‹ Histoire de la guerre de 1870-1871 (volume 4)Chapitre 17 sur 19 · CANDIDATURE HOMENZOLLERT): EMS. JI · texte numérisé non relu

CANDIDATURE HOMENZOLLERT): EMS. JI

nonçât au moyen qu'elle avait imaç^int^ pour exercer une influence prépondérante au delà des Pyrénées, et dans ce but il a exi^é le désistement du prince Léopold. Nous avions demiuidé au Roi de te lui imposer, et le Roi nous ayant refusé cette concession de forme, nous étions disposés à considérer la renonciation du prince comme sufiisaiite si elle nous était garantie par l'approbation du souverain.

Le ministre des aifaires étrangères s'élait exprimé en ce sens avec l'ambassadeur d'Anfjlelerre; et voici ce que lord Lyons mandait au comte Granville :

« Il y aurait une autre solution de la

question, et le duc de Gramnnt m'a prié d'appeler sur ce point l'attention particulière du (j'iuveniement de Sa Majesté. Le prince de Hohenzoliern pourrait, de son propre mouvement, abandonner sa prétention

à la couronne d'Espagne Une renonciation

volontaire du prince serait, selon M. de Orumont, une solution très-heureuse d'une situation difficile et compliquée. Il prie le gouvernement «le Sa Majesté d'user de toute son influence pour y arriver. ..."

{Dépêche du » juillet 1870, n" 15.)

Ce témoijpiage des véritables intentions du gouvernement français ne comporte aucune contradiction.

Comment h Paris accueilUt-oii la nouvelle que le

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prince de Hohenzotleni avait retiré sa candidature? Tout a «.-té dit à ce sujet j de nombreuses publications ''' ont démontré que le sentiment public s'était successivement exall^jusqu'à l'exaspération, et que les amis du gouvei-nement n'étaient ni moins exigeants ni moius impétueux que ses adversaires. A l'exception des journaux qui attendaient de connaître sa résolution pour la combattre, quelle qu'eUe fût, la presse poussa un cri de défiance et de colère. Suivant les uns, la concession que nons accordait

la Prusse était dérisoire Nous n'avions plus que

le clioix entre l'audace et ta honte Notre vicloire

pacifique coûterait plus de sang à la France {fue

dix batailles rangées Suivant les autres, la

France resterait confiée aux incapables et aux naïfs t/ui drtns un jour de folie avaient rêvé de gouverner le pays Si elle était acceptée, la renonciation du prince de Hobenzollem avait pour

résultat de ridiculiser nos réclamations Les

journaux qui parlaient ainsi sommaient le gouvernement ou d'exiger d'auti'es garanties, ou de tirer l'épée ; plusieurs d'entre eux ne voyaient même d'autre solution que la guerre ; l'opinion publique

(.*) Voir surtout : la Vérité sur la campagne de 1870, pu* H. Gîraudcaii. Cet ouvrage, remarquable à tous les pornts de vue, mériie d'être lu par tous ceux qui s'intéressent aux cboses publiques.

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'Ci^OIDATURE UOIIENZOLLERN; EMS. M5 serait déçue, disaient-ils , si taffaire venait à s'arrawjer par la diplomatie Elle est presque unanime à réclamer une action énergique.

Qui tenait ce tangage, étaient-ce les or;raaes du gouvernement? Voici comment s'exprimait le Constitutionnel, que l'on considérait ajuste titre comme un journal inspiré par le ministre de la justice :

B La candidature d'un prince aile- '

mand au trône d'£spagne est écartée, et la paix de l'Europe ne sera pas troublée. Les ministres de riimpereur ont parlé haut et ferme, comme il convient quand on a l'honneur de gouverner un grand pays. Ils ont été écoutés ; on a donné satisfaction à leur juste demande.

Nous sommes satisfaits.

Le prince Léopold de Hohenzollern avait accepté la couronne d'Espagne. La France a déclare qu'elle s'opposerait à une combinaison politique ou à un arrangement de famille qu'elle jugeait menaçants pour ses intérêts, et la candidature est retirée. Le prince de Hohenzollern ne régnera pas en Espagne.

Nous n'en demandions pas davantage, et c'est avec orgueil que nous accueillons cette solution pacifique.

Une grande victoire qui ne coûte pas une larme, pas une goutte de sang. >>

Voilà quel était le sentiment du gouvernement, on ne saurait le mëconnaitre, et on se souvient que

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«os MA MISSION EN PRUSSE.

l'article du Constitutionnel provoqua les plus vives récriminai ions dans la plupart des jotiroaux. Le Corps législatif et le Séoat lui-même reçui-eut les premiers avis du désistemeut du prince liéopold dans des dispositions analogues. Le bruit s'en est à peine répandu que le mécontentement éclate sur tous les bancs; on veut interpeller le gouvernement çt lui demander quelles garanties il a stipulées. H II faut que la lumière soit faite ", s'écrie-t-on des deux c<ltés de la Chambre. Le gouvernement n'ayant encore reçu que la communication de l'ambassadeur d'ICspa|{ne et voulant attendre celle de son négociateur, leluse de s'expliquer prématurément, afin de ne rien compromettie. >• Je déclare , répond » un membre de l'opposition , que si vous renvoyez » ces interpellations, vous faites absolument le jeu » de la Prusse, le jeu de M. de Bismarck, el, en " ma qualité de Français, je proteste énerj;iqucment » contre celte conduite. >> La détermination du cabinet i-encontre au Sénat les mêmes dispositions, et, comme on l'a dit alors, « celte rencontre des » deux Chambres et des divers partis dans les » Chambres eut son împorlaace. » Ce n'était pas seulement de l'entraînement, de l'agitation, c'était de l'emportement, suivant une expression attribuée àM. TUers''».

(') Voir la Vc'rilé sur la Campagne de 1870, page 30.

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CANDIDATURK FIOH KNZOLLKHK ; EMS. 407

Cette <iltiliide des deux assembires , le lanjjage des journaux répondaient-ils aux vérilables sentimeuts du pays? Quelles étaient en réalité les dispositions (le la France? Voulait-elle la guerre ou la paix, et se serait-elle accommodée de t'arranfrement que déclinait la presse et auquel le Corps léf[îslatif faisait un accueil si peu cordial? De loUffitemps on ne sera pas d'accord sur ce point; dictés par t'Iiostilité des partis , les avis sont et resteront contradictoires ; mais personne ne peut décliner l'opinion d'un témoin désintéressé, et voici comment lord Lyons présente l'état des esprits dans une dépêche officielle :

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