‹ Histoire de la Guerre de 1870-71Chapitre 16 sur 101 · BATAILLE DE WŒRTH · texte numérisé non relu

BATAILLE DE WŒRTH

siers de réserve de Bonnemains; à droite, Lartigue, entre le Niederwald et Morsbronn. Derrière Lartigue, dans le ravin d'Eberbach, Conseil-Dumesnil, du 1" corps, et les cuirassiers de la brigade Michel.

Terrain à souhait pour la défense, avec ses pentes de bois, de vignes, de houblonnières, ses villages dominants, et, au fond de la vallée, un long glacis de prairies. Sur la barre d'eau du Sauorbach, le gros bourg de Wœrth, dont on n"a pas même fait sauter le pont.

Son clocher reluit au soleil, avec ses faïences vertes. Sur le versant opposé, d'autres villages, Dieffenbach, Gunstett et son plateau — que Mac-Mahon a trouvé inutile d'occuper, comme inutile aussi de se retrancher, d'appuyer mieux sa droite. 11 espérait. Il espéra tout le jour, obstinément, jusqu'à l'heure de l'irréparable déroute.

Chose étrange, la bataille livrée contre son attente, le fut contre les prévisions mêmes des Allemands. Le Prince Royal comptait en effet ne reprendre vigoureusement sa marche que le lendemain, exécuter, le 6, un changement de front. Mais, dès le matin, sur de simples démonstrations de reconnaissances, on s'engageait. Peu à peu les deux armées entières en venaient aux mains. Engrenage tragique, jeux profonds du destin.

Mac-Mahon, jusqu'à midi, put se croire vainqueur. Les avant-gardes du IP corps bavarois, celles des N^ et XP corps prussiens, étaient successivement repoussées. Ducrot chassait à la baïonnette, fauchait sous les mitrailleuses les Bavarois hésitants. Malgré le feu protecteur des batteries tonnant de Gunstett, les fantassins de Kirchbach et de Bose échouaient contre les pentes de

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