GALLIFFET
Mais toul est dit, 17 000 lues ou blessés français jonchent le plateau, les ambulances. Les Prussiens sont aux portes. Le cercle de feu se resserre, concentré sur Sedan, bombarde ce château de cartes, cette foule misélable qui ce matin encore était l'armée de Châlons.
Le drapeau blanc flotte pour la seconde fois. Napoléon envoie rendre à Guillaume son épée. Le canon cesse. Et pour célébrer leur étonnante victoire, au pied des palissades, Prussiens, Bavarois et Saxons se serrent la main, entonnent gravement des lieds. Ils n'avaient, à pleurer que 460 officiers et 8 500 soldats.
Wimpffen le lendemain 2 septembre signe la capitulation.
La France perdait, avec son Empereur, 124000 hommes, dont 21 000 pris dans la bataille et 3000 désarmés en Belgique. Le reste fut parqué dans l'affreux camp d'Iges, gagna peu à peu l'Allemagne. Une aigle, deux drapeaux, 419 pièces de campagne, 139 de siège, 6000 chevaux valides, sans parler d'un matériel innombrable, tel était le butin. Et ce n'était rien encore, au prix du reste : celte profondeur morale de la catatrosphe, où avec le régime l'Europe crut voir la nation sombrer.