‹ Histoire de la Guerre de 1870-71Chapitre 46 sur 101 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

La Province. — La Délégation a Tours (10 octobre). — (Iambetta. — Les Bavarois a Orléans (11 octobre). — Chateaudun (18 octobre).

Tandis que Paris supportait patiemment, entre deux sorties, les premières semaines de siège, la Province, sous le lent aiguillon de la Délégation, se démenait tant bien que mal. L'avocat septuagénaire Crémieux, garde des sceaux de 48, s'appliquait à parer, comme il pouvait, aux occupations et aux besoins de six ministères. L'honorable amiral Fourichon était chargé de la guerre; c'était un excellent marin. Homme d'ordre et de hiérarchie, et le moins fait pour ces heures bouleversées. Quant à Glais-Bizoin, autre septuagénaire, et vétéran du parlementarisme, les meilleures intentions animaient ce vieux garçon, un peu bohème, mouche bourdonnante du coche.

Cependant, sous l'active direction des délégués du ministère de la guerre, le général Lefort, le colonel Thoumas, on s'efforçait de faire face aux innombrables et presque insurmontables difficultés qui surgissaient de toute part, à toute minute. Tandis que presque toutes les ressources du pays restaient, avec tous les pouvoirs, — faute plus grande encore, — enfermés dans Paris, en province, chefs, soldats, fusils, canons, tout manquait. En fait de troupes régulières, il ne restait, dans toute l'Algérie ou les départements, que 5 régiments de ligne, 0 de cavalerie et une seule batterie montée : 23 000 hommes à peine. Les troupes de dépôt? Sans doute elles atteignaient

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