‹ Histoire de la Guerre de 1870-71Chapitre 10 sur 101 · DE MOLTKE · texte numérisé non relu

DE MOLTKE

G'estlesoir du 13 juillet. Il est à tableavec Roon, ministre de la guerre, et de Moltke. Arrivent les anodines nouvelles d'Ems. Bismarck en donne lecture : ensemble Roon et de Moltke laissent tomber couteau et fourchette, reculent leur chaise, profondément abattus. « L'alTaire se perd dans les sables. » L'occasion, tant attendue, échappe... Un moment!... Bismarck relit, remarque la fin de la dépêche, qui l'autorise à communiquer aux représentants de la Prusse en Allemagne et à la presse la démarche de Benedelti et son rejet. Alors, s'adressant à de Moltke: — « L'instrument de guerre est-il réellement assez bon? » — On n'en a jamais eu de meilleur : il faut saisir celte heure! s'écrie Moltke, et appuie Roon. — « Eh bien, alors, mangez tranquilles ! »

Et sur une petite table voisine, Bismarck, en quelques coups de crayon, travestit la dépêche : l'Allemagne, le monde sauront demain que l'ambassadeur de France a été éconduit, de façon formelle et définitive... Lecture redonnée, Moltke et Roon s'écrient: — « Magnifiiiue! cela va produire son eiï'el! » Tout à l'heure c'était une chamade, maintenant c'est une fanfare! Et les soixante-dix ans UE HooN. jg Moltke se redressent. Il est rede-

venu jeune et frais. Là dessus tous trois se remirent à table, du meilleur appétit.

Ils avaient leur guerre!

La France bondit sous le soufllet, auquel on lui avait

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