la matinée; que je me voyais dans la nécessité, avant de vous adresser les informations que Sa Majesté voulait bien me donner, de demander à être fixé sur ces deux points.
Ayant rendu compte au Roi du vau que je lui avais exprimé, l'aide de camp est revenu auprès de moi, et il m'a déclaré que Sa Majesté n'avait aucune difficulté à me permettre de vous mander qu'elle approuvait la renonciation du prince Léopold, et j'ai libellé , en présence de son envoyé , le second paragraphe de la dépêche que je vous ai adressée ce soir àsept heures. Dans le même télégramme, je vous dis comment le Roi a accueilli le désir que j'avais exprimé d'obtenir une nouvelle audience pour soumettre encore une fois , et
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CANDIDATURE HOHENZOLLERN ; BMS. 381 dëvelopper plus complètement que je n'ai pu le faire ce matin , au sujet des assurances que nous réclamons pour l'avenir, les considérations qui légitiment notre démarche.
Tout me porte à croire , je ne saurais vous le cacher, que le Roi est fermement décidé k nous refuser cette satisfaction. Malgré l'acftueil apparemment gracieux qu'elle n'a cessé de faire à mes instances, j'ai pu constater que Sa Majesté se résignait, avec autant de regret que de répugnance , devant notre attitude, à dénouer les difficultés qu'elle a contribué à faire naitre , et sans nul doute , elle ne se dissimule pas la gravité de l'échec auquel elle s'est personnellement exposée. Dans cette disposition, le Roi considère qu'il aggraverait le mécontentement que la renonciation du prince de HohenzoUern provoquera en Allemagne, «t dont la responsabilité pèsera moins sur ce candidat que sur Sa Majesté elte-méme , s'il souscrit à l'obligation que nous lui demandons de contracter.
Je prévois même qu'à dater de ce moment il me sera moins &cile de l'aborder, et je ne doute pas qu'il n'ait voulu éviter de m'en donner l'occasion en confiant à l'un de ses officiers le soin de m'apprendre la résolution du prince de Hohenzollern.VotreExcellence peut être assurée toutefois que je ne négligerai aucun effort pour me conformer à vos instructions et aux ordres de l'Empereur, et que j'y mettrai toute l'énergie nécessaire. Vous me permettrez de vous signaler cette situation et d'espérer que vous voudrez bien l'apprécier. J'attendrai pour quitter Ems que vous m'y invi'
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sus MA MISSION EN PRCSSE.
tiez, et je n'ai pas besoin de dire que je me rendrai
directement à Paris si vous le jugez opportun.
Veuillez, etc.
Benedetti.
Ainsi, malgré le télégramme du 12, sept heures du soir, malgré la communication que j'en avais faite le 13 dans la matinée, je devais être reçu par le Roi vers le milieu de ce même jour, et il était entendu qu'il me donnerait personnellement la réponse déânitive qu'il m'avait laissé pressentir dans tous nos entretiens, à savoir, que le prince de HohenzoUem s'était désisté et que Sa Majesté donnait son approbation à cette renonciation. Pour moi, ayant toujours considéré et maintenu que je m'étais adressé au souverain, j'estimais que cette réponse m'était faite par le roi de Prusse et nullement par le chef de la maison de HobenzoUem, auquel l'ambassadeur de France n'avait aucune réclamation à présenter.
Mais quelle circonstance nouvelle, quelle exigence imprévue avait tout à coup modifié les thspositions du Roi, et l'avait déterminé à me donner connaissance de ses résolutions par l'aide de camp de service? Voici ce qui s'était passé et que je n'ai moi-même connu qu'après mon dépail d'Ems.
M. de Werther était revenu à Paris le 12 au matin, comme on l'a vu, et il eut le mêmie jour, avec M. le
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duc de Gramont, une conférence dans la(|uelle intervint M. Emile OUivier. L'ambassadeur de Prusse en rendit compte directement à son souverain. Expédié par le train-poste de cinq heures du soir, son rapport parvint à Ems le lendemain 13 avant midi. M. de Werther y attribuait à ses interlocuteurs des exigences et des appréciations nouvelles et inattendues. Dans une circulaire du 24 juillet '■', adressée à nos agents,, M. le duc de Gramont a contesté l'exactitude des allégations du représentant de la Prusse. Le Roi n'en fut pas moins impressionné de la façon la plus déplorable, et au lieu de me mauder auprès'de lui, comme il m'en avait manifesté l'intention, pour me faire la .communication qu'ilm' avait annoncée, il en chargea le prince de Radziwill. Je n'avais pas d'ailleurs été instruit de la conversation que M.le duc de Gramont et M. Emile OUivier avaient eue avec l'ambassadeur de Prusse , et je ne pus dès lors chercher à combattre la malheureuse influence que le rapport, de ce diplomate a exercée sur l'esprit du Roi. C'est en effet à dater de ce moment que tout a été compromis, comme l'attestent les télégrammes suivants, après lesquels j'ai quitté Ems pour revenir à Paris.
(') Voir ces denx documents aux Appendices, n" 5 et 6.
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TÉLÉGRAMME
Le ministre des araires étrangères à l'ambassadeur de France, à Ems.
Paria, le 13 juillet 1870, neuf heures quarante^inq soir.
J'ai reçu-vos télégrammes d'aujourd'hui de midi et de une heure.
Ainsi que je vous l'avais annoncé, le sentiment français est tellement surexcité , que c'est à grand'peine que pour donner des explications nous avons pu obtenir jusqu'à vendredi.
Faites un dernier effort auprès du Roi. Dite»-lui que nous oous bornons à lui demander de défendre au prince de Hohenzollern de revenir sur sa renonciation. Qu'il vous dise : ■ Je le lui défendrai, • et qu'il vous autorise à me l'écrire ou qu'il charge son ministre ou son ambassadeur de me le faire savoir, cela nous suffira. Si, en effet, le Roi ne nourrit pas d'arrièrepensées, ce n'est pour lui qu'une question secondaire \ mais pour nous eUe est très-importante. La parole seule du Roi peut constituer pour l'avenir une garantie suffisante.
J'ai lieu de croire que les autres cabinets nous trouvent justes et modérés.
L'empereur Alexandre nous appuie chaleureusement.
Dans tous les cas , partez d'Ems et venez à Paris avec la réponse affirmative ou négative. Il font que
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CANDIDATUBE H0HENZ0LLERI4^ EMS. 3SS je VOUS aie vu vendredi avant midi. Si cela est nécessaire, prenez un train spécial. Continuez, toujours à me télégraphier tout ce que vous avez à me faire connaître. Peut-être pourriez-vous en recevant du Roi la nouvelle de la renonciation du prince de Hohenzoilern, lui dire : • Sire, Votre Majesté se porte garant de la parole du prince de Hohenzoilern; car elle n'ig;nore point que, comme puissance, nous n'avons pas de rapports avec le prince, et que par conséquent, devant le pays, notre abri officiel est dans la parole du Roi. ■■
mbassadeur de France au ministre des affaires étrangères.
Ems, le 14 juillet 1870, douze heures trente i
J'ai reçu dans la nuit votre télégramme d'hier soir neuf heures quarante-cinq minutes. Après la déclaration que le Roi m'a faite hier par un de ses aides de camp, je ne pouvais m'adresser de nouveau à Sa Majesté. J'ai profité ce matin d'un entretien que j'ai eu avec le ministre de l'intérieur pour bien préciser, eu m'inspirant de vos dernières déclarations, comment nous entendions l'assurance que nous demandons au Roi, et les formes diverses dans lesquelles elle pourrait nous être donnée. Le ministre m'a exprimé l'intention de soumettre mes observations à Sa Majesté , et il m'a même promis de me revoir. Il vient cependant de me
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faire uniquement savoir qu'il n'a rien à m' apprendre.
Afin de ne pas manquer aux convenances, j'ai prié l'aide de camp de service d'annoncer au Roi que je partais ce soir, et j'ai exprimé le désir de prendre congé de Sa Majesté. Le Roi m'a Fait répondre qu'il me verra dans le salon qui lui est réservé à la gare quelques instants avant son départ. Sa Majesté part en effet à trois heures, pour aller, dit-on , à Coblentz faire une visite à la Reine. Reviendra-t>it dans la soirée, comme on l'annonce, ou bien quitte-t-il définitivement Ems pour rentrer à Berlin? Je ne saurais vous le dire.
Un téléyranime daté d'ici , publié par la Gazette de Cologne, et que la télégraphie privée nous rapporte ce matin, raconte que le Roi a chargé hier un de ses aides de camp de me déclarer qu'il ne prendrait aucun engagement pour l'avenir, et qu'il avait refusé de me recevoir pour continuer avec moi la discussion à ce sujet. Gomme je n'en avais fait la confidence absolument à personne, je suis autorisé ii croire que cc! télégramme est parti du cabinet du Roi. Il me revient que, depuis hier, on tient dans son entourage un langage regrettable.
Je serai à Paris demain matin à dix heures quinze minutes, et je me rendrai directement au ministère. Je ne pourrais pas arriver plus tôt en prenant un train spécial^
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CANDIDATURE HOHENZOLLERW; BMS. 387
TÉLÉCRAMME.
L'ambassadeur de France au ministre des affaires étrangères.
Ems, le 14 juillet 1870, deux heures soir.
Il parait certain que le Roi reviendra ce soir de Coblentz et qu'il partira demain matin pour Berlin, avançant son retour dans sa capitale de quelques jours.
TÉLÉGRAMME
L'ambassadeur de France au ministre des affaires' étrangères.
Ems, le 14 juillet 1870, trois heures quarante-cinq minutes soir.
Je viens de voir le Boî à la gare. Il s'est borné à me dire qu'il n'avait plus inen à me communiquer, et que les négociations qui pourraient encore être poursuivies seraient continuées par son gouvernement. Sa Majesté m'a confirmé que son départ pour Berlin aura lieu demain matin.
Je n'ajouterai ni considérations ni commentaii'es à l'exposé qui ressort de ces documents. Mais il me reste à répondre à une question qui m'a été souvent posée. Oielle a été, m'a-t-on demandé, la politique du gouvernement impérial à dater de 1866; voulait-il la paix, désirait-il la guerre?
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Je l'aiBrine sans crainte d'être démenti, le gouvernement impérial a sincèrement employé tous ses efforts à conjurer, dans la juste mesure des intérêts et de l'honneur du pays, tout conflit armé avec la Prusse.
' Je le démontre.
Je ne dirai rien des deux premières années ; on m'objecterait avec une certaine apparence de raison, qu'en 1866 et en 1867 la France n'était pas en mesure d'engager une lutte avec la Prusse, qui était restée formidablement année. Je rappellerai néaumoÎDS la circulaire dans laquelle le ministre des affaires étrangères , peu de jours après la conclusion de la paix de Prague, a apprécié la situation européenne, pour bien établir que le gouvememeat impérial a envisagé les choses dans un sentiment de conciliation et de paix. Fidèle à son programme, il y a constamment conformé sa conduite, malgré les ditHcultés que le cabinet de Berlin semblait se complaire à nous créer. Si je ne m'abuse, j'ai prouvé que la Prusse ne pouvait, sans manquer aux égards qu'elle devait à la puissance dont elle avait accepté la médiation en 1866, méconnaître les obligations qu'elle avait contractées en souscrivant aux préliminaires de Nickolsburg. Elle avait agréé deux clauses notamment dont nous avions pris l'initiative ; par l'une, elle avait promis, comme je l'ai
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