LA DÉCLARATION DE GUERRE
fait tendre la joue. Le 15 juillet, les dés étaient jetés. « Nous sommes prêts, archiprêts, jura Lebœuf ; si la guerre durait un an, nous n'aurions pas un bouton de guêtre à acheter. » Comme s'il n'avait pas donné tête basse dans le panneau, le ministère, devant la Chambre, osa déclarer avoir « fait tout ce qui était humainement possible » pour éviter la lutte, et en accepter « la responsabilité, le cœur léger ». En vain Thiers, aux cris du patriotisme indigné, opposa son éloquence, le§ plus prophétiques supplications. En vain intervenait Gambetta : la résolution était prise, l'irréparable voté.
Le même jour, on entendait dire au président du conseil des ministres, M. Emile OUivier, dans le vestiaire du Sénat : « Messieurs, ce sera une promenade militaire. »