‹ Histoire de la Guerre de 1870-71Chapitre 24 sur 101 · RETRAITE SUR VERDUN · texte numérisé non relu

RETRAITE SUR VERDUN

à l'épaule, est félicité par Napoléon d'avoir « rompu le charme ». Et c'était bien pour nous un succès tactique, puisque les Allemands laissaient 5000 hommes hors de combat, sur ce terrain trop rapproché des forts et qu'il « abandonnaient le lendemain. Mais c'était aussi une réelle défaite stratégique ; c'était un jour d'avance aux avant-gardes de Frédéric-Charles, et, pour l'armée du Rhin, un irréparable retard.

Les lenteurs du 15 août aggravèrent le péril.

L'armée, entassée presque entière (sauf Ladmirault qui trouva, utilisa un autre chemin) sur l'unique route de Longeville-lès-Metz à Gravelotte, fit, ce jour-là, dans une confusion inexprimable, à travers des vagues de poussière, une étape de tortue. Insouciance de l'état-major, qui n'avait que de mauvaises cartes de France, — quand il en avait ! De celles d'Allemagne, en revanche, il eût chargé des wagons... Tandis que nos divisions de cavalerie battaient l'estrade, en avant cette fois! mais sans rien découvrir des projets ennemis, les troupes lasses et mornes passaient, passaient sans cesse devant l'auberge de Gravelotte où, sur une chaise de paille, se tenait, blême. Napoléon III, les cheveux pendants et la tunique déboutonnée. . . Triste contraste des autres 1 5 août : défilés des fêtes impériales !

Le souverain était en hâte accouru de Longeville, où déjà tombaient les obus des reconnaissances ennemies. Et tels étaient son inquiétude, le lourd sentiment de son impuissance, de l'inutile gène qu'imposait là sa présence, qu'il montait en voiture, à l'aube du 16, s'éloignait précipitamment, au galop des petits chevaux arabes des chasseurs d'Afrique.

Bazaine, délivré, respire. La menace qui sur son flanc gauche grandit, le noir nuage de Frédéric-Charles, il

n'en a cure. Un seul souci : rester sous Metz. Son premier soin est de suspendre la marche. On peut redresser les tentes ; on ne partira « probablement que dans l'aprèsmidi ».

Tout à coup, — il est neuf heures, — le canon allemand retentit. Les obus inattendus pleuvent sur les chevaux à l'abreuvoir delà division de Forton, saisie de panique.

La bataille de Rezonville commence.

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