‹ Histoire de la guerre de 1870-1871 (volume 4)Chapitre 5 sur 19 · DÉPÊCHE · texte numérisé non relu

DÉPÊCHE

Monsieur le ministre,

Le Moniteur prussien publie aujourd'hui le

plan de réforme fédérale dont j'ai eu l'honneur de vous envoyer hier la traduction ; et on me dit que ce document a été adressé à tous les agents diplomatiques en Allemagne, avec l'ordre d'en donner communication aux cours auprès desquelles ils sont accrédités, de façon qu'elles en aurontdéjà connaissance quand M. de Savigny le présentera à Ja Diète. Tous mes collègues allemands jugent ce projet avec une sévérité unanime, et aucun d'entre eux ne conçoit l'opportunité d'une semblable publication. Dans leur opinion, la Confédération, reconstituée sur ces bases, serait à la merci de la Prusse , et à moins que la Bavière ne se laisse séduire par le rôle de grande puis-

OUVERTDRE DES HOSTILITÉS. iA9

sance, que cette combinnison semble lui ménager, aucun des Etats secondnires ne saurait, sans abdiquer, lui donner son assentiment. Je n'ai pas besoin d'ajouter que, comme moi, ils pensent qu'il convenait, dans tous les eus, d'attendre un autre moment pour produire une proposition excluant do la Confédération la puissance qui en a la présidence : s'il doit être repoussé par les princes et les États associés, le projet de la Prusse risque de ne pas être mieux accueilli par l'opinion publique, ou du moins par le parti libéral , qui comprendra qu'on lui offre un Parlement dont la mission se réduirait à débattre des

questions d'ordre purement économique

Veuillez, etc.

Berlin, le 24 juin I8(i6.

Monsieur le ministre.

J'ai eu l'honneur de vous entretenir des démarches que te cabinet de Berlin a faites auprès de tous les États de l'Allemagne du Nord, pour nouer avec eux de nouvelles relations ayant particulièrement pour objet, d'une part d'assurer à la Prusse le concours de leurs contingents durant la guerre, de l'autre la convocation d'un Parlement commun qui se réuniraità Berlin sur les bases du projet de réforme fédérale élaboré par le gouvernement prussien. Le Bullelin officiel, qui a paru hier soir, annonce que tous ces Etats ont

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accédé è l'alliance de la Prusse , à l'exception de k Saxe , de la Hesse électorale , du Hanovre et de Nassau. Bien que cette assertion ait en quelque sorte un caractère ofBciel, je ne saurais admettre qu'eUe soit parfaitement exacte. Je crois savoir, en effet, que la ville de Hambourg a décliné les ouvertures du gouvernement prussien, que la Saxe grand'ducale ne s'est pas encore expliquée, et que le duc de Brunswick, en se montrant plus favorablement disposé, refuse néanmoins de réunir ses troupes à celles de la Prusse. 11 est à remarquer, en outre, qu'à l'exception d'Oldenburg et de quelques princes de troisième ordre, les autres États du Nord n'ont encore fait à Francfort aucune communication pour dénoncer le lien qui les attache à la Confédération , et qu'ils ne sauraient cependant entrer dans de nouveaux rapports avec la Prusse sans dénoncer ou rompre ceux qui les unissent aux États restés fidèles à la Diète. C'est là, d'ailleurs, une situation qui n'attend probablement pour s'éclaircîr que les premiers résultats de la guerre. Je n'ai pas besoin, en effet, de faire observer que si l'armée confédérée, qui se concentre à Francfort, triomphait des troupes prussiennes qui opèrent en ce moment dans la Hesse électorale, elle ne tarderait pas à s'avancer dans le Hanovre , et que, dans ce cas, la plupart des États du Nord, à supposer qu'ils y soient disposés, ne seraient plus en situation de se prêter à la conclusion du pacte nouveau qui leur est offert par la Prusse ; ils y seraient réduits, au contraire, si l'armée prussienne, battant les

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