BATAILLE DE BEAUMONT
Les armes sont démontées, les chevaux à l'abreuvoir, les hommes aux corvées. Le général, à l'auberge, déjeune sans se soucier des avis venant de toutes parts. Subite-
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BATAILLE DE BEAUMONT (.30 aOÛt).
ment, il est midi, les bois se déchirent, une nuée d'obus s'abat : panique inexprimable.
Les camps tourbillonnent. Une fuite éperdue emplit Beaumont, s'éparpille. En vain une poignée de héros, vite accrue, tient tête aux avant-gardes qui débouchent. Devant les débris de leurs régiments deux colonels se font tuer; alors les divisions un instant ralliées lâchent
pied. Beaumont qui brûîe, l'immense matériel des camps, sept canons tombent aux vainqueurs.
Mais Failly a rejoint une de ses brigades, heureusement campée plus loin, sur une hauteur; malgré ce qu'on a pu recueillir d'artillerie, il faut reculer, devant le demicercle des 150 canons ennemis. Tandis qu'une brigade de Douay vient par hasard donner dans la bagarre et se fait battre à Warniforêt, ce qui reste du S"" corps est rejeté vers la Meuse. De front, le IV*" corps d'Alvensleljcn, qui a engagé l'action, à droite le XIP saxon, barrant jusqu'à la rivière, à gauche le I" bavarois, poussent cette cohue, qu'une ligne de vaillants, à l'arrière-garde, protège. D'Yoncq au bois Givodeau, puis du mont de Brune à Villemontry, par deux fois la bataille se prolonge. Lebrun, des pentes de la rive droite, a beau tirailler, lancer sur la rive gauche deux brigades, de la cavalerie, le 5" cuirassiers se sacrifier presque entier, c'en est fait, tout le corps de Failly est hors de combat, perd 1800 hommes, 3000 prisonniers, 42 canons. Ce qui peut s'échapper, traverser à Mouzon, n'est plus troupe, mais troupeau.
Mac-Mahon n'apprend que tard l'étendue de la défaite. Il ne voit qu'un remède : gagner Sedan proche, sur la gauche, prendre haleine à l'abri de ses murs.
Et toute la nuit, avec un bruit d'écluses rompues, d'eaux grosses dans les ténèbres, l'armée de Châlons, battue avant l'action, clapote et descend, vers l'endroit marqué, vers le gouflVe.