CAPITULATION DE METZ
de la statue de Fabert, dont le socle porte cette inscription qui navre le cœur : « Si, pour . empêcher qu'une place que ie Roi m'a confiée ne tombât au pouvoir des ennemis, il fallait mettre à la brèche ma personne, ma famille et tout mon bien, Je ne balancerais pas un moment à le faire. »
Le 29 octobre enfin, par un temps noir balayé de rafales, le long des avenues qui conduisent à Metz, devant les troupes allemandes en bataille, les officiers conduisaient, en longues et mornes colonnes frémissantes, leurs hommes prisonniers. Ils les remettent aux vainqueurs, les quittent après de déchirants adieux.
Metz, rempart de la Lorraine, 3 maréchaux, 60 généraux, 6 000 officiers, 173 001) hommes, 56 aigles, 622 canons de campagne, 876 canons de place, 72 mitrailleuses, 137 000 chassepots, 123000 autres fusils, des munitions innombrables, le Judas qui en avait charge rendait tout cela. Même pas contre trente deniers !
Car, trait suprême qui le peint, le maréchal Bazaine, traître à son devoir, à l'honneur, à la Patrie, le fut pour rien.
Il demeura jusqu'à son dernier jour le plus inconscient des hommes, aussi bien devant le conseil de guerre de 1873 qui le condamnait à mort, que plus tard, à Madrid, après sa peine commuée et son évasion de l'île Sainte- Marguerite, dans l'obscure misère de son agonie.
Un tel crime, comme le dit Gambetta dans la proclamation ardente qu'il adressait à la France, demeure « audessus des châtiments de la justice » et déconcerte par son abîme de bassesse et de stupidité.
Une fois tombé le barrage de Metz et de l'armée du Rhin, qui sous un autre eût tenu des semaines encore, c'était l'invasion s'étalant d'une seule vague, définitive;
c'était Manteiifïel montant vers la Somme ; Frédéric- Charles descendant vers la Loire. Entre nos armées de province et Paris, c'était le déploiement, répaississemenl :. du rideau de fer. I