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CHAPITRE VIII

Le 4 Septembre a Pabis. — L'Iinvasion. — Chatillon. — Entrevue de Ferrières (19 et 20 septembre).

La France, du coup dont elle touchait le fond, rebondit. Il semblait en effet que la guerre fût finie : elle commençait.

En même temps que Guillaume parcourait ses bivouacs, aux acclamations de sa victorieuse armée, et que Napoléon, comme une ombre, s'évanouissait vers quelque, château de prison, puis d'exil, la Capitale, le Pays s'affranchissaient d'eux-mêmes de cet empire que sa légèreté, son incurie venaient de conduire au gouffre, non sans faillir y entraîner tout.

A peine éclatait la foudroyante nouvelle de Sedan, le 4 Septembre, que Paris envahissait l'Hôtel de Ville, et la Chambre qui, bouleversée, se consultait encore. Mais la volonté populaire, comme un flot irrésistible, balaya tout : Gambetta proclamait la République, et le minis-

1ère Palikao, le Corps législ^if, le Sénat soudain disparurent, dans la plus pacifique des révolutions. Un soleil magnifique, un ciel bleu illuminaient ce dimanche d'espoir, la ville en fête où partout on abattait les aigles, tandis que l'Impératrice fuyait les Tuileries désertées, gagnait l'Angleterre, et qu'à l'Hôtel de Ville bourdonnant, un gouvernement provisoire se levait du sein du peuple. C'était la députation même de Paris, moins Thiers qui s'abstint, et plus Trochu, gouverneur militaire, auquel on offrit la présidence.

Jules Favre aux Affaires étrangères, Gambetta à l'Intérieur, Jules Simon à l'Instruction publique, Ernest Picard aux Finances, Dorian aux Travaux publics, Crémieux à la Justice, Magnin à l'Agriculture et au Commerce, le général Le Flô à la Guerre ^ -r-^ et l'amiral Fourichon à la Marine;

Garnier-Pagès , Emmanuel Arago, Eugène Pelletan , Glais-Bizoin et Henri Rochefort sans portefeuilles, Jules Ferry préfet de la Seine, le vieil Etienne Arago, maire de Paris, tels étaient les hommes, en partie républicains nouveaux, en partie survivants de 1848, qui, appai-tenant presque tous au barreau, assumaient à cette heure solennelle la direction de l'Etat.

Gambetta en province, Jules Favre et Trochu à Paris, sont les protagonistes de ce gouvernement, qui noblement se définit lui-même, « non le gouvernement d'un parti, mais le gouvernement de la Défense Nationale.

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